| 17 avril 2025 | par

Notre essai (presque) réel de la Peugeot 9X8

© Nico Deumille

Alors que l’équipe Peugeot TotalEnergies affine sa préparation pour les 6 Heures d’Imola, Endurance24 a eu le privilège rare de s’installer, le temps de quelques tours, dans le simulateur officiel de la 9X8. Une immersion unique, entre les sessions des pilotes titulaires Loïc Duval et Malthe Jakobsen.

C’est dans une salle feutrée, hautement confidentielle et baignée d’un calme studieux que débute notre expérience. Loïc Duval vient tout juste de conclure deux heures de roulage virtuel. Il quitte le cockpit pour un rapide débrief avec les ingénieurs et croise son jeune coéquipier Malthe Jakobsen, venu prendre le relais. Entre ces deux sessions officielles, un créneau s’ouvre. À notre tour.

Dès les premiers pas dans la pièce, un détail attire l’œil : l’absence de vérins hydrauliques. « C’est un choix volontaire, » nous explique un ingénieur. « Les mouvements artificiels peuvent parfois tromper les pilotes. Ici, on mise sur la fidélité du comportement dynamique plutôt que sur des sensations de mouvement approximatives. » Le simulateur est donc statique, un parti pris assumé par Peugeot Sport pour mieux coller aux réalités techniques de la 9X8.

Notre essai (presque) réel de la Peugeot 9X8

© André Ferreira / DPPI

Avant de rouler, encore faut-il… s’installer. Et c’est déjà une petite épreuve : espace confiné, position ultra basse, volant à dégager, jambes à enrouler. On comprend instantanément l’agilité des pilotes, capables d’entrer et de sortir de cet habitacle exigu avec une facilité déconcertante. Une fois installé dans le baquet et le casque audio sur les oreilles, la communication se fait directement avec l’ingénieur en charge de la session. Derniers conseils, puis lancement du roulage.

Premier objectif : ne pas caler. Palette d’embrayage à droite, passage de la première, dosage de l’accélérateur… Ça y est, l’Hypercar s’élance lentement et plafonne à 60 km/h dans la voie des stands. Une fois la ligne de sortie franchie, je désactive le pit limiter situé en haut à droite du volant. Instantanément, le V6 bi-turbo libère toute sa puissance sur l’Autodromo Enzo e Dino Ferrari.

Premier freinage. Pas question d’effleurer la pédale : il faut appuyer fort, très fort, sur une course ultra courte. L’effort est physique, et la précision impérative. Très vite, je réalise que l’énorme pare-brise et ses arches structurelles limitent le champ de vision. Il faut éduquer son regard, anticiper les points de corde avec encore plus de rigueur.

Notre essai (presque) réel de la Peugeot 9X8

© MPS Agency

Même sans les effets de roulis, la sensation de masse de la 9X8 se fait sentir. La direction est ferme, exigeante, engageante. Chaque virage demande de l’attention, chaque erreur coûte cher. Pourtant, au fil des courbes, un certain naturel s’installe. On ressent l’équilibre, la stabilité en appui, la précision de l’ensemble. Et on devine ce que ces sensations deviendraient à 300 km/h, dans le vacarme, la chaleur et les vibrations d’un relais en course.

Le ressenti est d’autant plus marquant que l’on sait où l’on est : dans le simulateur officiel, celui-là même utilisé par les six pilotes titulaires, et quelques minutes plus tôt par Loïc Duval. Une machine d’ingénierie et de simulation, calibrée pour l’élite, et dont la complexité nous dépasse… tout en nous fascinant.

Une poignée de tours plus tard, difficile de sortir. Littéralement. On peine à se hisser hors du cockpit, et symboliquement : on quitterait bien moins vite cet univers pour prolonger encore un peu ce moment de pure immersion. Le mot qui reste en tête ? Impressionnant.

Par Victor Meganck.

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