Aligné en European Le Mans Series avec CLX Motorsport, Pipo Derani vit sa première campagne complète dans la série continentale. En parallèle, le Brésilien est pleinement engagé dans le développement du programme Hypercar de Genesis Magma Racing. Endurance24 l’a rencontré au Castellet.
Il avait certes disputé deux manches de l’ELMS en 2014, mais cette saison 2025 est la première que Pipo Derani aborde dans son intégralité. « En réalité, c’est ma première saison. J’avais juste fait deux courses à la fin de 2014 avec Murphy Prototypes avant de partir en WEC. »
Depuis, sa carrière l’a vu briller en IMSA avec Cadillac et Action Express Racing, dont il a été un pilote de référence en DPi puis en GTP, remportant les titres IMSA en 2021 et 2023. En 2025, changement de décor : le Brésilien de 31 ans est de retour en LMP2, avec CLX Motorsport, et découvre l’ELMS dans un rôle nouveau, mais complémentaire.
« Le niveau est incroyable. En 2014, c’était déjà relevé, mais aujourd’hui c’est encore un autre monde. C’est un championnat qui te prépare vraiment bien pour le WEC. Les règles sont les mêmes. Pour moi, c’est une super opportunité de rester affûté avant de reprendre le travail l’an prochain. »

© CLX Motorsport – Benjamin de Macedo
Car cette saison en LMP2 n’est pas anodine. Elle a été pensée comme un outil de maintien en forme, alors qu’il consacre la majeure partie de son temps au développement de l’Hypercar GMR-001 de Genesis. « Le programme ELMS est parfait pour garder la main. Faire Daytona en début d’année, puis l’ELMS, c’était pour rester affûté. Les essais, ce n’est pas pareil. Tu ne pousses pas toujours à fond, tu passes du temps à attendre dans le garage. Là, je voulais garder les automatismes, les réflexes de course. »
Confirmer le potentiel de l’équipe
Malgré son expérience passée en LMP2, Derani doit se réadapter à un matériel qu’il découvre, à savoir l’Oreca 07 n°47 qu’il partage avec Manuel Espirito Santo et Enzo Fittipaldi. « Quand je faisais du LMP2, c’était l’ancienne génération. J’étais en Ligier JS P2, puis on a développé la P217. Mais très vite, je suis passé en DPI. C’était basé sur du P2, mais avec un moteur constructeur et un comportement très différent. Avec cette Oreca actuelle, j’ai très peu roulé. Juste une course avant d’arriver ici. »
À Barcelone, lors de la manche d’ouverture, son équipe jouait la gagne avant d’être trahie par un problème mécanique. Mais Derani reste positif : « On aurait dû finir dans le top 2. C’était frustrant, mais il reste cinq courses. Si celle-là était notre mauvaise, alors j’espère qu’on a cinq bonnes à venir pour montrer ce dont on est capables. L’équipe fait du bon boulot, on prépare bien les week-ends. Après, le niveau est tel qu’il y aura toujours des variations. Certaines équipes auront l’avantage selon les circuits. Pourtant, on a tous la même voiture, mais les setups sont très différents. Il faut savoir limiter les dégâts les mauvais jours, et tirer parti des bons quand on a une voiture très compétitive. »
« Le Mans, cette année, ce n’est pas une priorité »
Habitué de la Sarthe, avec neuf participations aux 24 Heures du Mans entre 2015 et 2024, Derani sera absent en 2025. « Il y a eu quelques discussions. Au début, j’étais pressenti pour être sur la n°18 chez IDEC. Mais ils ont voulu tester d’autres pilotes. Finalement, quand l’opportunité est revenue, j’étais déjà engagé avec CLX, qui ne va pas au Mans. »
Un choix assumé. « Honnêtement, Le Mans, ce n’est pas ma priorité cette année. Ma priorité, c’est l’engagement que j’ai pris avec Genesis, surtout dans cette phase de développement entre juin et août. Ce sera une charge de travail énorme. Si j’étais resté avec la LMP2 IDEC, Le Mans aurait été une suite logique. Mais avec CLX, à moins d’une invitation miraculeuse, je n’y serai pas. »

Au cœur du développement chez Genesis
Outre les opérations de communication et marketing, Pipo Derani est déjà au cœur du développement de la GMR-001, future Hypercar de Genesis Magma Racing. Aux côtés d’André Lotterer, il construit les fondations du projet. « Avec André, on a déjà commencé à travailler sur simulateur, à développer les systèmes d’écran, les interfaces de bord… tout ce qu’il faut pour faire rouler une Hypercar. On est là pour expliquer aux ingénieurs ce dont on a besoin, rendre les systèmes accessibles et efficaces pour les pilotes. »
« On a commencé ça il y a deux mois déjà, et jusqu’au premier roulage, ce sera beaucoup de simulateur, de réunions… C’est un super projet à vivre. C’est une année différente pour moi, avec moins de courses, mais beaucoup plus de développement. Je suis habitué à faire 11-12 courses par an. Là, ce n’est pas le cas, mais c’est une dynamique très intéressante. »
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