Après avoir disputé ses 8e 24 Heures du Mans il y a trois semaines, Paul-Loup Chatin poursuit sa saison en European Le Mans Series ce week-end, à Monza, avec IDEC Sport.
Entre temps, le jeune père de famille s’est vu offrir une nouvelle opportunité pour la fin de saison. Dès la semaine prochaine, il remplacera Sébastien Ogier chez Richard Mille Racing Team, aux côtés de Charles Milesi et Lilou Wadoux pour les trois dernières manches. Nous avons pu échanger avec le jeune homme dans le paddock italien.
Comment s’est présentée l’opportunité de rouler chez Richard Mille ?
« Cela s’est fait après les 24 Heures du Mans. Ils m’ont contacté dans la semaine suivant la course, » nous confie Paul-Loup Chatin. « C’était à moi de voir si tout était bon de mon côté, vis-à-vis d’IDEC Sport. Tout s’est fait en l’espace d’une journée. Ils avaient sans doute cela en tête avant Le Mans, et même si malheureusement, nous avons connu un problème en début de course, nous faisant perdre deux tours, nous avons réalisé une très belle course. Je pense que cela a joué dans la décision. »

Quels sont les objectifs pour les trois dernières manches restantes sur la scène mondiale ?
« L’objectif reste le même. Quand on entre dans une voiture, c’est pour l’exploiter à son maximum et viser le plus beau résultat. Il faut néanmoins se montrer réaliste. Nous sommes dans un championnat très relevé, avec beaucoup de très bonnes équipes. Je pense que Richard Mille Racing, avec l’appui de Signatech, a beaucoup d’expérience en LMP2. Il faut continuer à travailler pour faire progresser la voiture. J’ai la chance d’avoir Charles et Lilou comme coéquipiers, ce qui fait de nous l’un des plus beaux équipages. Pour être honnête, la très belle course au Mans a insufflé une bonne dynamique. Le but est de les aider à poursuivre sur cette voie-là et viser plus haut. Un top 5 serait un beau résultat. J’aimerais beaucoup faire un podium avec eux. »
Avez-vous justement eu le temps de prendre contact avec vos futurs coéquipiers ?
« Bien sûr. La veille de l’annonce, nous étions ensemble, à Bourges, dans les locaux de Richard Mille Racing Team, pour faire notre baquet. Charles a conservé le sien, mais Lilou et moi en avons fait un. L’objectif est d’avoir la voiture la plus confortable pour Lilou. Il y avait une grande différence de taille entre Lilou et Sébastien. Cette différence subsiste encore entre elle et moi, mais le but est que Lilou soit la plus à l’aise. Nous avons avancé les pédales au maximum et j’ai réussi à faire un baquet où je me sens bien avec ce réglage-là. La clé vient souvent du Silver. Lilou a une progression incroyable depuis le début de l’année et je souhaite l’aider à continuer sur cette pente ascendante, mais aussi aider Charles dans son rôle de leader. Entre mon expérience et sa fougue de la jeunesse, nous pouvons, ensemble, tirer l’équipe vers le haut. Le contact s’est très bien passé. Je me concentre sur l’ELMS avec IDEC Sport, mais j’ai aussi hâte d’être avec eux, ici, la semaine prochaine et de commencer cette belle aventure. »

Revenons à votre programme principal, avec IDEC Sport. Que retenez-vous de votre 8e classique mancelle ?
« Je retire du positif et de la frustration. Malheureusement, cela commence à faire trop d’années où nous ne sommes plus à la lutte aux avant-postes dès le début de course. C’est dommage, car cette année encore plus, nous avions tout pour faire un podium. Nous avons analysé la course et nous avons perdu plus de deux tours et demi avec la perte de la roue.
Cela n’est pas dû à une faute mécanique. La roue était bien serrée, on la perd subitement. La raison la plus plausible est la casse de l’écrou, sans certitude pour autant. A ce moment-là, nous étions 6e, dans le peloton de tête. Il y a une vraie frustration de se dire que nous faisons très bien les choses et que cela ne paye pas. Toute l’équipe est restée mobilisée durant les 23 heures restantes. Nous sommes très fiers de ce qu’on a fait. C’est la faute à pas de chance. »
Lauréat en ELMS en 2019, les deux années qui ont suivi ont été moins fructueuses pour le team IDEC. La dynamique semble bien meilleure cette saison ?
« 2018 et 2019 ont été de très bonnes années. Trois poles, dont celle aux 24 Heures du Mans en 2018. L’année suivante, on gagne le championnat. C’étaient deux très belles années. Malheureusement, des équipes ont mieux travaillé que nous par la suite et ont inversé la tendance là où nous étions plus en difficulté. Cette année, nous sommes repartis sur des bases solides. On termine 4e de la première course, 5e de la deuxième, nous étions plus que présents au Mans… Il y a une dynamique positive qui est engagée. On aimerait faire un podium ici pour confirmer cela. Nous sommes 6e du championnat, à quelques points seulement de la 2e place. Je pense que certaines équipes jouent moins le jeu des pilotes Silver. Paul est une personne qui travaille tous les jours, sans aucune expérience en karting, ni en monoplace. Tous les ans, il monte en puissance et il sera au bureau lundi, à 8h. Quand on regarde les résultats en contextualisant cette situation, c’est plutôt très bon. »
Quel est l’objectif pour la fin de saison ? Le titre est-il toujours à votre portée ?
« Oui, mathématiquement parlant. Je préfère cependant être réaliste. Nous sommes en lutte pour le podium au championnat. Si nous avons la réussite avec nous et que nous pouvons nous battre pour le titre, on ne se privera pas, bien entendu. L’objectif est de marquer le plus de points sur chaque course et on fera le bilan en fin d’année. »
Avec huit années passées en LMP2 et des performances remarquables et remarquées, Paul-Loup Chatin regarde de très près ce qu’il se passe dans la catégorie reine. Se voir proposer un baquet en Hypercar représenterait un accomplissement personnel…
![[ENDURANCE24]LOGO_2021_RVB-3](http://endurance.pulsdev.fr/wp-content/uploads/2021/11/ENDURANCE24LOGO_2021_RVB-3.png)





