| 30 août 2023 | par

Philippe Sinault (Signatech/Alpine) : « C’est le plus gros projet que l’on mène en Endurance »

© Nico Deumille

Suite aux premiers essais de l’Alpine A424 la semaine passée, au Castellet, c’est au tour de Philippe Sinault, patron de l’écurie Signatech, véritable cheville ouvrière du programme Hypercar d’Alpine, de répondre à nos questions. 

Comment avez-vous vécu les premiers tours de l’Alpine A424, qui marquent votre arrivée en catégorie Hypercar ?

Ça a été un moment plein d’émotion. Mais on est rapidement ramené à la réalité. On se retourne vers les écrans pour regarder les courbes, et voir si tout se passe bien. Même si on a pris le temps quand même de savourer ce premier tour de roues. Indéniablement, c’est le plus gros projet que l’on mène en Endurance. Je ne connais d’ailleurs pas encore tous les prénoms du staff dans le box. C’est un projet qui nous fait changer totalement de dimension, mais nous sommes bien préparés, et nous avons les meilleurs partenaires possibles, avec le soutien d’Alpine derrière nous.

Quels ont été les premiers ressentis des pilotes à son bord ?

Nous avons apporté beaucoup d’importance aux premiers ressentis et nous étions vraiment focus là-dessus, car c’est un baromètre du projet. Donc, quand j’ai vu Nicolas (Lapierre) sortir de la voiture avec le sourire, ça nous a aidés à imaginer la suite et à se mettre dans la bonne dynamique. La première chose qu’il a évoquée, c’est le caractère bienveillant de la voiture. Il est bien installé, il a un bon feeling, une bonne réactivité, une auto assez prévisible. Tout ça, ce sont des éléments importants qui doivent mettre nos pilotes en confiance.  Dans l’ensemble, nos trois pilotes (Charles Milesi, Matthieu Vaxiviere, Nicolas Lapierre) ont des ressentis assez cohérents et tous sont très, très contents, de l’équilibre et du comportement de la voiture.

© Frédéric Le Floc’h / DPPI

Quels sont les premiers axes qui se dégagent, en vue des prochains essais en septembre sur le circuit d’Aragon ?

La priorité absolue, c’est la fiabilité. Lors de ces premiers jours de tests, on a fait quand même beaucoup de kilomètres. Le principal sujet, c’était de vérifier que tout soit bien opérationnel. Ça a été des conditions assez extrêmes au niveau du thermomètre. Donc difficile pour tout. Pour la voiture, à la limite, c’était peut-être les meilleures conditions possibles pour faire ce premier run parce que forcément, ça a exacerbé les conditions. Lors de ce tout premier roulage, les températures extrêmes de nos outils ou de l’air, ont mis rapidement en avant des limites qu’on a en effet plutôt bien gérées pour pouvoir faire des kilomètres. Il y a un énorme travail d’analyse des datas. Comme vous pouvez l’imaginer, en trois jours, on a accumulé énormément d’informations qui vont être cruciales et fondatrices. Et puis, il y a des séances de simulation, qui sont prévus jusqu’au prochain roulage en Espagne. Mais on a de quoi faire. On va s’appuyer sur les gens que l’on a, et qui ont de l’expertise.

D’une manière générale, ces premiers essais ont-ils répondu à vos attentes ?

Très honnêtement, j’ai le sourire et je l’avais en quittant le circuit, parce qu’encore une fois, au-delà du kilométrage accumulé, c’est la façon dont on a tous fonctionné ensemble et c’est l’esprit de ce projet qui me fait dire qu’en effet, on a, à la fois les bons partenaires, les hommes et tout ce qu’il faut pour faire quelque chose de bien. La structure a évolué et va encore changer. Pour faire face à ce projet, et pour aborder un tel niveau de compétition et de concurrence, il faut se renforcer. 

Que vous inspire le fait de rejoindre la catégorie reine en Endurance ? Pour vous, c’est un aboutissement ?

On était un peu pressés, au début des années 2010, à vouloir tout de suite être dans la catégorie reine. Je pense que le fait d’être resté longtemps en LMP2 nous a permis de grandir, de comprendre et d’apprendre. C’est vraiment avec le projet Alpine qu’on se sent capable d’aller au combat. Je retiens que c’est ce projet qui nous permet aujourd’hui de pouvoir viser la victoire au Mans et au championnat, et le sentiment de pouvoir aborder les choses dans les meilleures conditions.

© Frédéric Le Floc’h / DPPI

Que peut-on attendre de cette première saison qui va démarrer très rapidement pour vous ?

On ne peut pas avoir des objectifs sportifs bien établis. On va prendre les étapes et les courses, les unes après les autres. Ça va être une saison d’apprentissage. On a beaucoup de choses à intégrer et à apprendre. La première manche de la saison 2024 arrive très tôt et il y a un gros programme de développement.

Où en êtes-vous dans le choix des pilotes ?

On se donne encore un peu le temps. J’échange beaucoup avec Bruno (Famin) à ce sujet. Les choses vont rapidement évoluer d’ici à la fin du mois, mais on est encore en phase de casting sur certains pilotes.

 

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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