| 10 mai 2024 | par

Équipage à deux pilotes à Spa : avantage ou inconvénient ?

© MPS Agency

Depuis de nombreuses années, principalement pour des raisons de sécurité, la norme est d’avoir des équipages composés de trois pilotes ; cependant, on peut observer des quatuors lors des 24 Heures de Daytona. Lors des 24 Heures du Mans, le premier équipage à remporter la victoire avec trois pilotes était celui de la Porsche 936 en 1977, composé de Jacky Ickx, Hurley Haywood et Jürgen Barth. À l’inverse, la dernière victoire d’un équipage de deux pilotes remonte à 1984 avec la Porsche 956 n°7 de New Man Joest Racing, pilotée par Klaus Ludwig et Henri Pescarolo. Cependant, cette année, lors des 6 Heures de Spa, plusieurs équipes de la catégorie Hypercar ont fait exception à cette règle !

Un choix assumé pour les uns

On ne trouve quasiment que des trios en WEC depuis 2012. Cependant, Cadillac a décidé d’aligner deux pilotes pour la première fois à Imola (Cadillac), mais aussi ici à Spa car l’équipe estime que c’est plus efficace. « Cela nous donne beaucoup plus de temps de piste, c’est très utile » estime Earl Bamber qui a déjà du recul sur ce type d’expérience. « Cela nous permet d’être mieux préparés en tant que pilotes, avant la course, avec des simulations de qualification, de course. »

« D’une manière ou d’une autre, nous sommes tous des pilotes de haut niveau dans cette catégorie donc cela ne fait pas vraiment de différence » renchérit Alex Lynn, son coéquipier. « Que vous ayez plus de temps de conduite ou non, vous arrivez toujours au même temps au tour assez rapidement parce que c’est la raison pour laquelle nous occupons ces baquets. »

EARL BAMBER / © MPS Agency

Les autres n’ont pas vraiment eu le choix

Pour des raisons différentes, trois autres équipes ont décidé d’emboiter le pas de Cadillac en roulant seulement à deux, mais toutes pour des raisons de conflit de date. Jean-Éric Vergne, Stoffel Vandoorne, Kelvin Van der Linde, Norman Nato, Edoardo Mortara ont préféré rouler en Formule E avec l’e-Prix de Berlin laissant leur baquet vide. En dehors d’Edoardo Mortara remplacé sur la Lamborghini  SC63 par Andrea Caldarelli, les autres ont décidé de ne faire appel à personne d’autre.

Les Peugeot 9X8 n°93 et 94, la Porsche 963 n°12 Hertz Team Jota et la Porsche 963 n°99 Proton Competition (Harry Tincknell étant retenu par l’IMSA avec son programme Ford GT3 en GTD) sont concernées. La situation est donc toute nouvelle pour ces structures, mais les pilotes « restants » semblent bien l’accueillir. « Cela a un impact général sur le week-end. Nous (les pilotes présents, ndlr) avons plus de roulage pendant les Libres, ce qui n’est pas négatif » commente Nico Müller, pilote de la 9X8 n°93.

« La préparation pour la course est plus claire, nous avons moins de changements pendant les sessions, avons des retours de deux pilotes seulement. Quand nous essayons des choses pendant les essais, cela simplifie un peu les choses pour ce week-end, mais, pour préparer Le Mans, la course la plus importante de l’année, nous aurions aimé être trois. Jean-Éric (Vergne) nous manque, bien sûr, mais je ne vois pas beaucoup de négatif pour ce week-end. »

Chez Hertz Team Jota, même son de cloche comme le confirme Callum Illott : « Honnêtement, il n’y a pas vraiment d’inconvénient à cela car vous passez plus de temps dans la voiture. Vous avez l’occasion de couvrir plus de parties d’un relais en tant que pilote. Le seul point négatif, je pense, c’est l’arrivée au Mans. Ce serait bien d’avoir la continuité d’avant, mais nous avons compris dès le début que Norman (Nato) serait à Berlin. C’est une course de six heures, ce n’est pas trop difficile d’en faire plus avec deux pilotes. Dans cette situation, je dirais que si Will n’avait pas été là, cela aurait été un peu différent, j’avoue, car nous avons vraiment besoin de quelqu’un qui a déjà roulé sur ce circuit, dans cette voiture, dans cette équipe. »

#12 HERTZ TEAM JOTA PORSCHE 963 – WILLIAM STEVENS / CALLUM ILOTT / MPS Agency

Le fait de n’être que deux donne un autre avantage dans une condition bien précise. « Je pense que, pendant les essais libres, c’est un avantage car cela permet de rouler davantage » confirme Neel Jani, pilote Proton.

« A trois pilotes, lorsqu’on a un souci mécanique comme cela nous est arrivé à Imola, à la fin des essais, on a peu roulé. En Italie, j’avais fait 14 tours avant la course donc deux pilotes peut être dans ce cas là un avantage. En course, c’est différent, cela nous fait 3 heures chacun, mais ces Hypercars ne sont pas aussi dures à piloter que les LMP1 qui étaient plus physiques. » 

Passionné de sport automobile et plus particulièrement d'Endurance, j'assiste aux 24 Heures du Mans depuis 1980 et suis accrédité depuis 2008. Je me rends régulièrement sur les plus beaux circuits européens et mondiaux. J'ai écrit pour de nombreux médias sport auto et collabore depuis quelques mois avec Endurance24
À propos de l'auteur, David Bristol

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