La 62e édition des 24 Heures de Daytona s’est achevée par la victoire de Porsche et de Penske Motorsports. Comme d’habitude, les choses se sont décantées en toute fin de course alors que trois voitures de trois constructeurs différents étaient encore en lice pour la victoire finale. Cela s’est joué après la dernière neutralisation causée par le début de l’incendie de Lexus RC F GT3 n°12 – Vasser Sullivan en sortie de voie des stands.
La bataille a vite été réduite à deux GTP, la Cadillac V-Series.R n°31 de Whelen Cadillac Racing aux mains de Tom Blomqvist, le vainqueur 2023, et la Porsche 963 n°7 de Porsche Penske Motorsports de Felipe Nasr. Cela s’est joué dans les 40 dernières autos à coup de dixièmes. A ce petit jeu, le Brésilien a été le meilleur. L’auto légèrement en retrait en début de course face aux Cadillac a profité des températures plus clémentes durant la nuit pour lutter aux avant-postes. Avec Matt Campbell, Dane Cameron et Josef Newgarden, l’ex pilote de F1 offre une victoire à la marque allemande 21 ans après sa dernière (2003). Après une année 2023 compliquée en WEC, un peu moins en IMSA, Porsche frappe fort en ce tout début d’année 2024.
Jack Aitken, Pipo Derani et Tom Blomqvist n’ont en rien démérité. Souvent au sommet de la hiérarchie, la Cadillac n°31 aurait aussi mérité de l’emporter mais il n’y a qu’un seul vainqueur. Rien à redire à ce trio qui rend une belle copie, terminant 2e, cela s’est joué à deux deux secondes au bout de deux tours d’horloge.

© Courtesy of IMSA
Les Acura ARX-06 -WTR with Andretti ont connu des soucis, surtout la n°10 de Ricky Taylor, Filipe Albuquerque, Brendon Hartley, Marcus Ericsson qui s’est immobilisée en piste après huit heures de course avant de rentrer aux garages. L’équipe a perdu énormément de temps dans l’affaire en faisant face à des soucis électriques. Après être repartie, elle a finalement dû abandonner.
À la fin de la douzième heure de course, c’est au tour de la n°40 de Jordan Taylor, Louis Deletraz, Colton Herta, Jenson Button de s’arrêter en piste avant de repartir quelques secondes plus tard (souci électronique). Mais le problème a été vite solutionné et l’auto est restée au contact, mais elle n’a jamais vraiment été en lice pour la victoire, plus pour le podium. La BoP n’a certainement pas arrangé les choses, le meilleur temps des Acura étant à 5 à 6 dixièmes des Porsche. On a pu le voir lors du restart : encore en lice, Louis Delétraz a perdu le contact petit à petit, il finit 3e à 14 secondes de la n°7. Ce résultat permet d’avoir trois marques différentes aux trois premières places, mais Acura ne pourra pas faire la passe de quatre sacres d’affilée.

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L’autre Porsche 963 officielle, la n°6 pilotée par Laurens Vanthoor, Nick Tandy, Mathieu Jaminet, Kevin Estre, termine au pied du podium. Cette auto a connu quelques petites mésaventures comme une sortie dans l’herbe (souci de frein ? pneus trop froids ?) de Kevin Estre. L’auto a aussi reçu deux pénalités pour non-respect des paramètres contrôlés du groupe motopropulseur. Elle a reçu des stop & go de 10 secondes, soit deux minutes concédées. Elle termine à une seconde de l’Acura n°40.
La première des 963 privées est la n°5 de Proton Competition (Gianmaria Bruni, Neel Jani, Alessio Picariello, Romain Dumas). Tout le temps en embuscade, cette auto rentre dans le top 5 après une course très propre. La “moins” bonne des Porsche 963 est la n°85 de JDC Miller Motorsport emmenée par Tijmen van der Helm, Richard Westbrook, Phil Hanson et Ben Keating qui termine cependant 6e, ce qui fait que nous trouvons les quatre Porsche GTP dans les 6 premiers. La marque allemande a bien rectifié le tir et on attend les modifications 2024 sous peu.
Une édition compliquée encore pour les BMW M Hybrid V8. Reléguées à plus de quatre dixièmes au tour des 963, les BMW ont souffert, mais sont souvent restées au contact malgré tout surtout lorsque les températures sont descendues. Mais après la mi-course, des soucis sont apparus. La meilleure des deux est la n°25, 7e, avec Connor De Phillippi, Nick Yelloly, Maxime Martin, Rene Rast. Cette auto a d’abord passé plus de 3 minutes dans la voie des stands durant lesquelles les mécaniciens se sont affairés sous le capot moteur. Connor de Phillippi a pu reprendre la piste avant de rentrer dans son garage le tour suivant. Après avoir passé plus de 10 minutes dans son garage et perdu 9 tours, l’auto a fini. La n°24 de Jesse Krohn, Philipp Eng, Augusto Farfus, Dries Vanthoor a, elle, connu un souci technique. Arrêtée en piste, elle a été ramenée à son stand par la dépanneuse. Elle termine 8e et dernière classée des GTP “roulantes”.

