| 16 octobre 2022 | par

Philippe Cimadomo (TDS Racing) : « Je n’étais absolument pas prêt pour les 24H du Mans »

© MPS Agency

Philippe Cimadomo dispute sa toute première saison en European Le Mans Series, qui plus est au volant d’une LMP2.

Cet ancien chef d’entreprise de 63 ans, passionné de sport automobile depuis toujours, est engagé chez TDS Racing x Vaillante, au volant d’une Oreca 07 qu’il partage avec Mathias Beche et Tijmen van der Helm, dans la catégorie Pro/Am. Philippe Cimadomo a défrayé la chronique bien malgré lui lors des 24 Heures du Mans en étant interdit de prendre le départ la classique mancelle en juin dernier.

A l’occasion de la manche finale de l’ELMS à Portimão, l’heure est au bilan pour l’Helvète que nous avons pu rencontrer il y a quelques semaines.

« J’ai fait mes premiers tests au mois de mars cette année, puis j’ai enchaîné cinq sessions de deux jours, » nous explique Philippe Cimadomo qui a débuté en sport automobile à l’âge de 50 ans. « Première course au Castellet où je découvre la course en LMP2, en ELMS. Je n’avais jamais fait d’ELMS donc beaucoup d’apprentissage. J’étais à la traine, mais j’ai aussi pris beaucoup de plaisir et c’est pour ça que je suis venu ici, pas pour faire des records, mais pour prendre du plaisir.  C’est une voiture extraordinaire, très sympa à piloter, mais très physique et très difficile à emmener puisque qu’elle est très rapide. »

Philippe Cimadomo (TDS) :

Malgré ce manque d’expérience de la course en LMP2, les deux premières courses de la saison se sont résultées par deux podiums en Pro/Am. « Nous avons réalisé deux podiums dans notre catégorie, un au Castellet et un à Imola, où nous étions partis derniers. A Monza, nous n’avons pas pu réitérer, malgré la pole position décrochée par Mathias. J’ai pris le départ, je me suis fait malmener et la voiture a été endommagée dans les premiers tours. Avec ce qui s’est passé en Italie, je n’avais pas forcément envie de prendre le départ à Barcelone. On en a parlé assez longuement et j’ai finalement pris le départ. C’était une superbe expérience et j’étais super content. »

Ce programme LMP2 a marqué le début d’une toute nouvelle collaboration avec l’écurie de Xavier Combet. « Je n’avais jamais roulé avec ce team, très performant et en même temps très humain. Dans ma vie, j’ai toujours privilégié le côté humain. Avec l’humain, on fait la perf. Mathias Beche a pris beaucoup de temps pour et avec moi. Le résultat est que je me sens de mieux en mieux dans la voiture et que les chronos sont bien meilleurs qu’au départ. »

Quelques mois seulement après ses débuts dans la catégorie reine de l’ELMS, Philippe Cimadomo s’est retrouvé sur la liste des participants aux 24 Heures du Mans. Même s’il n’a jamais caché son attrait pour la classique mancelle, il ne s’attendait pas à être au départ cette année. « Je voulais faire Le Mans depuis très longtemps, mais en rencontrant mes deux partenaires Mathias Beche et Emilien Carde, il était clair qu’il fallait faire ça sur deux ans. Au final, j’ai commencé à rouler en LMP2 au mois de mars et je me suis retrouvé au Mans en juin. Je n’étais absolument pas prêt pour les 24 Heures du Mans. On me disait que je l’étais, mais je ne l’étais pas et on connait le résultat. ‘On’, c’est mon coach et TDS. Nous étions autour de la table et nous nous sommes dits, c’est possible. J’ai pris la décision et j’en assume les responsabilités. »

Le résultat fut sans appel puisque les instances ont purement et simplement décidé d’exclure le pilote à moins de 48 heures du départ. Depuis, il n’a eu que très peu l’occasion de s’exprimer publiquement sur cette décision… « Cela a été catastrophique puisque je suis sorti à haute vitesse et je n’ai pas pu prendre le départ des 24H. La FIA a été très dure avec moi, à tel point que je me demande s’ils veulent encore des gentlemen aux 24 Heures du Mans. Je suis passé devant un tribunal. Je souffrais le martyre car j’avais deux côtes fêlées, mais je voulais continuer. Je l’ai vécu comme une très grosse injustice, même si je pense que je n’étais pas complètement prêt, ne pas me laisser prendre le départ, c’était extrêmement dur. J’aurais souffert dans la voiture, mais j’aurais au moins pris le départ des 24 Heures du Mans, ce qu’ils ne m’ont pas laissé faire. Beaucoup de pilotes m’ont envoyé des messages très gentils en me disant qu’ils n’avaient jamais vu cela. »

Philippe Cimadomo (TDS Racing) :

© David Bristol

Le gentleman driver a eu l’occasion de faire valoir ses arguments qui n’ont cependant pas convaincu les instances… « Je me suis défendu en expliquant que nous avions fait deux podiums en début de saison et que c’est le gentleman qui fait la différence en LMP2 Pro/Am, mais il m’a été rétorqué : ‘Ici, c’est Le Mans, ce n’est pas pareil.’ J’avais voulu doubler dans S Porsche. Moi vouloir doubler dans les S Porsche ? Jamais. Je n’ai pas vu la voiture qui était derrière moi, mais le seul qui est sorti de la piste et en a souffert, c’est moi… »

Reste à savoir désormais si cette mésaventure a découragé ou non Philippe Cimadomo de revenir dans la Sarthe pour prendre le départ des 24 Heures du Mans. « Les choses sont assez claires. Si je peux décemment m’inscrire aux 24 Heures du Mans, en me disant que cette fois-ci, je vais prendre du plaisir, je ne m’en priverai pas. A l’inverse, si je vois que j’ai atteint les limites de mon pilotage et de mon physique, je ne forcerai pas la chance. Je jugerai moi-même si j’ai le niveau, mais je ne les ferai pas à 70 ans, donc il faut que je me dépêche. Je n’ai pas abandonné le projet, mais j’ai besoin d’encore une année de travail, peut-être deux. A la fin de la saison, je déciderai de me réengager en y mettant toutes mes forces, soit de passer à autre chose. »

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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