| 2 octobre 2026 | par

Petit Le Mans, une finale à enjeux pour les pilotes français

© Courtesy of IMSA

Dernier rendez-vous de la saison 2026 de l’IMSA, la 29e édition de Petit Le Mans se tient samedi sur le Michelin Raceway Road Atlanta. Plusieurs ressortissants tricolores seront à suivre avec attention.

Didier LAURENT – Auto Press Club

Contrairement à l’an passé, aucun Français ne sera sacré champion IMSA en GTP à l’issue de Petit Le Mans. Cela ne signifie pas pour autant que cette édition 2026 est une finale sans enjeu pour les pilotes hexagonaux.

Le premier à pouvoir rentrer dans l’histoire ce week-end est Julien Andlauer. Vainqueur 2026 des 24 Heures de Daytona et des 12 Heures de Sebring avec Felipe Nasr et Laurin Heinrich sur une Porsche 963 de l’écurie Penske Motorsport, le Lyonnais et ses acolytes pourraient devenir les premiers à remporter les trois grandes classiques de l’IMSA au classement général au cours d’une même saison. Un an après avoir dû renoncer à Petit Le Mans le matin même de la course en raison de douleurs au dos, la revanche serait belle pour le pilote français.

Petit Le Mans, une finale à enjeux pour les pilotes français

Il ne s’agira d’ailleurs pas de son seul objectif, car avec Felipe Nasr Julien Andlauer devra aider Laurin Heinrich à entretenir ses minces espoirs de titre GTP. Andlauer et Nasr peuvent par ailleurs décrocher ensemble l’IMSA Michelin Endurance Cup, dont ils abordent la finale en tête du classement Pilotes. Autant dire que la potentielle victoire ce samedi à Braselton aurait une certaine saveur !

Sur l’autre Porsche Penske Motorsport, Kévin Estre aura une mission différente : sauver ce qui peut encore l’être d’une saison compliquée, même après une troisième place à Indianapolis. Une victoire à Road Atlanta offrirait une conclusion autrement plus flatteuse à une campagne qui n’a pas répondu aux attentes du team.

Dillmann en embuscade

En LMP2, la situation est plus indécise encore. Tom Dillmann et le pilote américain Jeremy Clarke arrivent en Géorgie avec seulement quatre points d’avance sur Alex Quinn et George Kurtz, qui défendent les couleurs de Crowdstrike by APR. Un écart presque symbolique après le spectaculaire retour opéré par l’Oreca n°43 d’Inter Europol Competition. Quatrième du championnat après Watkins Glen, le duo a effacé un déficit de 107 unités en remportant les trois dernières courses, et sera forcément sur un petit nuage à Petit Le Mans, quoi qu’il arrive.

« C’est un nouveau championnat, parce que quatre points, c’est pratiquement zéro, résume Dillmann. Celui qui terminera devant l’autre prendra le titre. C’est très simple. J’aborde la course en mode attaque maximale : il faut essayer de gagner, ou du moins finir devant les quatre autres concurrents directs. »

Le Français sait ce que représente une couronne IMSA puisqu’il a été sacré en 2024 avec Nick Boulle. Deux ans plus tard, et quelques mois après avoir remporté pour la deuxième fois consécutive les 24 Heures du Mans en LMP2, une nouvelle consécration en IMSA viendrait encore enrichir un palmarès particulièrement fourni.

Tristan Vautier sera lui aussi de la partie en LMP2, au volant de l’Oreca n°8 de Tower Motorsports. Et la France sera également représentée par TDS Racing, seule équipe tricolore engagée et qui reste sur deux victoires consécutives à Petit Le Mans.

Petit Le Mans, une finale à enjeux pour les pilotes français

© Courtesy of IMSA

La catégorie GTD Pro verra elle un visage bien connu des fans de l’IMSA faire son retour, mais dans un décor qui lui est inhabituel. Sébastien Bourdais effectuera ses débuts dans la catégorie avec DragonSpeed, aux côtés de Giacomo Altoè et Casper Stevenson sur une Corvette Z06 GT3.R. Double vainqueur de Petit Le Mans au classement général, le Manceau retrouvera ainsi le GT, où il n’avait plus couru depuis 2019.

Michelin dans son jardin

Enfin, il est difficile d’évoquer les chances françaises à Road Atlanta sans parler de Michelin, qui est en Géorgie comme dans son jardin. Depuis 2019, le manufacturier clermontois est fournisseur exclusif de l’IMSA mais aussi partenaire titre du circuit, devenu Michelin Raceway Road Atlanta. L’accord qui unit les deux parties a été prolongé jusqu’en 2035, Michelin conservant notamment son statut d’« Official Tire of IMSA », le naming du circuit et celui de l’IMSA Michelin Endurance Cup.

Petit Le Mans achèvera surtout la première saison de la nouvelle génération de pneumatiques GTP introduite en 2026, et Road Atlanta lui imposera un dernier examen particulier. Matthieu Bonardel, directeur de Michelin Motorsport, parle d‘« un asphalte peu abrasif mais extrêmement rugueux en surface, un peu comme du papier de verre ». Une combinaison qui génère beaucoup d’adhérence mais aussi énormément d’énergie thermique.

La capacité à conserver de la stabilité sur les doubles relais constituera l’un des paramètres de la course. Mais, comme souvent à Petit Le Mans, l’essentiel sera surtout de survivre aux huit premières heures, de rester dans le tour du leader et de conserver suffisamment de pneus neufs pour le sprint final.

Pour les Français, celui-ci pourrait valoir beaucoup : un triplé historique, un titre ou simplement la possibilité de refermer 2026 sur une bonne note.

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club
À propos de l'auteur, Florian Defet

Les articles similaires

Les derniers articles

Annonces

Soyez au courant des dernières actualités du monde de l'Endurance par mail !

Loading