| 17 mars 2024 | par

Reportage : Dans les coulisses des 12 Heures de Sebring

© Didier Laurent

Il n’y a rien de plus exaltant pour un fan de sport automobile que d’assister à une course outre-Atlantique. Chacun a l’impression de participer à la fête, et peut se trouver au contact des pilotes et des voitures comme nulle part ailleurs. C’est ce que nous avons pu expérimenter en préambule des 12 Heures de Sebring, dont le départ sera donné demain samedi.

En IMSA, les visiteurs ont généralement plus de latitude que dans les championnats que nous connaissons mieux, comme la Formule 1 ou le FIA WEC. A Sebring, les paddocks sont généralement ouverts à tous, et seuls les stands déportés au bord de la piste sont réservés aux personnels des écuries, avant tout pour des questions de sécurité. Mais quand il n’y a pas d’action en piste chacun peut y déambuler, et il y a toujours quelque chose d’intéressant à découvrir.

Reportage : Dans les coulisses des 12 Heures de Sebring

© Didier Laurent

Sebring, c’est aussi une forme de pèlerinage pour de nombreux visiteurs, amoureux de la course automobile ou non, et qui sont également attirés par l’ambiance unique qui se dessine ici plusieurs jours durant. Au fil du temps, l’événement a même pris le surnom de « Woodstock de l’automobile » tellement les raisons de venir aux « 12 Heures » dépassent le cadre de la compétition. D’ailleurs, les habitants de Sebring célèbrent largement l’arrivée des camions des écuries au cours des jours qui précèdent la course. Car au-delà du sport, chacun sait qu’un événement de telle ampleur est bon pour le commerce local. Chaque année, en plus d’un paddock de 2 000 personnes environ, plus de 40 000 visiteurs séjournent dans les environs, et le circuit accueille chaque course jusqu’à 50 000 visiteurs.

Ambiance à Sebring © Didier Laurent

Certains spectateurs ont même leurs habitudes et passent du mercredi au dimanche en bordure de piste, sous une tente, à bord d’une caravane ou d’un « RV » (pour Recreation Vehicule) qui s’apparente à une maison sur roues, avec tout le confort que cela suppose. « Nous réservons notre place d’une année sur l’autre, si possible toujours la même, nous avons nos habitudes », indique John, qui vient ici depuis son plus jeune âge, et désormais chaque année avec son épouse et ses deux enfants. « C’est vrai qu’on retrouve plus ou moins toujours les mêmes équipes de fans, en fait cet événement sert aussi de prétexte à faire un week-end en famille, changer un peu nos habitudes. »

Certains se rappellent néanmoins des aspects sportifs, et même que le championnat du monde d’Endurance FIA WEC est venu à plusieurs reprises à Sebring, la dernière fois en 2023. « C’est vrai que ça faisait une course en plus », continue John, « et on voyait bien que ça roulait vite. Mais comme cette course se déroulait le vendredi il y avait tout de même moins de monde et puis les 12 Heures restent pour nous la course la plus importante du week-end. »

Airstream © Didier Laurent

Les opérations marketing vont bon train

Aux Etats-Unis, le côté business du sport automobile est beaucoup plus interactif avec le public qu’en Europe. Les spectateurs sont plus réceptifs aux actions des marques, lesquelles investissent beaucoup de leurs ressources marketing sur les courses. Elles invitent largement clients et prospects, mais offrent beaucoup de goodies, proposent des essais de voitures, financent des attractions…

Les impressionnants camions américains sont une attraction à part entière pour nous, Européens © Didier Laurent

Pour les sponsors et les équipementiers du championnat, aussi, c’est une belle opportunité de tisser des liens ou d’en développer. Le manufacturier de pneumatiques Michelin, sponsor du championnat, en sait quelque chose « C’est pour nous un week-end très excitant car nous recevons de nombreux invités pour lesquels nous avons créé une fan zone, indique Jason Anzalone, le directeur de Michelin Motorsport pour l’Amérique du Nord. « Comme nous équipons toutes les voitures du championnat (hormis la Porsche Cup America, qui roule cette saison en Yokohama, Ndlr), nous pouvons montrer à nos invités toute la palette de performances de nos pneus. Nous avons aussi invité des clients VIP, qui sont généralement des revendeurs, à qui nous faisons tester nos pneus sur le circuit, avec des voitures de sport. Aux Etats-Unis, la partie marketing est plus importante qu’ailleurs dans le monde en sport automobile. On ne peut pas vraiment le quantifier, mais notre business en Amérique du Nord se porte bien en partie grâce au sport automobile, et la réputation de Michelin est ici excellente. »

Cette année, à Sebring le marketing s’exprime aussi directement sur les carrosseries, en plus des sponsors habituels : ce week-end, quatre voitures de l’IMSA arborent des livrées dorées pour célébrer le 50ème anniversaire de Mobil 1, sponsor-titre de la course avec Cadillac. Ainsi, la Cadillac V-Series.R n°01 du Chip Ganassi Racing, les Corvette Z06 GT3.R n°3 et 4 du Corvette Racing by Pratt Miller Motorsports et la Lexus RC F GT3 n°14 de Vasser Sullivan ne rouleront pas avec leurs couleurs habituelles. Des voitures que les visiteurs ne manqueront pas de « spotter », comme nous l’avons fait dans les paddocks lors de notre visite.

© Didier Laurent

Le rendez-vous des passionnés

Si Sebring attire des passionnés de course, c’est aussi pour certains l’occasion de venir voir la course dans le cadre d’une sortie de club. A Sebring, comme sur tous les circuits des grandes courses de la saison, les « Corral » Porsche, Corvette ou Cadillac accueillent les propriétaires des modèles des marques. Il n’y a pas beaucoup de voitures électriques, bien qu’un espace leur soir réservé… Lequel est généralement occupé par les voiturettes de golf des organisateurs.

Ce qui veut dire, aussi, que les visiteurs peuvent pour la plupart entrer avec leur voiture dans l’enceinte du circuit. Soit pour rejoindre leur club, soit pour aller à leur zone de stationnement dans l’infield, zone intérieure de ce tracé de plus de 6 kilomètres, où chaque « corner » (virage) est une opportunité de rassemblement. En s’y baladant, au-delà des fans, on peut aussi croiser des voitures très rares et parfois très chères, qui contrastent avec la tente ou la caravane et le barbecue des propriétaires, qui vont passer trois nuits dans cette enceinte très particulière.

© Didier Laurent

La combinaison de ces histoires d’hommes, le côté décomplexé des Américains et le mythe de la plus vieille course d’Endurance américaine constituent alors une alchimie unique. En Europe, hormis les 24 Heures du Mans, rien ne ressemble, même de loin, à ce genre d’événement qu’il faut essayer de voir au moins une fois dans sa vie.

Par Didier Laurent/Auto Press Club, à Sebring (Floride).

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