Oliver Jarvis a connu une belle saison 2023 en ELMS avec United Autosports, mais cette année, alors qu’il est en LMP2 Pro Am (Oreca n°21 avec Daniel Schneider et Andy Meyrick), c’est bien plus difficile. En parallèle, le Britannique roule sur la McLaren 720S GT3 n°9 de Pfaff Motorsports en compagnie de Marvin Kirchhöfer. Endurance24 a pu s’entretenir avec lui quelques jours avant qu’il ne s’envole pour Atlanta où se déroule Petit Le Mans ce week-end.
Quel est votre avis sur votre saison ELMS ? Compliqué ?
« Oui, l’année a été difficile. Nous n’avons pas obtenu les résultats que nous attendions (un seul podium). Il y a eu quelques problèmes en cours de route, mais nous espérions vraiment nous battre régulièrement pour les podiums et quelques victoires. Je n’étais pas à Spa, mais je sais que la course a été difficile pour l’équipe aussi. J’espère donc qu’en fin de saison, nous pourrons commencer un peu à remettre les choses en ordre. »
Comment avez-vous vécu la course du Mugello ?
« Une course vraiment difficile. Honnêtement, c’était une vraie inconnue au départ parce que la dégradation des pneus et le trafic étaient très élevés sur ce tracé. Lors des essais, il y a eu beaucoup de drapeaux jaunes, des rouges. Notre but était d’essayer de rester sur la piste, éviter les ennuis et espérer pouvoir préserver nos pneus jusqu’à la fin. Au final, avec les multiples incidents et les voitures de sécurité, la course a été compliquée à gérer pour tout le monde. La position sur la piste était essentielle car c’est un circuit où il est très difficile de dépasser. Nous étions sur le point de monter sur le podium dans les 30 dernières minutes, avant d’être dépassés lors du dernier arrêt au stand. La pilule est dure à avaler car le podium était si proche, mais j’attends avec impatience la dernière manche à Portimão pour tenter de décrocher le dernier podium de la saison. »

MPS Agency
Vous avez également un programme en IMSA avec McLaren. Comment cela se passe ?
« C’est très intéressant. C’est ma première année de course en GT en IMSA. Une saison très difficile pour l’équipe en général, tout simplement parce qu’il s’agit d’une toute nouvelle voiture après avoir longtemps couru avec Porsche. Ils ont reçu la McLaren à Daytona et nous n’avons pas fait une seule journée d’essais. Nous apprenons donc sur chaque circuit, mais nous sommes en retrait. Nous avons eu plusieurs podiums (actuellement 8e au championnat). Je pense que l’équipe fait un travail fantastique. Je n’aime pas dire que nous manquons de vitesse en ligne droite, ce qui est une discussion de BOP, mais sans cela, c’est difficile. Nous avons fait d’énormes progrès. C’est juste que nous n’avons pas encore les performances nécessaires. Nous avons donc probablement besoin d’un peu d’aide au niveau de la BOP. »
Comment se déroule votre première année avec cette voiture ? Qu’en pensez-vous ? Comment est-elle à piloter ?
« Je pense que la McLaren est une voiture géniale, honnêtement. Ce qui est vraiment bien, c’est que c’est une voiture de course et elle se pilote comme telle. Elle se comporte comme un prototype dans la façon dont vous la conduisez. Elle a une très bonne adhérence mécanique, est bien équilibrée à haute vitesse. Dans l’ensemble, c’est une très bonne voiture. Comme je l’ai dit, c’est la première année d’une équipe. À chaque course, nous progressons et améliorons la voiture. C’est juste difficile quand vous ne vous battez pas pour les victoires. »
La course la plus importante de cette fin de saison se profile à l’horizon. Comment pensez-vous que la McLaren 720S Evo se comportera à Petit Le Mans ?
« J’aime à penser qu’elle sera vraiment forte, en particulier dans les deux premiers secteurs avec les Esses entre autres. A partir de l’épingle à cheveux, la longue ligne droite qui suit pourrait être plus difficile, mais nous aurons une voiture bien équilibrée. Une course comme celle-là, d’Endurance, joue en notre faveur parce que elles sont plus longues, il se passe plus de choses. La stratégie entre en jeu, et c’est là que l’équipe est vraiment forte. Ce serait formidable de terminer la saison sur un podium. Une victoire est un rêve, mais un podium serait certainement une bonne chose. »

IMSA
Qu’en est-il de l’année prochaine ? Toujours avec United en LMP2 en ELMS ? Peut-être en IMSA pour continuer avec la McLaren ou dans quelques autres championnats ?
« Pour l’instant, je regarde ce qui se passe autour de moi. Je fais partie de United Autosports depuis de nombreuses années. J’aime cette équipe, nous avons d’excellentes relations. Alors bien sûr, il y a des discussions avec eux. Il en va de même pour l’IMSA où j’ai apprécié ma saison. Dans les deux prochains mois, les choses devraient être plus claires. »
Et revenir en WEC ?
« Ce n’est pas impossible. Difficile, mais pas impossible. J’aimerais bien. Le problème, c’est que j’aime tous les championnats : ELMS, l’IMSA, le WEC mais il faut choisir (rires). Dans un monde idéal, je les ferais tous, mais c’est difficile. Le calendrier est déjà très chargé avec l’IMSA, l’ELMS et Le Mans. Nous verrons bien. »
Avec une envie certainement d’être au Mans…
« Le Mans est toujours un moment fort. Que vous fassiez 100 courses ou une seule, Le Mans est toujours particulier. Alors bien sûr, je veux y retourner et défendre ma victoire, et je pense que j’y serai. »

MPS Agency
Le Mans 2024 reste un gros souvenir avec cette victoire en LMP2 !
« Tout à fait ! Quelle course ca a été ! C’était mon treizième Le Mans et aucune autre édition n’a été aussi difficile. Les conditions de piste changeaient constamment, mais nous avons fait une course vraiment solide, évité les ennuis et, surtout, sommes restés dans le tour de tête. Même lorsque nous étions en tête, je n’ai cru à la victoire qu’au milieu de mon dernier relais. Mes coéquipiers (Nolan Siegel et Bijoy Garg) faisaient leur début au Mans et ils repartent en vainqueurs. »
![[ENDURANCE24]LOGO_2021_RVB-3](http://endurance.pulsdev.fr/wp-content/uploads/2021/11/ENDURANCE24LOGO_2021_RVB-3.png)





