| 17 avril 2025 | par

Porsche 963 : une montée en puissance qui vise la 20e aux 24 Heures du Mans

© Nico Deumille

Quatre courses, trois victoires : Porsche entame 2025 pied au plancher et vise désormais plus haut, beaucoup plus haut.

C’est un début d’année parfait pour la Porsche 963 en IMSA, avec des succès éclatants à Daytona, Sebring et Long Beach, dont deux doublés. Cette dynamique reflète le travail de longue haleine mené depuis trois saisons pour faire mûrir ce prototype LMDh.

À l’approche des 6 Heures d’Imola, deuxième manche du WEC, Stefan Moser, directeur technique du département LMDh de Porsche Motorsport, résume auprès d’Endurance24 : « Le but principal cette année, c’était d’avoir une voiture constante sur toute la saison. On a beaucoup appris lors des deux premières années, identifié où nous étions forts… et où nous étions un peu plus faibles. C’est ce que nous avons cherché à corriger. »

Stefan Moser © Porsche / Juergen Tap

Cette montée en puissance est aussi une affaire d’endurance, au sens littéral. Avant Imola, l’ensemble des Porsche 963 engagées — par l’équipe d’usine Porsche Penske Motorsport comme par les écuries clientes JDC Miller Motorsports, Proton Competition et JOTA Sport, en IMSA comme en WEC depuis 2023— a accumulé plus de 112 000 kilomètres en course, franchissant symboliquement la barre des 100 000 km. Une preuve concrète de l’expérience acquise et de la robustesse du package.

Porsche a introduit en 2025 une suspension évoluée sur la 963, afin de mieux répondre aux contraintes des différents circuits. « Ce n’est pas un système entièrement nouveau, mais il comporte des fonctionnalités inédites. Avec l’ancienne suspension, certains tracés posaient problème. Cette évolution permet une meilleure mise au point pour chaque piste. »

© MPS Agency

À Imola, où la marque allemande avait terminé 2e et 3e en 2024, Porsche vise la plus haute marche, avec en ligne de mire une 20e victoire au classement général des 24 Heures du Mans. Et cela passera forcément par une maîtrise absolue de la fiabilité : « La durabilité reste un sujet constant. Chaque composant doit être compris et validé sur la durée. Vous pouvez construire une nouvelle voiture chaque année, mais c’est évidemment plus coûteux que de réutiliser l’ancienne. Cependant, si vous utilisez l’ancienne, vous devez connaître la durabilité et la fiabilité de chaque composant, même au-delà des 24 heures. »

Même si les règles encadrent strictement les évolutions techniques, les ingénieurs ne manquent pas de travail pour exploiter le maximum du potentiel du prototype en exploitation tout en travaillant en parallèle sur les évolutions à apporter. « Si l’on veut modifier quelque chose d’important, il faut déposer une demande d’EVO auprès des instances. En attendant, notre priorité reste d’exploiter au mieux le potentiel de l’auto en très peu de temps sur la piste. »

La progression repose aussi sur la synergie entre les programmes IMSA et WEC. « Les voitures sont très similaires, ce qui est une force. Il y a un vrai partage d’informations entre les deux championnats, avec des personnes qui travaillent sur les deux programmes, sur les circuits comme à Weissach, Mannheim ou Mooresville (la base IMSA en Caroline du Nord. Ndlr). »

© Nico Deumille

Autre pilier du projet : le partenariat avec Mobil 1, essentiel pour fiabiliser les organes mécaniques sur la durée. « L’huile moteur et boîte a un rôle clé. Même si l’impact sur la performance est limité par la réglementation, côté fiabilité, c’est énorme. On a développé des formules spécifiques pour réduire les frictions dans des zones critiques. L’objectif, c’est aussi de tenir 24 heures sans changer d’huile. »

Porsche semble avoir trouvé l’équilibre technique et opérationnel qu’elle cherchait. Et à moins de deux mois des 24 Heures du Mans, l’armada allemande pourra compter sur trois 963 officielles, avec le renfort de la n°4, engagée aux côtés des habituelles n°5 et n°6. Un dispositif renforcé, pour tenter d’écrire enfin la 20e ligne du palmarès au général. Le moment idéal ? Il pourrait bien être venu. Réponse le 15 juin prochain…

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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