| 27 mars 2024 | par

Olivier Jansonnie (Peugeot) : « Nous avons progressé sur tous nos points faibles »

© Peugeot

Peugeot place désormais tous ses espoirs sur la nouvelle version de sa 9X8 destinée à devenir une prétendante régulière à la victoire en Championnat du Monde d’Endurance de la FIA (WEC).

En marge de la présentation de la Peugeot 9X8 ‘2024’ lundi 25 mars, Olivier Jansonnie, le Directeur technique de Peugeot Sport, s’est entretenu avec quelques médias.

Quel a été le plus gros défi pour vous avec cette Peugeot 9X8 ‘2024’ ?

« Le plus grand défi a été de développer une voiture innovante en aérodynamique tout en gérant une saison de course en 2023. Cela a nécessité une répartition stratégique de nos ressources et efforts entre la saison en cours et le développement de la nouvelle voiture. Malgré des résultats de performance inférieurs à nos attentes en 2023, nous n’avons rien lâché et avons continué à nous battre jusqu’au Qatar. Je pense que le plus gros défi était un défi humain. »

Quand et comment avez-vous pris la décision de développer une nouvelle version de la 9X8 ?

« La décision a été prise au mois de mars 2023. La course de Sebring a été un élément déclencheur car nous avons réalisé que notre performance était nettement inférieure à nos prévisions. Nous avons eu plusieurs discussions avec la FIA et l’ACO qui nous ont convaincus de l’importance d’avoir une certaine autonomie sur notre performance, plutôt que de dépendre entièrement de la BOP d’autant que nous nous sommes rendu compte qu’elle ne bougerait pas suffisamment vite ; cela a pris un an finalement.

Une partie des écarts de performance qu’on a vu sur la piste et à Sebring et puis en 2023, pour nous, il avait été assez clairement anticipé. Nous avons prévenu en amont qu’il y avait des différences de performance entre les deux montes de pneumatiques. Nous avons également sous-estimé la différence de performance entre les deux montes de pneumatiques. »

Au-delà de l’aileron arrière et de la dimension des pneumatiques, quelles sont les autres évolutions apportées à la Peugeot 9X8 ‘2024’ ?

« Nous avons dû alléger la voiture et déplacer autant de poids que possible vers l’arrière, ce qui a par ailleurs renforcé la fiabilité de certains composants, en particulier la transmission. Une nouvelle aérodynamique a été conçue pour s’adapter à ce changement de répartition des masses. Bien que la voiture ressemble beaucoup à l’ancienne version visuellement, une superposition des deux versions révèle que 95% des surfaces sont différentes. Nous avons cherché à préserver le style de la voiture qui a contribué à son succès, tout en conservant la structure de la coque. »

Est-ce que la voiture va faire un vrai bond en avant d’un point de vue des performances ?

« Il est encore trop tôt pour le dire. Il y a de nombreux facteurs en jeu, dont la performance brute sur un tour, la constance des relais et la gestion des pneus. Ce sont des aspects difficiles à mettre en exergue en essai.  Nous savons qu’il y a un écart de performance à combler, notamment face à Toyota, qui est notre point de comparaison depuis 2022. Mais nous sommes limités en essais, donc nous n’avons pas loisir de faire rouler une voiture 2023 contre une voiture 2024. Nous avons fait quelques essais pour nous rassurer au début, mais nous n’avons pas passé beaucoup de temps à comparer les deux voitures. Pour cette raison-là, ce serait du temps d’essai qu’on ne pourrait pas faire sur la voiture de 2024. »

Olivier Jansonnie (Peugeot) :

Avez-vous pu travailler sur les aspects qui pouvaient vous faire défaut, comme la vitesse de pointe par exemple ?

« Concernant la vitesse de pointe, nous avons constaté un déficit avant que notre puissance ne soit légèrement augmentée par rapport aux autres. Nous avons identifié la cause du problème et pensons l’avoir largement résolu. En ce qui concerne l’effet « déventage », c’est plus complexe. Nous observons des différences entre nos deux voitures, la voiture 2024 étant plus favorable à cet égard. Cependant, c’est très subjectif et nous n’avons pas d’éléments factuels pour le prouver. Tous les concurrents subissent une baisse de performance dans le sillage d’une autre voiture, mais nous n’avons pas réussi à démontrer que cela nous affecte plus que les autres. Contrairement à la vitesse de pointe, où le déficit était évident. »

Paul di Resta confiait que les sensations au volant étaient très différentes. Comment cela se matérialise techniquement ?

« Les pilotes vous disent ce que nous attendions. Plus de motricité en sortie de virages lents. Nous avons progressé sur tous nos points faibles. La question qui est derrière, celle-là, à savoir quelle est l’importance de nos progrès, il faudra effectivement, je pense, quelques courses pour y répondre. Il n’y a aucun doute qu’on va dans la bonne direction. Nous avions identifié que la monte de pneumatiques nous était défavorable, nous changeons de pneumatiques et nous retrouvons quelque chose d’un peu plus normal.

La voiture semble réagir comme nous l’espérions.

« Nous nous sommes immédiatement lancés dans des tests d’endurance avec cette nouvelle voiture, car nous n’avons pas vraiment le choix ; il faut valider avant Le Mans. Nous n’avons pas passé beaucoup de temps à faire du réglage. La voiture semble réagir comme nous l’espérions. Nous ne sommes pas particulièrement inquiets, nous pensons que nous réussirons à la régler. Nous avons encore beaucoup à apprendre, notamment sur les pneus. Nous nous rendons compte que les fenêtres de fonctionnement des pneus ne sont pas exactement les mêmes. Les températures de piste qui conviennent aux pneus médium, aux pneus hard, ne sont pas exactement les mêmes entre le 29/34 et le 31/31. Tout cela, pour nous, est à réapprendre. »

Les personnes qui ont pensé cette évolution sont-elles les mêmes personnes qui ont pensé la version 2022-2023 de la voiture ?

« Oui, majoritairement. Il était crucial pour nous de maintenir la continuité de notre travail. Bien que tout n’ait pas été parfait, l’humilité de notre équipe nous a permis d’évaluer objectivement nos réalisations et de chercher à progresser. Nous avons capitalisé sur ce que nous avons appris, de ce que nous avons fait, en bien et en moins bien. Nous avons également tiré des leçons de ce qu’on fait nos concurrents aussi. C’était important pour nous. »

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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