| 16 avril 2024 | par

Robert Kubica : « L’expérience ne se trouve ni dans les livres, ni au supermarché »

© MPS Agency

A 39 ans, Robert Kubica joue sur deux tableaux. En plus de l’European Le Mans Series qu’il a débuté le wek-end dernier au sein d’AO by TF en LMP2, il évolue désormais dans la catégorie reine du WEC, en Hypercar. Il pilote en effet la troisième Ferrari 499P, couvée par AF Corse, en compagnie de Robert Shwartzman et Yifei Ye.

Le pilote polonais, recruté par AF Corse l’hiver dernier, a fait le point avec Endurance24 en vue de la prochaine manche WEC qui se déroulera à Imola dimanche prochain.

Comment s’est fait l’accord pour le programme Hypercar ? 

« Pour être honnête, j’ai été en pourparlers pendant assez longtemps avec différentes équipes, différents constructeurs pour courir cette année. À plusieurs reprises, j’ai discuté avec Amato Ferrari. Il y a eu des moments où je me suis concentré sur d’autres opportunités et en parallèle ce programme a pris vie assez tardivement. J’étais persuadé que, quel que soit mon choix, je pourrais être compétitif, ce qui est une bonne chose, mais cela a rendu ma décision plus difficile.

C’est vraiment l’une des choses que je regrette : ne pas avoir eu l’occasion de porter les couleurs et de conduire Ferrari.

En fin de compte, j’ai choisi en fonction de l’aspect sportif, qui est bien sûr ma priorité, mais aussi en fonction de pas mal de choses qui sont des facteurs qui peuvent avoir une influence sur la performance. J’ai été, par le passé, assez proche de signer pour Ferrari en F1. C’est vraiment l’une des choses que je regrette : ne pas avoir eu l’occasion de porter de conduire pour Ferrari et d’en porter les couleurs. Bien sûr, je ne suis pas pilote Ferrari aujourd’hui, mais j’ai désormais l’occasion de conduire un prototype Ferrari et j’ai senti que c’était une bonne chose. »

Robert Kubica :

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Quelles sont vos sensations à bord de la Ferrari 499P ?

« Honnêtement, j’aime cette voiture. Bien sûr, nous manquons d’expérience en tant que collectif à commencer par moi. Malheureusement, nous ne faisons pas beaucoup d’essais. Ce n’est donc pas facile, mais c’est le règlement, c’est ainsi. On aimerait toujours être mieux préparé. Mais j’ai eu de bonnes sensations dans la voiture. Il est certain que les conditions changent, les pistes aussi évoluent, mais jusqu’à présent, je dois dire que j’ai un bon feeling avec ce prototype. C’est toujours ce que vous recherchez lorsque vous changez de catégorie et que vous passez à une nouvelle voiture car si cela se passe bien tout de suite, vous savez que votre vie sera plus facile le reste de la saison. »

Vous pilotez une LMP2 en ELMS et une Hypercar en WEC. Quelles sont les grosses différences ?  

« L’Hypercar reste un prototype tout comme la LMP2 mais elles sont construites sur la base d’un règlement complètement différent. La LMP2 est assez simple, même conviviale, je dirais, et c’est la force de cette voiture parce que vous pouvez vraiment pousser. L’Hypercar est beaucoup plus complexe. Il y a plus de travail sur les systèmes, plus de choses que vous devez contrôler ou auxquelles vous devez penser.

Au final, je pense que le temps au tour, en fonction des caractéristiques du circuit, est très similaire, mais la façon dont vous construisez et réalisez ce temps au tour est très différente. Bien sûr, la plus grande différence est le poids, qui est énorme. Au bout du compte, avec le pilote, le carburant et tout le reste, une Hypercar pèse près de 1 200 kilos, selon la BOP. Pour une voiture de course, c’est plus proche du GT, c’est un peu dommage, mais c’est comme ça. »

Robert Kubica :

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Votre n°83 fut la meilleure des trois Ferrari 499P au Qatar en terminant 4e. Quelles sont vos attentes pour ce week-end, à Imola…

« Je pense que nous allons faire face à un grand défi à Imola car nous revenons à un format standard de 6 heures. En tant que groupe, nous manquons d’expérience. Je pense que ce sera un grand test pour l’équipe et les pilotes parce qu’en fin de compte, certaines équipes ont fait des essais là-bas il n’y a pas si longtemps que ça. Nos coéquipiers Ferrari des autos n°50 et n°51 y ont effectué des tests l’année dernière. Ce ne sera donc pas une course facile, mais nous avons nos objectifs : nous concentrer sur nous-mêmes, essayer de faire le meilleur travail possible à chaque course.

Il y avait beaucoup de choses qui auraient pu mal tourner

Je pense qu’au Qatar, nous avons fait du très bon boulot et ce fut vraiment agréable de voir que, tout de suite, nous avons bien travaillé ensemble. Il y avait beaucoup de choses qui auraient pu mal tourner, mais nous sommes parvenus à un bon résultat. Certaines choses ne se sont pas déroulées aussi bien que prévu, mais nous avons réussi à rester unis et à maximiser les possibilités. »

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…et surtout la grande, les 24 Heures du Mans ?

« C’est évidemment la plus importante. Je pense que nous aurons plus d’expérience et serons également en mesure de mieux anticiper les choses. Dans ce sport, il y a un élément qui est invisible, mais qui vous rend la vie beaucoup plus facile, c’est l’expérience. Vous ne pouvez pas la trouver dans les livres ni l’acheter au supermarché, il faut piloter, faire des courses, accumuler des kilomètres et passer par des moments difficiles pour accumuler des connaissances et de l’expérience. »

Au Mans, vous pourrez compter sur les données de Ferrari contrairement à Losail et à Imola qui sont des circuits qui n’avaient jamais été visités par le WEC…

« Tout à fait. Nous avons une bonne aide. En fin de compte, oui, nous sommes une équipe privée, oui, nous ne courons pas en tant qu’écurie officielle Ferrari, mais, nous pouvons demander des sensations aux autres pilotes, nous avons des données, nous n’arriverons pas en aveugle. Mais c’est une chose, de demander, d’avoir des informations, cela en est une autre de ressentir tout cela par son propre vécue, d’avoir ses propres pensées, ses propres retours et non en partant de quelque chose que vous n’avez pas vécu et qu’on vous a fourni. Dans un championnat aussi compétitif que le WEC, lorsque vous accédez au plus haut niveau, cela fait une grande différence. »

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