| 11 juin 2024 | par

Pierre Alvès (Michelin) : « Nous avions déjà pris en compte Le Mans sans préchauffage des pneus »

© Nico Deumille

Les 24 Heures du Mans ne font plus exception à la règle. À l’instar des autres épreuves du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, où la mesure a été adoptée en 2023, l’interdiction du préchauffage des pneumatiques est désormais en vigueur pour la classique mancelle.

Suite à la grogne qui s’était manifestée après les 6 Heures de Spa 2023, marquées par plusieurs sorties de piste de voitures en pneus froids dans des conditions météorologiques fraîches, l’ACO et la FIA avaient fait une exception pour Le Mans en autorisant les dispositifs de chauffage des pneumatiques. Cette année, l’interdiction de dispositifs de chauffe s’applique également aux 24 Heures du Mans, où Michelin propose d’ailleurs trois types de pneus : Hard (rouge), Médium (jaune) et Soft (tendre).

« Pour la gamme actuelle, développée en 2022 pour les saisons 2023 et 2024, nous avions déjà pris en compte Le Mans sans préchauffage des pneus. Notre gamme a été conçue pour démarrer à froid, » nous a confié Pierre Alvès, le responsable de Michelin Motorsport.

Pierre Alvès (Michelin) :

Pierre Alves, manager de Michelin Motorsport à Spa © Frédéric Le Floc’h / DPPI

La mise en température des pneus est un aspect crucial depuis l’année dernière et jouera clairement un rôle dans la stratégie des équipes pour jouer la gagne au Mans. « Sur les pneus médium et soft, à Spa, le médium est un peu exacerbé car nous avons un début de piste très long et beaucoup de ligne droite. Donc là, on ne met pas d’énergie dans le pneu. La mise en régime du pneu est pénalisée à Spa. Au Mans, le premier secteur est composé de virages rapides et on commence déjà à mettre de la température dans les pneus. La mise en régime sera un peu plus rapide qu’à Spa. Donc le médium, ce sera peut-être le type de pneu où il faudra faire attention sur le premier tour, mais nous avons vu par simulation que dès le premier tour, le pneu médium sera déjà en régime. Alors que le soft, après trois ou quatre virages, avant d’arriver au Tertre Rouge, sera bien en température. Donc là, sur le premier secteur, au Mans, ça va être quatre à cinq secondes où les pilotes devront faire attention. »

Avec l’expérience et toujours dans le but de réduire la perte de temps liée à la mise en régime des pneus mais aussi dans les stands, les équipes n’hésitent plus à ne changer que deux pneus sur quatre. « Compte tenu de la longévité et de la constance de nos pneus, nous pensons que beaucoup d’équipes enchaîneront au moins quatre relais et les changements ne se feront pas forcément sur les quatre roues en même temps. Depuis le début de la saison, nous avons observé à plusieurs reprises qu’en fonction des circuits, cette pratique, tout comme le panachage des types de gommes, pouvaient être des stratégies gagnantes. »

Pierre Alvès (Michelin) :

Depuis Imola, les différents composés de pneus sont plus identifiables © Frédéric Le Floc’h / DPPI

Avec la possibilité de choisir entre trois composés pneumatiques et une allocation de 28 trains pour la semaine des 24 Heures (deux supplémentaires pour l’Hyperpole), les équipes Hypercars ont déjà dû choisir leur allocation depuis plusieurs semaines. « Nous n’apportons pas l’allocation complète des trois types de pneus au Mans. Nous imposons des contraintes à toutes les équipes. Vous avez 28 trains. À vous de nous donner la répartition sur chaque type de pneus. Nous leur avons demandé il y a près de trois mois, car nous sommes obligés de mettre ces pneus en production. À savoir que sur Le Mans, nous sommes vraiment sur une allocation très soft et médium. Le hard, c’est vraiment du back-up de chez back-up. Donc, je crois que sur les allocations hard, au maximum, c’est trois à quatre trains sur les 28 trains. »

Parallèlement à la saison 2024, Michelin Motorsport développe de nouveaux pneus pour la catégorie reine en 2025. « Le premier aspect, c’est la mise en régime des pneus. Là, nous avons trouvé quelque chose qui fonctionne très bien pour la mise en régime et qui ne va pas pénaliser l’endurance du pneu. Nous validerons cela à Austin, en juillet, où nous inviterons les constructeurs. Le deuxième aspect consistera à intégrer encore plus de matériaux durables, des matériaux recyclables et renouvelables. Aujourd’hui sur les slicks, nous sommes autour de 33%. L’objectif est d’atteindre un ratio supérieur à 45% même si nos ambitions sont d’aller bien au-delà. Et le troisième axe de développement, c’est d’améliorer encore l’endurance du pneu, c’est-à-dire d’ajouter un relais en WEC et d’ajouter un relais au Mans. »

Propos recueillis par David Bristol.

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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