Rui Pinto de Andrade, de son nom complet, évolue en Endurance depuis deux ans et était cette saison en WEC et sur les courses IMSA de la Michelin Endurance Cup (vainqueur Petit Le Mans). Alors qu’il a fait une « pige » pour le compte de Duqueine Team en LMP2 aux 4 Heures de Portimão ELMS, Endurance24 est allé à la rencontre du jeune angolais de 23 ans.
Vous êtes d’abord passé par la monoplace (F4, Formule Renault, Euroformula Open) avant de bifurquer vers l’Endurance. Pourquoi ce choix ?
« Pour être honnête, c’était mon projet de départ. J’ai fait un essai en LMP2 ici à Portimão avec une équipe, il y a un an et demi. Le but était alors de faire l’Asian Le Mans Series (ELMS) pendant l’hiver. J’ai découvert un monde complètement différent, une nouvelle auto, une façon de penser différente et j’ai vraiment apprécié. C’est pour cela que je me suis concentré sur l’Endurance… »
De quoi vous rappelez vous de vos premiers pas en Endurance ?
« Ils ont été plutôt bons. Depuis deux ans, j’ai connu des saisons positives. J’ai gagné la catégorie LMP2 Pro-Am en ELMS avec Algarve Pro Racing / G-Drive (avec John Falb, ndlr),ce qui est bien pour ma première saison, surtout que la catégorie est très compétitive. Je roule cette année en IMSA, je viens de remporter Petit Le Mans (avec Tower Motorsport en compagnie de John Farano et Louis Delétraz, ndlr) et ai fini 3e des dernières 24 Heures de Daytona. Je fais aussi du WEC (WRT) et ai gagné ma première course en WEC à Monza. Avec Norman Nato et Ferdinand Habsburg, nous sommes 3e au championnat. Donc deux belles saisons avec beaucoup de soutien derrière moi…»
Pouvez-vous revenir sur votre saison WEC justement…
« Je connais Ferdinand depuis quelques temps maintenant et, avec Norman, que je côtoyais moins, nous sommes devenus de vrais amis. Notre trio est solide et je pense que je n’ai pas besoin de présenter WRT, une super équipe, très professionnelle. Nous avons déjà disputé cinq courses et terminé trois fois sur le podium. Au Mans, nous avons été assez malchanceux et sur la dernière course (Fuji), nous étions bien dans le rythme, mais c’est la voiture sœur qui l’emporte. En arrivant du LMP2 Pro-Am (ELMS), je ne pensais pas faire une aussi belle saison dans ce championnat relevé. Donc gagner en LMP2 on va dire « Pro » lors de ma première année, c’est incroyable. »

Vous avez déjà fait les 24 Heures du Mans à deux reprises (abandon en 2021 et 17e des LMP2 cette année). Qu’en retenez-vous ?
« De la malchance ! Sans parler du résultat, ce furent deux superbes expériences, cette course est juste incroyable, l’ambiance est spéciale avec tous ces fans, la piste est fantastique et si rapide. Les LMP2 ont été faites pour Le Mans donc c’était incroyable d’en piloter une là bas. J’ai adoré ma semaine sur place surtout en 2022 avec le retour du public au Mans et cette Parade qui est un truc de dingue. J’espère juste que l’année prochaine, ce serait un peu plus chanceux en piste. »
Vous venez d’un pays qui n’est pas connu pour son sport automobile. Comment est vu l’Endurance d’Angola ?
« Nous avons une petite culture de sport automobile en Angola, c’est vrai. C’est plus tourné vers la Moto GP et la F1. Cette dernière est devenue plus importante depuis quelques années principalement grâce à la série Netflix. Les gens ne comprennent pas toujours très bien ce que je fais car l’Endurance n’est pas facile à expliquer : trois pilotes, des changements, une seule auto, etc…Mais ils savent que j’ai déjà gagné, que je supporte mon pays, que je porte haut le drapeau et que je suis fier de représenter ma nation. Ils me soutiennent en tout cas et cela fait du bien ! D’ailleurs, mon plus gros partenaire vient de mon pays et je me dois de lui donner des bons résultats en retour. »
Que pouvez-vous nous dire sur 2023 ?
« Pour être honnête, je ne suis pas au niveau de gens tels que Ferdinand ou Norman, mes coéquipiers de cette année, des pilotes de haut niveau. Je sens que j’ai encore besoin de rouler, de m’améliorer et de faire les choses pas à pas. C’est mieux au niveau de mon pilotage cette année, mais ce n’est pas assez. J’aimerais donc pouvoir continuer à rouler en LMP2 pour ces raisons. Les choses vont changer avec la nouvelle classification de la FIA et pour le moment il semblerait que je vais passer Gold. Si c’est le cas, on évaluera alors la situation car cela va compliquer ma tâche. »

© David Bristol
Vous avez plus envie d’ELMS comme lors de votre pige avec Duqueine Team ou de rester en WEC ?
« Au Portugal, Duqueine Team avait besoin d’un pilote Silver pour compléter son équipage. J’étais libre, je suis ravi de cette expérience, l’équipe est petite mais pro. J’adore ce que je fais, que ce soit de l‘ELMS ou du WEC, même si je pense que je vais essayer de privilégier le WEC en 2023. Il y a plus de gens qui regardent ce championnat et il y a les 24 Heures du Mans dedans, c’est très important pour moi d’avoir la certitude d’y participer. Après, si une opportunité se crée en ELMS, on verra à ce moment là ! »
![[ENDURANCE24]LOGO_2021_RVB-3](http://endurance.pulsdev.fr/wp-content/uploads/2021/11/ENDURANCE24LOGO_2021_RVB-3.png)





