Un an après un double abandon pour ses débuts en Hypercar, Alpine Endurance Team avait un objectif clair en revenant dans la Sarthe : franchir la ligne d’arrivée avec ses deux A424. Une mission remplie, mais sans éclat, dans une édition des 24 Heures du Mans marquée par l’exigence et la densité du plateau.
Après une préparation sérieuse et une double qualification en Hyperpole, les Bleus espéraient tirer leur épingle du jeu. « On voulait montrer qu’on avait progressé, qu’on était capables de finir la course proprement avec deux voitures. C’était indispensable pour nous structurer », explique Philippe Sinault, team principal. Mais les premières heures de course venaient ternir ces ambitions. Un problème de pressurisation sur le circuit de refroidissement batterie retardait la n°36. Puis les deux voitures écopaient de pénalités pour vitesse excessive dans la voie des stands, avant un drive through pour la n°35, suite à un contact avec la Peugeot n°94. Résultat : plus d’un tour de retard sur les leaders à la mi-course.
« On a fait plein de bêtises au début. Ce sont des fautes qui ne pardonnent plus à ce niveau-là », souffle Philippe Sinault, team principal. « Il faut rendre une copie parfaite. Il y a dix ans, tu pouvais viser un podium malgré une erreur. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. » Dès lors, les Bleus se retrouvent relégués à plus d’un tour des leaders, sans pouvoir tirer profit de l’unique intervention de la voiture de sécurité. Le scénario idéal, où endurance et incidents redistribuent les cartes, ne se produit pas.

© MPS Agency
La nuit s’avère presque trop calme pour Alpine, qui ne peut compter que sur son rythme pour revenir. « On ne retrouvait pas la voiture qu’on avait le jeudi en essais. On était dans le dur. Mais l’équipe a bien réagi. La nuit a été longue, pour une fois, il ne s’est rien passé, on s’est presque embêtés, et on a dû attendre le petit matin où on a retrouvé du rythme, et ça nous a permis de remonter un peu, de sauver quelque chose. On n’est pas là où on espérait l’être, mais on s’est dit qu’on n’est pas encore éligibles à la victoire »,explique Sinault. La n°36 perd du terrain après une sortie dans le bac de Jules Gounon à Mulsanne. Mais Mick Schumacher, solide, la relance efficacement. Sur la n°35, Paul-Loup Chatin, Ferdinand Habsburg et Charles Milesi s’appliquent, sans accroc.
« En voyant notre niveau de performance sur la fin, on se dit que le top cinq était jouable sans nos petites erreurs et le problème technique. Cette frustration est saine. Elle nous pousse à faire mieux », poursuit le patron de l’écurie. Difficile de ne pas partager son sentiment : la fiabilité est là, le rythme aussi, mais trop tard. « Ce que je retiens, c’est que ça y est, on a fait deux fois 24 heures avec cette voiture dans des conditions officielles. On repart avec beaucoup d’enseignements, de datas. C’est indispensable pour avancer. »
« On a bien identifié là où on veut améliorer notre package technique, mais c’est un tout. Je ne suis pas en train de dire que tout viendra de la voiture. L’équipe aussi doit progresser. À ce niveau, tu ne peux rien laisser au hasard. »
Prochaine étape pour Alpine : Interlagos, un circuit radicalement différent, où l’équipe espère convertir son potentiel en performance brute. En attendant, l’essentiel reste cette marche franchie : Alpine a terminé Le Mans avec ses deux A424.
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