| 31 août 2023 | par

Nico Pino (Duqueine Team) : « La course automobile n’est pas très répandue au Chili »

Nicolás « Nico » Pino est l’un des hommes forts du plateau LMP2 cette saison. Ce pilote, né le 21 septembre 2004 à Santiago au Chili, est actuellement engagé chez Duqueine Team (Oreca 07 n°30) et a terminé 3e de ses premières 24 Heures du Mans en LMP2 cette année. Assez méconnu, Endurance24 a voulu en savoir plus sur ce talentueux pilote.

Le Chilien a débuté sa carrière de pilote de karting à l’âge de 8 ans à Santiago du Chili, et ce jusqu’à l’âge de 13 ans où il a commencé à courir sur la scène européenne et mondiale du karting. Avant de passer en Endurance, Nico Pino est évidemment passé par la case monoplace en Championnat d’Asie du Sud-Est de Formule 4 puis de Grande Bretagne. « J’ai commencé quand j’avais 15 ans en F4 puis le Covid est arrivé. J’ai dû arrêter pendant un an. Ensuite, bien sûr, les temps ont été durs, j’ai perdu mes sponsors, les courses sont coûteuses, alors je n’ai pas pu courir pendant une nouvelle année. Lorsque j’ai eu les moyens de revenir et de faire quelques courses, j’ai çà nouveau roulé en F4 et fait quelques courses en Euro Formula 3. En même temps, j’ai fait du prototype. Nous avons essayé les différentes disciplines et finalement, nous avons vu que la meilleure option était d’entrer en LMP3 l’année suivante, pour être dans une position compétitive et aussi me développer en tant que pilote. »

En 2021, Nico Pino fait ses débuts en Endurance en rejoignant l’écurie polonaise Inter Europol Competition afin de participer aux deux dernières manches en ELMS au volant d’une Ligier JS P320. « En 2021, j’ai fait deux courses en LMP3, c’était déjà prometteur. Nous avons décidé de continuer avec Inter Europol la saison suivante toujours en ELMS (avec Ghuilerme Oliveira and Charles Crews). Nous avons commencé en retrait, puis nous avons lentement progressé, pour finalement remporter trois victoires consécutives et terminer 2e du championnat, perdant le titre lors de la dernière course. » La même année, il rejoint l’équipe Performance Tech Motorsports afin de participer aux Rolex 24 Heures de Daytona.

ELMS 2022 / © MPS Agency

Cette année, « je suis toujours en LMP3 en IMSA et je participe à la série ELMS en LMP2, ainsi qu’au Mans avec Duqueine Team. Bien sûr, il y a des différences entre une LMP2 et une LMP3 en termes d’équilibre, d’aérodynamisme, de puissance, mais il s’agit toujours de prototypes. Je dirais que la principale différence réside dans l’aéro et la gestion des pneus, mais cela reste est très similaire. C’est une voiture agréable à conduire. »

2023 a marqué sa toute première participation aux 24 Heures du Mans. Il était, comme en ELMS, accompagné par René Binder et le vainqueur des 24 Heures du Mans en LMP1 (2016), Neel Jani. « L’année dernière, j’ai fait Road to Le Mans avec RLR pour préparer les 24 Heures du Mans car c’était déjà mon objectif. C’est un événement énorme, l’un des meilleurs au monde, c’est fantastique, l’atmosphère, la qualité de l’événement et le niveau LMP2 est l’un des plus compétitifs aujourd’hui. C’est une bonne chose d’être monté sur le podium pour la première fois, mais nous voulons aller plus loin. A un moment donné, nous menions la course mais avons eu deux crevaisons qui nous ont fait reculer. Nous finissions 3e, c’est bien, mais il y a encore beaucoup de choses à améliorer et à espérer. »

Venant d’un pays d’Amérique du Sud, il était interessant de savoir comment les 24 Heures du Mans étaient suivies chez lui. « La course automobile n’est généralement pas très répandue au Chili, ce n’est pas populaire. Le Mans a cependant été très médiatisée une fois qu’elle s’est terminée, principalement sur les réseaux sociaux, donc pas mal de personnes ont suivi. Il y a donc eu beaucoup de répercussions après la course, même si ce n’est pas une discipline très connue au Chili. Dans mon pays, c’est surtout le football, la course automobile en général n’est pas très connue aujourd’hui. Il y a la Formule 1 grâce à la série Netflix « Drive to survive », mais il n’y a toujours pas de culture de la course, ni de nombreux pratiquants. »

Le Mans 2023 / © MPS Agency

Neel Jani est certainement pour beaucoup dans l’évolution du jeune homme de 18 ans en LMP2. L’ancien lauréat du Mans 2016 le conseille… « Je dirais que Neel et René m’aident beaucoup grâce à leur expérience. Bien sûr, ils pilotent différentes voitures depuis des années et ont plus du double de mon expérience. Cela a une grande influence, je regarde les données, je vois comment ils travaillent, comment ils donnent leur avis, tous ces détails m’aident à comprendre comment me comporter avec la voiture, comment donner un bon retour d’informations aux ingénieurs et différentes choses qui nous permettent globalement d’aller plus vite pendant les week-ends. C’est ce que l’on peut voir petit à petit dans chaque course que nous faisons. »

Après deux 2e places lors des deux premières manches ELMS à Barcelone et au Castellet, ces deux résultats ont aiguisé les appétits. Malgré une course plus compliquée à Aragon, mais avec un leadership conservé au classement LMP2, le titre est donc dans le viseur du Chilien. « En général, il faut se concentrer sur le championnat, essayer de faire de son mieux et tirer le maximum de la voiture. Bien sûr, je dois continuer à apprendre avec les ingénieurs. Cette année, ils sont très performants, tout le monde est très motivé. L’objectif final, bien sûr, est de remporter le championnat, de gagner toutes les courses, mais aussi se développer en tant qu’équipe pour continuer à s’améliorer tour après tour et essayer de creuser l’écart avec les autres. »

© MPS Agency

Classé actuellement Silver, Nico Pino, de par son talent, ne devrait pas le rester longtemps. Neel Jani nous le confirmait d’ailleurs il y a peu de temps. « En ELMS, nous avons une très bonne équipe et un bon trio » déclarait au Mans le Suisse. « René (Binder), il ne faut pas lui expliquer comment fonctionne une LMP2 et Nicolas (Pino) est un super Silver qui ne va pas être longtemps avec ce statut. Nous visons clairement le titre…» Le Sud-américain va donc attiser les convoitises et on devrait vite de le revoir encore plus haut en 2024 « Cela dépend, je dirais qu’il est encore trop tôt pour le dire. Nous explorons différentes possibilités dans certaines séries et nous verrons où cela nous mènera. »

© MPS Agency

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