Le pilote de la Ferrari 499P n°83 est devenu le premier Polonais à remporter les 24 Heures du Mans. À 40 ans, Robert Kubica a joué un rôle essentiel dans la victoire de l’équipage AF Corse, aux côtés de Yifei Ye et Phil Hanson. Mais une fois le trophée en main, l’ancien pilote de Formule 1 reste évasif quant à son avenir.
Que ressentez-vous en tant que premier Polonais vainqueur des 24 Heures du Mans ?
« La même chose que lorsque j’étais devenu le premier Polonais à remporter un Grand Prix de Formule 1 ou à décrocher un titre en rallye (WRC-2). C’est une très belle journée pour moi. Je tiens à remercier mes supporters, qui m’ont soutenu dans les bons comme dans les mauvais moments. Aujourd’hui, la Pologne peut être ajoutée à la liste des pays vainqueurs du Mans. »
Vous avez passé près de 10 heures au volant. C’était prévu ?
« Honnêtement, je ne pensais pas que j’allais terminer la course. Mais j’ai simplement fait ce qu’on m’a demandé, et je suis heureux d’avoir contribué à cette victoire. Ma plus grande satisfaction, c’est d’avoir rendu la voiture en deuxième position alors que nous étions autour de la 10e place. Je savais qu’il fallait prendre des risques pour la remonter, et il y a eu de belles batailles, de beaux dépassements. La sortie de la voiture de sécurité est tombée au pire moment pour nous : nous avions alors creusé un bon écart. »

© Arthur Chopin
Quel parcours depuis ce grave accident en rallye. Cette victoire représente-t-elle une forme de revanche ?
« On peut voir cette journée de deux manières. Oui, ce qui s’est passé était très grave. Mais d’un autre côté, j’ai eu la chance de m’en sortir vivant. J’ai travaillé dur pour tourner cette page, cela m’a pris des années. Je ne suis pas complètement guéri physiquement, mais mentalement, oui. Et mes plus grandes victoires ne sont pas en piste, mais dans ma vie personnelle. Cette bataille, je l’ai menée et gagnée avec ma femme. »
Dans la liste de vos objectifs, où situiez-vous Le Mans ?
« Je suis venu ici pour la première fois en 2021, et la semaine avait été très difficile en LMP2. J’avais 35 ans et déjà beaucoup d’expérience dans différentes catégories. Mais Le Mans est un défi unique, un événement qui vous prend aux tripes. J’ai adoré ce feeling, je suis tombé amoureux du Mans. J’avais dit que si je gagnais, je ne reviendrais pas et que je retournerais au rallye. En général, je tiens mes promesses… On verra ce que l’avenir me réserve. »

Est-ce la plus grande victoire de votre carrière ?
« Non. La chose la plus grande, elle n’a rien à voir avec la course. Si je dois être sincère, c’est la victoire que j’ai obtenue dans ma tête, quand mon cerveau n’acceptait pas mes limites. Pendant ma rééducation. Il m’a fallu des mois pour accepter, pour recommencer, pour redonner de la paix à mon cœur, pour vivre. Pas comme si rien ne s’était passé, mais avec de nouveaux objectifs. Accepter mes faiblesses, ça a été mon plus grand défi. »
Et maintenant, vous allez savourer ?
« Je suis quelqu’un qui, même quand il a gagné un Grand Prix de Formule 1, n’a pas vraiment su en profiter. Demain, je serai peut-être plus reposé. Là, tout de suite, il y a surtout de la fatigue. J’ai dormi deux heures sur les trente-huit dernières. Quand tout sera terminé, je vais boire un Coca ou un Red Bull pour remettre un peu de sucre dans mon corps, que mon cerveau se rallume… et peut-être que j’en profiterai un peu plus. »
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