| 7 février 2024 | par

Philippe Sinault : « Super fier des équipages et du choix des pilotes ! »

© Alpine / DPPI

Le moment tant attendu est enfin arrivé. Alpine, dans son usine britannique à Enstone, au Royaume-Uni, a présenté la livrée (sans surprise) de son A424.

De plus, la marque française, qui avait dévoilé son effectif de pilotes il y a déjà un bon moment, a communiqué la composition des deux équipages. Invité par le constructeur tricolore, Endurance24 était sur place et a pu s’entretenir avec les pilotes ainsi que Philippe Sinault, le team manager de l’équipe.

Comment allaient ils bien pouvoir être associés ? Telle était la question ! Au début, il avait été dit que Nicolas Lapierre et Matthieu Vaxiviere ne seraient plus associés avant de faire machine arrière. Finalement, les deux compères de longue date du programme Alpine sont bel et bien ensemble et serviront de référence « Endurance » à leur nouveau coéquipier débarquant de F1, Mick Schumacher, sur la n°36.

« On avait fait une liste il y a déjà moins d’un an et je dois dire que j’avais six des sept sur le papier. Pour être très franc, celui que je n’avais pas, c’était Mick qui est arrivé par le biais de la F1 à partir du mois d’août » explique Philippe Suinault. « On connait le pilote et son niveau de performance. Qu’il soit capable d’être performant en endurance n’est pas le sujet ! Je voulais absolument le rencontrer avant et ce fut le cas à Jerez. Immédiatement, j’ai vu qu’il avait beaucoup de qualités pour relever le challenge avec nous en termes d’esprit, d’approche. Nous n’avons pas mis longtemps à rajouter son nom sur la liste ! »

© Alpine / DPPI

C’est un savant mélange en fonction des caractères de chacun

La n°35 sera confiée à deux autres tricolores, Paul-Loup Chatin et Charles Milesi, associés à Ferdinand Habsburg. Le patron de l’équipe est revenu sur la composition des équipages.

« S’il y a bien une chose dont je suis super fier aujourd’hui, ce sont les équipages et le choix des pilotes. Honnêtement, c’est un exercice que je fais depuis très longtemps. Tous ceux qui connaissent bien l’endurance vont vite voir qu’il n’y a pas de voiture numéro 1 ni de numéro 2 parce qu’en termes de vitesse, sur la n°35, il y a aussi ce qu’il faut pour que ça aille très très vite. C’est un savant mélange en fonction des caractères de chacun, il y en a qui marchent très, très bien ensemble et je n’aurais pas pu faire autrement avec les six pilotes ! Cette tendance a en tout cas été assez vite déterminée. »

© Alpine / DPPI

Par contre, la surprise du chef réside en la personne de Jules Gounon, le fils de Jean-Marc Gounon (12 fois Le Mans dont 2e en 1997) et pilote officiel Mercedes, nommé pilote de réserve.« Je connais Jules depuis longtemps » affirme Philippe Sinault,« lui me connaît un peu moins, je connaissais son père. Depuis qu’il roule, on le suit bien évidemment et ce qu’il fait en GT est incroyable. Mais trop souvent, c’est passé sous les radars. Je trouvais ça injuste, très objectivement avec le palmarès qu’il a,  il a un truc de dingue. Avec Jules, on a commencé vraiment à discuter de ce projet à Bahreïn il y a plus d’un an, mais il était là pour me parler d’un autre pilote. Il a eu une démarche très ouverte et bienveillante pour un autre et, à la fin de l’entretien, je lui ai dit et toi, que fais-tu ? »

Le nom de Jules était dans nos petits papiers depuis très longtemps

En revanche, l’Ardéchois de 29 ans ne figure pas sur le banc des titulaires. « Le nom de Jules était dans nos petits papiers depuis très longtemps, mais tout cela est arrivé un peu tard pour qu’il devienne titulaire. On a discuté quand même, mais ils est sous contrat avec Mercedes. Il ne fallait pas casser la dynamique qu’il a avec ce constructeur qui lui a fait faire des choses fantastiques. Il faut être loyal vis-à-vis des partenaires et puis le temps qu’on se décide, que les choses se mettent en place, Jules se retrouvait dans une situation inconfortable. Il est tout jeune et il a encore le temps. »

Un autre changement a eu lieu au sein d’Alpine Endurance Team. Il ne concerne pas les pilotes, cette fois-ci, mais plutôt le staff technique, et plus particulièrement les ingénieurs dont celui gérant la n°36.

« On a des candidats pour nous rejoindre en terme d’ingénierie. En France particulièrement, il n’y a pas beaucoup d’entités qui sont impliquées à ce niveau-là en sport automobile, donc forcément, on avait des candidats sous la main. Nous avons eu un ou deux départs. On a été « chassés » parce qu’aujourd’hui, avec le contexte de l’endurance et ses neuf constructeurs, cela fait que les talents sont recherchés et deviennent rares. On a donc eu une mauvaise nouvelle parce que, quand on perd un talent sur lequel on mise, c’est une mauvaise nouvelle. On a réagi très vite et aujourd’hui, on a des garçons qui ont à la fois de l’expérience, qui connaissent bien, notamment, tout ce qui est liaison au sol et caractérisation pneumatique, des sujets clés en endurance. On a une très belle équipe. »

© Alpine / DPPI

Maintenant que la phase de « communication » est terminée, fini les paillettes, place au bleu de chauffe. La première manche WEC arrive à grands pas (2 mars) et il n’y aura plus que la vérité du terrain qui comptera à partir de ce moment-là.

Quand on demande à Philippe Sinault si ses Hypercars sont prêtes, il répond : « A un moment, faut aller courir parce qu’on est là pour ça. On ne sera pas optimum, on ne s’en cache pas, mais on a tout pour que ça marche bien que ce soit sportivement, techniquement, la solidité du projet, la vision, c’est pas un one shot d’une année. Donc on a tout pour bien travailler. Il va falloir juste nous laisser un peu de temps parce que le sujet est très très large. De plus, on commence au Qatar avec une course de 10 heures sur un circuit qu’on ne connait pas, ça va être chaud pour être honnête. Déjà avoir de la fiabilité, terminer les courses, poser les jalons seront nos premiers objectifs. »

Certains ont l’impression qu’on va mettre les voitures dans l’avion et qu’on va se reposer.

Avant le Prologue du Qatar, les 24 et 25 février prochains, les hommes d’Alpine Endurance Team ne vont pas manquer de travail. « On a encore beaucoup de choses à faire. Certains ont l’impression qu’on va mettre les voitures dans l’avion et qu’on va se reposer. On a en parallèle toujours un programme de développement à tenir. Les aspects simulation sont aussi primordiaux pour bien préparer les courses. Donc pas de jour de repos avant le Qatar. »

Propos recueillis par Florian Defet.

Passionné de sport automobile et plus particulièrement d'Endurance, j'assiste aux 24 Heures du Mans depuis 1980 et suis accrédité depuis 2008. Je me rends régulièrement sur les plus beaux circuits européens et mondiaux. J'ai écrit pour de nombreux médias sport auto et collabore depuis quelques mois avec Endurance24
À propos de l'auteur, David Bristol

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