Panis Racing est une des plus fidèles équipes de l’European Le Mans Series. Présente depuis 2016, les saisons s’enchainent et les bons résultats aussi. Avec une place de vice-champion décrochée en 2022, Olivier Panis, Sarah et Simon Abadie avaient de gros espoirs pour l’année 2023.
Les choses se sont un tout petit peu moins bien passées que prévues pour l’Oreca 07 n°65. Panis Racing termine 3e à 27 points du champion, Algarve Pro Racing, avec deux 2e places comme meilleurs résultats en LMP2. « Objectivement, je pense qu’on fait partie des meilleures équipes du plateau dans la constance de performance, d’équipe et de résultats » avoue Olivier Panis. « Ça fait des années qu’on est là, qu’on se bat. Certes, on n’a jamais gagné le titre, mais on a déjà fini vice champion ELMS, terminé troisième à deux reprises aux 24 Heures du Mans. Grâce à Simon et Sarah (Abadie), Stéphane et moi, soit les quatre associés, nous sommes arrivés à faire une équipe très solide techniquement. On a aussi beaucoup de chance d’avoir Florent, notre directeur technique, qui fait un travail exceptionnel avec ses ingénieurs.»
Au contraire de 2021, 2023 (tout comme 2022) n’a pas vu de victoire en ELMS.
« On a eu un peu de malchance cette saison, mais l’ELMS actuel est le WEC d’il y a cinq ou six ans. Il n’y a pas un championnat aussi fort aujourd’hui que l’ELMS, en tout cas, en LMP2. Pour gagner et performer, il faut se battre contre United, Duqueine, Algarve qui ont des pilotes pros, au moins deux dans la voiture. »
Un autre fait est à prendre en compte : l’équipage 2023 a été chamboulé, plus de Julien Canal parti en WEC après cinq saisons passées chez Panis Racing.
« Je suis content de notre équipage 2023. Le trio était, au début de saison, très jeune, à part Job (van Uitert), deux nouveaux sont arrivés. Manuel Maldonado a été une très belle surprise parce qu’il a progressé tout au long de la saison à une vitesse incroyable. Je suis ravi qu’il soit bien chez nous et qu’il y reste.

MANUEL MALDONADO / © MPS Agency
Alors, c’est vrai, il a fait une belle bêtise à Spa, mais l’erreur est humaine. Ce sont des jeunes pilotes avec de grosses voitures. Il a fait une erreur comme on l’a tous fait jeune. Pour ma part, j’en ai fait des belles aussi comme mon ami Neel Jani qui critique Manuel parce qu’apparemment, c’est un gosse de riches et que c’est pour ça qu’il fait du sport auto. Mais sans ces « gosses de riches », Neel n’aurait jamais roulé non plus. C’est trop facile de tirer sur l’ambulance, mais grâce à ces jeunes, il y a des pros qui roulent. Je n’en veux pas du tout à Manuel. Je suis triste pour les teams qu’il a touchés, je suis embêté. Quand je suis arrivé à Portimão, je suis allé parler à Gilles Duqueine, lui disant que j’étais vraiment désolé par rapport à son team. Je m’excuse au nom de mes pilotes, mais après, c’est la course et chacun fait des erreurs. Avec Tjimen van der Helm, j’ai découvert un jeune, avec un vrai caractère, un aplomb, et dans sa tête, il est très solide, pas très communiquant, mais il s’est bien intégré dans le team. »
Maintenant place à 2024. Il y a une dizaine de jours, la liste 2024 de l’European Le Mans Series a été publiée. On y retrouve l’Oreca n°65 de l’équipe française, mais pas de seconde Oreca ni de GT3 comme cela avait été évoqué un temps.
« On s’est dit qu’avec l’expérience acquise depuis des années en LMP2, que chaque année on est sur le podium final ou pas loin, pourquoi ne pas essayer encore une saison supplémentaire pour gagner l’ELMS, gagner Le Mans. On n’est pas l’équipe la plus riche, on essaye de trouver les meilleurs équipages possibles. Avec un staff technique fort, de très bons mécaniciens, une écurie prête, constante et fiable, cela aurait été dommage de lâcher maintenant, de s’arrêter là. En plus, on a eu des bonnes discussions avec Pierre Fillon et Fred Lequien sur l’avenir de la LMP2 qui étaient plutôt très rassurantes. On va essayer de continuer, mais encore une fois, on le fera si on a les moyens de bien le faire. Notre ambition était de poursuivre en P2, mais je ne dis pas que le GT3 ne m’intéresse pas à l’avenir. »

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Pour le moment, seul Manuel Maldonado est confirmé comme pilote, mais « ce n’est pas totalement confirmé, on négocie, on discute car j’aimerais beaucoup garder Manuel. Je suis convaincu qu’il va être très performant, il connait l’équipe et s’y sent très bien. Il est issu d’une famille très sympa, passionnée. Autour de lui, il faut trouver un équipage solide parce qu’il veut gagner des courses. C’est toujours difficile cette alchimie de trouver trois pilotes qui vont cohabiter et être rapides. On discute avec plusieurs, on a des demandes de bons pilotes, mais nous n’avons pas encore décidé de l’équipage optimum.
Après, le problème pour nous aujourd’hui, comme pour beaucoup d’équipes, est d’arriver à trouver le budget conséquent pour faire les choses bien. Panis Racing, avec Tech 1, n’est pas une équipe comme les autres. Tous les associés du team ont chacun un business hors compétition automobile. On ne gagne pas d’argent, tout ce qu’on a, on le met dans l’équipe, c’est donc différent de beaucoup d’écuries qui font du business et je les respecte. On veut une équipe familiale, performante, qui gagne des courses, on n’est pas là pour gagner de l’argent, ce n’est pas notre fond de commerce. On voudrait avoir des partenaires comme ELF qui nous suit depuis le début, en avoir deux ou trois comme ça pour stabiliser l’équipe, pouvoir faire un peu mieux et être tranquille aussi. »
Une autre course est dans le viseur de l’homme aux 158 Grands Prix de F1 en 2024, l’une de ses épreuves favorites : les 24 Heures du Mans.
« On sait que cela va être encore plus difficile, d’autant que maintenant, avec le succès de l’Hypercar, beaucoup de constructeurs arrivent, c’est magnifique pour Le Mans. Il y aura moins de LMP2 l’an prochain, mais je pense quand même que pour l’ACO, le LMP2 est très important. On verra aussi ce que deviendra la nouvelle catégorie dans le futur, mais je le répète, le LMP2 est essentiel pour l’ACO. De notre côté, on a toujours été très fidèles, ça fait huit ans qu’on évolue en ELMS, huit ans qu’on participe aux 24 Heures du Mans où on a toujours été très performant. Je reste confiant parce que j’ai des relations avec Fred (Lequien) et Pierre (Fillon) qui sont très bonnes et même si parfois je dis ce que je pense, c’est toujours pour le bien de l’ELMS, jamais dans mon propre intérêt. J’espère qu’on sera encore au Mans en 2024, je pense qu’on a notre chance ! »

© MPS Agency
Une deuxième partie sera publiée pendant les vacances de Noël, Olivier Panis revenant sur les pilotes passés chez lui et qui sont devenus pro par la suite…
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