| 6 février 2024 | par

Patrice Lafargue : « Combiner les noms d’IDEC Sport et Matra est un atout, c’est évident ! »

© IDEC Sport

Une des grosses annonces faites pendant le Salon Rétromobile la semaine dernière concernait du….moderne. A l’occasion de la soirée d’avant-première, mardi 31 janvier, IDEC Sport a en effet annoncé un partenariat avec Matra autour de son programme European Le Mans Series et des 24 Heures du Mans si le Comité de sélection retient la voiture.

Quelques jours après l’annonce, Endurance24 est allé à la rencontre de Nicolas Minassian, team principal et de Patrice Lafargue, Président du Groupe IDEC et IDEC SPORT, dont nous vous proposons l’interview…

Bonjour Patrice Lafargue. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre partenariat avec Matra ?

« On a eu l’occasion de rencontrer la société (Groupe Rebirth) qui détient le nom de Matra Sport. Ils ont aussi une marque emblématique, Solex, et c’est dans ce cadre-là que nous nous sommes vus. Quand on a appris qu’en plus ils avaient Matra, on s’est mis à rêver ensemble, nous pour le côté historique de Matra, eux car on représente un bon support pour avoir une écurie de course, pour faire renaitre la marque Matra au niveau de l’endurance. On a convenu, dans un premier temps, de faire un partenariat sur du moyen terme. En plus, il y a un côté passion, même du côté des pilotes, donc c’est plutôt intéressant. Ensuite, on va voir le devenir, on ne le connait pas vraiment, mais on espère que c’est le début d’une belle aventure. »

Qu’est ce que ça va changer au niveau d’IDEC Sport ?

« Ils vont apporter un peu de moyens. C’est ce qu’on a pu discuter sur une période de trois ans, mais attention, ce n’est pas quelque chose d’excessif non plus. On va voir quels moyens il faut mettre en place, peut-être que nous aussi on va en mettre, mais ça ne peut que renforcer la notoriété de l’écurie, c’est clair. Ca peut faire naitre des ambitions qu’on aurait peut-être pas eues seul. L’endurance évolue quand même pas mal, on n’est pas spectateur et on espère pouvoir faire des annonces plus tard, plus importantes, on verra. »

Le célèbre constructeur français Matra et IDEC Sport ont annoncé un partenariat pour la saison à venir lors du salon Rétromobile 2024. La LMP2 engagée en European Le Mans Series courra sous les couleurs historiques de Matra,

© IDEC Sport

L’année dernière, c’était Delage, cette année Matra. Quelle va être la différence entre les deux ?

« Delage et Matra sont deux marques de forte notoriété, mais Matra a la volonté de reproduire du neuf. Delage aussi fait la reproduction de neuf, mais à travers des véhicules élitistes et il n’y a pas forcement une volonté d’être sur des courses d’endurance, c’est pas forcément leur priorité. Ca l’est surement plus pour Matra. »

Avec un nom pareil, cela peut aussi vous apporter un petit avantage pour décrocher un billet pour les 24 Heures du Mans ?

 « C’est ce que je dis à toute l’équipe : ne nous emballons pas, les places sont très convoitées. Nous espérons bien sûr avoir une chance. Il y a de belles écuries en lice, il n’y a aucune raison pour que nous ne soyons pas présents au Mans, mais rien n’est acquis. En ce qui concerne Matra, il est certain que nous allons nous entraider. Le nom renforce notre position, c’est indéniable. Nous espérons également que notre notoriété acquise au fil des années passées au Mans et en ELMS nous aidera à obtenir une place. Combiner les noms IDEC Sport et Matra est un atout supplémentaire, c’est évident ! »

Deux pilotes sont partis, notamment Paul-Loup (Chatin) avec qui j’ai une affinité assez forte

Sur le plan sportif, vous avez changé les deux tiers de l’équipage. Quelles sont vos ambitions cette année ?

« Effectivement, deux pilotes sont partis, notamment Paul-Loup (Chatin) avec qui j’ai une affinité assez forte. C’est évidemment une déception pour nous de le voir partir, mais en même temps, on est très contents parce que devenir pilote professionnel dans une belle écurie comme Alpine, c’est aussi valorisant pour nous puisqu’on a pu mettre en avant un pilote qui s’est mis en avant déjà tout seul. Mais on l’a fait courir toutes ces années, il a été sous les feux de l’actualité. Il a prouvé ses capacités. Et puis Laurents (Hörr) est un formidable garçon. Ce sont deux pilotes qui représentent bien IDEC sur la filière. Depuis, on a remonté un équipage avec d’abord des pilotes plutôt sympa (Reshad de Gerus et Job Van Uitert, ndlr), c’est quand même important car les premiers de la classe ne nous intéressent pas forcément. De plus ils ont des capacités à relever le défi, ils sont rapides, intelligents, c’est plutôt intéressant ! »

© IDEC Sport

On sent une grande fierté quand vous mentionnez Paul-Loup Chatin…

« Oui, c’est une fierté pour l’écurie et à titre personnel parce que j’ai toujours cru en lui. Je ne suis pas forcément pas le seul, mais pour bien le connaître, je pense qu’il réunit beaucoup, beaucoup de qualités. Il est très rapide, a l’intelligence, la rapidité. Je ne suis pas surpris de ce qui lui arrive parce que, pour moi, c’est un des meilleurs pilotes, si ce n’est le meilleur pilote, en endurance. Certes, je suis un petit peu chauvin. En tout cas, je garde une grande proximité avec Paul Loup, c’est plus qu’évident. C’est un garçon que j’adore personnellement, donc oui je suis fier. Je ne vais pas dire c’est comme un fils, mais un tout petit peu quand même ! »

Pas facile de préparer l’avenir au delà de 2025, mais on va essayer d’envisager différentes options

L’endurance est un petit peu à la croisée des chemins avec l’Hypercar qui se garnit énormément, le GT3 qui débarque et le LMP2 encore homologué jusqu’en 2025, mais dont on ne connait pas à 100% l’avenir. Comment arrivez-vous à vous projeter ?

« Il est justement difficile de se projeter parce que je ne suis même pas sûr que les décideurs aient l’intime conviction sur le devenir. Donc demandez à des écuries comme nous d’être encore plus voyant qu’eux est impossible. J’espère que le LMP2 a un avenir en endurance. Je comprends aujourd’hui les grosses marques d’intérêt de la part des constructeurs, car c’est bien de ça dont on parle, qui réduit l’espace pour les autres. Je peux comprendre que l’ACO aille sur cette voie là, mais bon, il y a une petite place pour les LMP2, une catégorie qui me plaît parce que c’est quand même notre milieu. Pas facile de préparer l’avenir au delà de 2025, mais on va essayer d’envisager différentes options. »

© Alpine / DPPI

Passionné de sport automobile et plus particulièrement d'Endurance, j'assiste aux 24 Heures du Mans depuis 1980 et suis accrédité depuis 2008. Je me rends régulièrement sur les plus beaux circuits européens et mondiaux. J'ai écrit pour de nombreux médias sport auto et collabore depuis quelques mois avec Endurance24
À propos de l'auteur, David Bristol

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