| 20 juin 2023 | par

Olivier Panis : « Nous serons bientôt à la croisée des chemins ! »

© Nico Deumille

Olivier Panis était présent avec son équipe lors des dernières 24 Heures du Mans, pour l’édition du Centenaire en catégorie LMP2. Cette place fut chèrement acquise suite au titre de vice-champion ELMS 2022. Il s’agissait de la 8e participation de l’écurie Panis Racing en Sarthe. L’ancien pilote de F1 est revenu sur cette année 2023 et parle aussi du futur de sa structure.

Au Mans, comme en ELMS, l’Oreca 07 n°65 Panis Racing était confiée à Job van Uitert, seul pilote conservé de l’effectif 2022, et de deux nouveaux hommes : Manuel Maldonado et Tijmen van der Helm. Les essais se sont bien déroulés sauf au moment fatidique des qualifications du mercredi où « un petit problème technique a été découvert plus tard, mais il a été résolu.»

En course, face à plus de 20 Oreca, le but de l’équipe française était de « jouer les troubles fêtes, se battre pour aller chercher un minimum un podium voire pourquoi pas la victoire. Il faudra mettre de l’essence, des pneus, ne pas faire d’erreurs, ni prendre de pénalités. » Cela a bien failli fonctionner. Solidement accrochée à la 4e place à la 19e heure de course puis 6e à deux heures du drapeau à damiers, un souci électrique est venu tout gâcher pour la n°65. Cela a fait plonger la voiture dans les profondeurs du classement alors qu’un podium était envisageable. La voiture du Panis Racing se classe finalement 14e des LMP2 à 12 tours des vainqueurs.

© MPS Agency

Maintenant, il va falloir digérer ce résultat et basculer (assez vite) en European Le Mans Series. Le Panis Racing y entame sa huitième saison avec une 4e place en 2020, une 3e en 2021 et la 2e en 2022. La saison 2023 a bien commencé avec une 5e place à Barcelone, la 2e en catégorie LMP2. « Je suis ravi de l’équipe, des ingénieurs, des mécanos. On commence à être vraiment une équipe très solide et très stable » affirme Olivier Panis. « Honnêtement, je m’attendais à que ça prenne un peu plus de temps pour vraiment performer, surtout avec deux nouveaux pilotes, mais dès Barcelone, on fait un podium. Malheureusement on écope d’un drive through pour excès de vitesse dans les stands, mais on pouvait gagner. On démarre la saison avec des bonnes conditions et les pilotes se sont très vite intégrés dans l’équipe. »

Après une 2e place décrochée de haute lutte l’an dernier, l’objectif est bien évidemment le premier titre après lequel l’équipe court. « Je dis toujours qu’on est le Petit Poucet du LMP2. C’est un peu vrai, mais d’un autre côté, c’est notre force. Oui, l’objectif est de gagner l’ELMS parce que c’est un championnat magnifique et aussi pour qu’on le gagne avec toute l’équipe qui fait un travail incroyable. Il va falloir bien rester concentré sur ce sujet, mais on a nos chances »

© MPS Agency

Après, avec le titre en poche ou non, il faudra vite penser à 2024 car il n’y aura plus de LMP2 en WEC, juste en ELMS. Panis Racing va vite se trouver à la croisée des chemins. « On y réfléchit beaucoup avec Simon et Sarah Abadie (Tech 1) et Stéphane, mes trois associés, parce que ça va être un tournant pour l’Endurance, mais aussi pour nous à un moment donné. Financièrement, la LMP2 coûte très cher, il faut respecter les budgets que l’on a. Parfois, la passion dépasse la raison et ça me dérange un peu. Nous sommes une équipe passionnée qui a envie de performer, mais, à un moment donné, il faut être raisonnable. J’aimerais continuer avec Tech 1, c’est pourquoi on réfléchit à plusieurs solutions. »

Ces solutions, quelles sont-elles ? « Nous avons été approchés par des constructeurs GT3 en WEC et pour Le Mans, mais aussi en Hypercar, mais si on n’a pas un vrai support d’un constructeur, nous n’aurons pas les moyens de le faire. Je l’avais déjà mentionné, mais j’aurais adoré faire un Alpine Junior Team en catégorie reine, mais tout dépend de l’implication d’Alpine, je comprends que c’est compliqué pour eux aussi. Du côté GT3, nous avons roulé par le passé avec Lexus, mais ils nous ont laissé tomber lors du Covid, un peu au dernier moment, je l’ai encore un peu en travers de la gorge. J’ai un autre constructeur avec qui je discute beaucoup, qui me plairait bien, mais encore une fois, c’est un peu tôt pour parler de tout ça. Au total, nous discutons avec trois constructeurs et je prendrai celui que j’estime me donnera le plus de support, de crédibilité et de garantie pour faire quelque chose de bien. »

Cependant, en 2024, Panis Racing pourra toujours continuer en LMP2 si elle le souhaite. « On va réfléchir, on se donne un peu de temps : on a la voiture, l’ équipe et on est solide en LMP2. La décision sera peut être un peu tardive, à moins que si le constructeur avec qui je discute, ne déclenche  quelque chose. »

© Nico Deumille

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