Du haut de ses 43 ans, Romain Dumas a abordé sa 21e participation aux 24 Heures du Mans en relevant un nouveau défi.

Le pari de Jim Glickenhaus était audacieux et paraissait un peu fou lorsqu’il a été annoncé. Au fil des annonces et notamment lorsque les pilotes ont été dévoilés, ce projet Hypercar de l’homme d’affaires américain est entré dans une autre dimension. Et pour cause, les deux équipages réunis représentaient à eux seuls 65 participations dans la Sarthe.

Entretien avec le plus expérimenté des six pilotes du constructeur américain…

« C’était une bonne course. Nous avons bien roulé et nous n’avons eu quelques mini-problèmes, comme des essuie-glaces qui ne fonctionnaient pas etc., et qui nous ont fait perdre un peu de temps. » nous a confié l’Alésien. « Nous avons très mal commencé, mais au milieu de la nuit, nous étions dans le coup et nous sommes remontés. On ne pouvait pas faire mieux que 4e et 5e, mais de terminer sans problème, c’est surprenant et agréable. Je me suis régalé. »

Romain Dumas (Glickenhaus) : "rien à dire à part grand respect"

A l’issue de cette 89e édition, force est de constater que les Glickenhaus 007 LMH ont marqué les esprits par une fiabilité époustouflante, quelques mois seulement après ses débuts en compétition…

« Je suis très heureux car c’est un projet parti de rien. Les jeunes ingénieurs qui se sont occupés de la voiture n’ont jamais vu les 24 Heures du Mans et la voiture parvient à terminer la course. Je me suis dit ‘comment c’est possible ?’ C’est incroyable. D’un côté, cela me fait plaisir car ça montre aussi que dans le sport auto, bien souvent il y a des projets qui échouent à cause de gens prétentieux et arrogants, et tu en as d’autres qui réussissent  en partant de rien, qui écoutent, qui construisent une voiture de zéro. Même le moteur Pipo, fabrication française, est une réussite avec une top speed de folie. Il n’y a rien à dire, à part grand respect. »

Quelle est la suite désormais ?

« Je ne sais pas, il faut demander à Jim Glickenhaus. Un résultat comme ça va l’inciter à continuer. Pour faire mieux, ce sera beaucoup de travail. Il faut comprendre pourquoi nous ne sommes pas performants sous la pluie, des fois sur le sec, parfois nous sommes, au contraire, très performants, comme dimanche matin quand je roulais en 3:29 et 3:30. Jusque-là il a toujours écouté ce qu’on lui a dit, Luca Ciancetti de Podium, également. Ils savent s’entourer des bonnes personnes et c’est là où ils sont bons. »

Avec seulement 2 minutes et 34 secondes de retard sur l’Alpine, troisième, on a le sentiment que le podium était à la portée de la voiture sœur #708…

« Je pense que nous étions tellement prudents au départ car on ne savait pas combien de temps cela pouvait durer. J’ai toujours dit que la course se jouerait aux abandons et en fin de compte, il n’y en a eu aucun. Si la voiture sœur avait eu une approche plus agressive en début de course, le podium aurait peut-être été possible pour eux. »