Son nom ne vous est certainement pas inconnu. Et pour cause, Nelson Panciatici s’est fait un nom en endurance avec notamment un double titre European Le Mans Series, avec Signatech Alpine, en 2013 et 2014. Une décennie s’est écoulée depuis, mais c’est bel et bien bien au volant d’une Alpine qu’on le retrouve cette saison en Championnat de France FFSA GT.
A l’occasion du 10e anniversaire de ce sacre sur la scène européenne qui a permis à la firme au A fléché d’ouvrir un nouveau chapitre en endurance, nous sommes allés à la rencontre du Rémois pour parler de son programme en GT4, mais aussi de ses envies de revenir en proto.
Quelles ont été vos motivations pour monter ce programme en FFSA GT ?
J’avais envie de revenir un petit peu, parce que ça faisait 10 ans qu’on avait gagné le titre en ELMS avec Alpine, en LMP2. Donc, je me suis dit que ça aurait été sympa de revenir sur une Alpine après 10 ans. C’est pour ça que je voulais revenir en GT4, parce que c’est là où elles sont. Avec l’aide du studio Alpine et du centre de Nice, on a pu monter le programme. C’était sympa. Puis revenir avec CMR aussi, parce qu’on avait connu de belles années avec la Bentley. L’année dernière, j’avais dû aller dans une autre team, mais j’avais envie de revenir avec eux.

© Nico Deumille
Rouler au volant d’une Alpine A110 GT4 était donc une évidence pour vous ?
Oui, parce que j’ai roulé six, sept ans avec Alpine dans LMP2. J’ai aussi fait le développement de la GT4 et j’ai réalisé les premiers tours de roues de la voiture. Si je faisais du GT4, c’était vraiment pour le faire avec une Alpine. C’est pour ça que je suis content d’être là aujourd’hui.
Quels sont vos objectifs ? Le titre en Silver Cup ?
On était bien partis pour jouer le titre lors des deux premières courses à Nogaro. C’est un peu plus compliqué depuis deux meetings, mais après, la saison est longue, on va faire le maximum. Cependant, il faut gérer les histoires de BoP. On a eu un petit abandon sur problème mécanique à Magny-Cours… Il faut qu’on arrive à refaire un week-end complet comme on a fait à Nogaro pour se relancer. Le titre va être compliqué à aller chercher, car les pilotes de la Toyota (n°9 de Matmut Evolution, en tête du championnat), sont quand même réguliers.
Comment est à conduire cette Alpine GT4 ?
Moi, j’aime bien parce que je trouve qu’on peut quand même attaquer. C’est une voiture qui n’est pas trop aseptisée. J’ai pu rouler dans la Toyota où je trouve qu’on prenait moins de plaisir dans une Alpine. Une Alpine, c’est léger, on peut rouler un peu plus à l’attaque et ça me plaît. Par rapport à certaines voitures GT où il faut toujours en laisser un petit peu, je trouve. Je prends beaucoup de plaisir à rouler dedans.

© MPS Agency
Depuis 2013 et ce titre en ELMS, quel regard portez-vous sur l’évolution de votre carrière ?
Ça fait 10 ans qu’on a gagné le premier titre. On en a regagné un, on a fait le championnat du monde, des victoires. Les podiums, ça a été une belle période avec Alpine pendant six, cinq, jusqu’à 2017. C’est vrai qu’après 2017 où on a fait un podium au Mans et quatrième au général avec une LMP2, je pensais que ça allait continuer avec Alpine. Malheureusement, des fois, des pilotes arrivent avec du budget, donc ça n’a pas pu continuer en 2018. Mais après, j’étais content parce que j’ai pu essayer les États-Unis. L’IMSA a été une expérience super. Mais c’est vrai que j’aurais aimé rester en LMP2. J’ai dû partir en GT3. J’ai adoré aussi, c’était sympa. C’était vraiment une belle catégorie, mais c’est vrai que les 24 Heures du Mans, c’est une course à part. Vraiment, pour avoir fait Le Mans en LMP2 et les 24 Heures de Spa, sportivement, c’est aussi dur à l’un que l’autre, Spa l’est peut-être un peu plus parce qu’il y a plus de voitures pour gagner. Mais Le Mans, ça reste une course mythique. J’aimerais bien le refaire. Je les ai regardées cette année, ça m’a donné envie de les refaire. J’aimerais bien revenir pour refaire une course en proto au Mans. Ce serait vraiment un objectif de revenir dans les trois ou quatre prochaines années.
Entre temps, depuis 2018, vous avez tout de même fait une pige en FIA WEC avec ARC Bratislava… Cela ne vous a pas ouvert de nouvelles portes ?
Oui, c’est vrai que fin 2021, j’ai eu l’opportunité de rouler en LMP2 en WEC. Ce sont les voitures que j’aime. On peut vraiment pousser. Donc, pourquoi pas revenir ? Après, c’est compliqué au niveau du budget, donc il faut essayer de voir les opportunités. Mais oui, revenir en LMP2, ça me plairait. En proto, si c’est vraiment des belles voitures. On prend vraiment du plaisir.

© Nico Deumille
On imagine que les choses étaient plus simples dix ans plus tôt, avec des budgets bien moins élevés ?
Oui, je pense que c’était plus simple parce qu’il y a dix ans, il y avait plus d’opportunités, parce qu’il y avait moins de pilotes qui amenaient beaucoup de budget comme en ce moment. Le truc, c’est qu’il y a des pilotes qui arrivent de la monoplace, qui payent des fortunes, et pour qui c’est donc beaucoup moins cher. Les budgets, ils ont explosé. C’est vrai que ça devient plus compliqué, mais on ne sait jamais. Depuis 2018, 2019, c’est devenu très cher.
Outre le proto, gardez-vous un œil sur le GT3 ?
Spa, c’est une course top. Je l’ai adorée. Et puis, en GT3, il y a un niveau de fou. C’est toujours pareil, c’est pour faire le GT3 et le faire sans faire d’essai. Parce qu’on est limite niveau budget, je préfère faire le GT4 et bien le faire avec des essais dans les bonnes conditions parce qu’on va se battre contre des mecs qui font le championnat d’Angleterre, le championnat d’Europe, le sprint etc. Toi, tu arrives, tu n’as pas fait d’essai, tu cours toujours après le temps. Si je le fais, si je reviens en GT3 ou en LMP2, c’est pour vraiment bien le faire et être bien préparé. Mais oui, si j’ai l’opportunité, j’aimerais bien refaire du GT3.
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