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La Cadillac n°01 de Cadillac Racing, pilotée par Sébastien Bourdais, Alex Palou, Scott Dixon et Renger van der Zande, a longtemps mené en début de course, en grande partie grâce aux deux premières heures exceptionnelles du Sarthois. Cependant, ce dernier a commis une erreur après avoir subi une crevaison. Par la suite, son coéquipier Scott Dixon a reçu un drive through pour vitesse excessive dans la voie des stands. À la quatorzième heure, la voiture, gérée par Chip Ganassi Racing, s’est arrêtée au premier virage en raison d’un problème technique. Elle a été ramenée à son stand et a finalement dû abandonner en raison d’un problème mécanique sur la chaîne de traction.

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Seconde victoire pour Era Motorsport
En LMP2, la bataille a été intense pendant ces 24 heures ! Plusieurs voitures ont eu leur mot à dire : la n°2 de United Autosports USA, la n°04 de Crowdstrike Racing by APR, la n°8 de Tower Motorsport, la n°18 de Era Motorsport, l’Oreca n°52 d’Inter Europol-PR1/Mathiasen et la n°74 de Riley. Reléguée à un tour, la n°2 n’a pas eu droit au chapitre dans le money time et termine 6e. Encore regroupée en 10 secondes à 10 minutes du damier, c’est finalement la n°18 de Dwight Merriman, Ryan Dalziel, Connor Zilisch et Christian Rasmussen qui s’impose avec moins de sept secondes d’avance sur la n°04 de Crowdstrike Racing by APR pilotée par George Kurtz, Colin Braun, Toby Sowery, Malthe Jakobsen et la Riley n°72 de Felipe Fraga, Gar Robinson, Josh Burdon et Felipe Massa. Belle course de la n°52 emmenée, entre autres, par Tom Dillmann qui termine 4e. La n°8 finit 5e. Moins de chance pour l’Oreca n°99 de AO Racing (avec notamment Paul-Loup Chatin) avec une sortie de piste de Matt Brabham qui a privé la voiture d’un beau résultat.
En début de course, le peloton a perdu plusieurs de ses prétendants à la victoire avec les quatre premiers abandons officiels touchant des Oreca 07. Cela a commencé par la n°11 de TDS Racing qui, pilotée par Steven Thomas, a connu une grosse sortie de piste à la chicane Le Mans. Elle fut suivie par l’Oreca 07 n°88 de Richard Mille AF Corse. Lilou Wadoux et ses coéquipiers Matthieu Vaxiviere, Nicklas Nielsen et Luis Perez Companc n’iront pas plus loin dans cette course à cause de problèmes mécaniques. Ce fut ensuite au tour de l’Oreca 07 n°20 de MDK High Class Racing qui s’était déjà distinguée par une sortie de piste qui a coûté cher à la Lexus n°14 Vasser Sullivan de Mike Conway qui n’a rien pu faire pour éviter la collision. Le 4e retrait a touché la n°22 de United Autosports USA pourtant bien emmenée par Daniel Goldburg, Paul Di Resta, Bijoy Garg et Felix Rosenqvist (voiture trop endommagée).
À noter aussi la course difficile de la Ligier JS P217 n°33 de Sean Creech Motorsport qui a cumulé les soucis, problème d’alternateur, perte de capot, etc… Elle a finalement abandonné.

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Les concurrents ont maintenant rendez-vous mi mars pour la 2e grande classique de l’IMSA, les 12 Heures de Sebring, toujours en Floride.
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