Du haut de ses 41 ans, Nicolas Prost n’a pas l’intention de raccrocher le casque et repart pour une nouvelle saison en sport automobile. Le double vice-champion de France GT en titre a donc une revanche à prendre… Entretien au long cours à l’aube de sa nouvelle saison dans l’Hexagone, en GT4.
La décision de rempiler en Championnat de France FFSA GT n’a-t-elle pas été difficile à prendre après la déception vécue en fin de saison, avec ce titre qui vous a échappé ?
« Le dernier week-end au Castellet a pas mal pesé dans certains esprits. Nous nous sommes posés la question de savoir si nous repartions pour une nouvelle saison ou pas. L’opportunité de faire ce programme s’est ensuite présentée. On verra, l’avenir nous dira si c’était un bon choix. On y croit et on va essayer de faire le maximum avec le nouveau matériel. »
Vous n’avez donc pas hésité trop longtemps avant d’y retourner ?
« Même si c’était un titre de vice-champion de France, il a laissé un goût amer donc il y avait clairement l’intention d’y retourner. Nous sommes un peu courts en termes de préparation avant le début de la saison, mais on va mettre tout ce qu’on peut dans la bataille. Je pense que nous sommes aussi intelligents pour arriver à très rapidement marquer des gros points. La seule catégorie où je n’ai pas de titre, c’est le GT. J’aimerais bien arriver ! »

© Nico Deumille
Parlons justement de ce nouveau matériel. Vous passez de l’Alpine A110 GT4 à la Porsche 718 Cayman GT4 RS Clubsport que vous avez découvert au Castellet, à l’occasion de la manche d’ouverture de l’Ultimate Cup Series. Qu’en pensez-vous ?
« J’ai trouvé ça plutôt bien. Ce n’est pas très différent de l’Alpine. Certes, la Porsche est clairement un peu plus lourde, mais le moteur est bon. Au bout du compte, il y a la BoP qui rentre en compte et toutes les voitures ont leur chance. Je suis agréablement surpris au premier abord. Je m’attendais à quelque chose de plus lourd en termes de sensations. »
Certes, la voiture est différente, mais l’environnement demeure inchangé ?
« Je n’aurais pas continué sans Rudy (Servol, son coéquipier. Ndlr), et même Charly (Bourachot, team principal de CMR. Ndlr). Il y a eu la volonté de partir faire autre chose à un moment donné, mais nous avons décidé de repartir tous ensemble en Championnat de France FFSA GT. »
© Nico Deumille
Il était question il y a encore quelques semaines, de vous voir de retour au volant d’un sport-prototype en Ultimate Cup Series. Qu’en est-il aujourd’hui ?
« Nous avons étudié ensemble, avec CMR, la piste Nova Proto NP02 en Ultimate Cup Series, mais aussi d’autres pistes. C’est en attente pour cette année. On ne sait jamais ce qui peut se passer, mais il y a différents aspects qui entrent en compte comme la disponibilité de la voiture. Par contre, cela reste dans ma tête pour le futur. J’ai un neveu qui roule en Ultimate Cup (Gaspard Le Gallais. Ndlr), donc on peut imaginer des choses à faire ensemble dans le futur. »

© Nico Deumille
On pourrait donc vous revoir un jour au volant d’un proto ?
« J’ai fini ma carrière en prototype avec un titre en LMP2, mais ce n’est pas impossible. Je ne sais pas si je courrais encore 10 ans. Je suis revenu en monoplace et c’était une superbe expérience, et peut-être que revenir faire du proto, c’est quand même une grande partie de ma vie et de ma carrière, cela me ferait plaisir. »
Après vos deux titres de champion F3R en Ultimate Cup Series, la monoplace est désormais derrière vous ?
« J’ai déjà cru cela en 2009 quand l’A1 Grand Prix s’est terminé, puis en 2013 quand j’ai arrêté la F1, puis en 2018 quand j’ai arrêté la FE… Et pour le moment, après ces deux titres en F3R, je crois que c’est terminé. Honnêtement, c’est toujours ce qui me fait le plus rêver alors qui sait. Je remonterai peut-être un jour dedans. »
La retraite n’est pas encore pour tout de suite ?
« Le plus important est de rester affuté et de rester en forme. Je crois avoir gagné plus de 20 courses ces deux dernières années, deux titres de champion et deux titres de vice-champion. Si je retourne sonner aux portes, je me dis que je n’ai pas trop vieilli (sourire). Rien ne m’oblige encore à faire du sport auto, à part l’envie de gagner. Je n’ai aucune envie de rouler si je n’ai pas des chances de gagner, c’est une certitude. Cela m’énerve encore plus qu’à l’époque (sourire). Le niveau de compétition dans ma tête n’a pas baissé. Plus sérieusement, je ne fais ça que par plaisir et pour gagner. C’est pour ça que je privilégierai toujours d’être dans une équipe, ou un programme, qui me permet de gagner, plutôt qu’un plus gros programme, sans aucune chance de l’emporter. En tout cas, j’aimerais beaucoup rouler à nouveau aux Etats-Unis. »
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