| 21 août 2023 | par

Nathanaël Berthon : « Je reviens dans le match et ça fait plaisir ! »

© Nico Deumille

Après l’arrêt du WTCR à la fin de l’année 2022, Nathanaël Berthon (34 ans) a rapidement dû rebondir pour la saison 2023. C’est donc vers l’Endurance, qu’il a découvert en 2014 avant une parenthèse en voiture de tourisme, que le Clermontois s’est naturellement tourné avec un programme à plein temps en European Le Mans Series chez DKR Engineering, et deux piges « surprises » chez Glickenhaus, en Hypercar, aux 24 Heures du Mans et aux 6 Heures de Monza.

Nathanaël Berthon s’est donc retrouvé aux côtés de Franck Mailleux et d’Esteban Gutierrez sur la deuxième 007 LMH de la marque américaine, disputant ainsi le double tour d’horloge sarthois pour la huitième fois de sa carrière. « Les 24 Heures du Mans se sont plutôt bien passées. C’était une édition compliquée avec la pluie notamment. En plus, pour ma part, j’ai eu le relais de nuit au moment où il y a eu l’averse, » se rappelle celui qui est toujours le détenteur du record du tour en course au volant d’une LMP2 (2018). « C’était costaud ! Mais franchement, je m’en suis bien tiré, je suis content. J’ai fait vraiment des relais solides, mais on a commis quelques erreurs quand même. Sinon, franchement, je pense qu’on aurait été vraiment bien classé. On termine 6e et 7e avec l’équipe, ce qui est plutôt très honorable parce qu’on finit devant Porsche et Peugeot, malgré tout. »

Nathanaël Berthon :

© Nico Deumille

Malgré son expérience en LMP1, et plus globalement en sport-prototype, ce n’est qu’à la Journée Test qu’il a pu apprivoiser sa nouvelle monture. « C’est complètement différent d’une LMP2, par exemple, ou même d’une LMP1 à l’époque avec Rebellion. La voiture est assez lourde, il y a un peu moins d’aéro. La puissance est plutôt bonne, mais dans l’ensemble, la Glickenhaus est assez sympa à rouler, honnêtement. Il nous manque de la performance pure, mais elle est quand même bien née. C’est assez plaisant à rouler. Il y a pas mal de place dans le cockpit, donc pour moi, c’est bien. Ça change un peu. Je suis juste très content que Glickenhaus m’ait donné ma chance pour ces deux courses. »

Fort d’une belle prestation en Sarthe, Jim Glickenhaus a en effet décidé de lui renouveler sa confiance pour les 6 Heures de Monza, cette fois-ci aux côtés de ses compatriotes Romain Dumas et Olivier Pla. « Franchement, c’était très cool aussi Monza. Je pense qu’il nous manquait une bonne seconde si on avait envie de se battre pour un beau résultat. Mais on a fait une course sans erreurs. On a perdu un peu de temps avec un Safety Car, mais on en a aussi gagné avec un autre. Je pense qu’on était à notre place (8eà l’arrivée de la course. Ndlr). Et je suis assez content encore de ma prestation. D’un point de vue personnel, je reviens dans le match et ça fait plaisir. »

© MPS Agency

La suite de l’aventure Hypercar pour le pilote tricolore dépend également des décisions de Jim Glickenhaus dont l’équipe ne disputera pas les 6 Heures de Fuji, mais ce dernier n’a pas fermé la porte pour les 8 Heures de Bahreïn en fin de saison. « J’espère continuer avec eux. Je pense qu’ils vont faire tout ce qu’ils peuvent pour être présents à Bahreïn. Je pense que l’équipe va aussi faire en sorte d’être présente sur la grille l’année prochaine. En tout cas, c’est le souhait de Jim. Ce n’est pas moi le décideur. En tout cas, j’espère que si jamais ils continuent, ils me garderont. Parce que moi, je me sens bien dans l’équipe. »

En attendant de connaître son avenir avec Glickenhaus, Nathanaël Berthon va poursuivre la saison européenne dès le week-end prochain, à Aragon, sur l’Oreca 07 LMP2 de l’écurie luxembourgeoise DKR Engineering qu’il a rejoint à la dernière minute en début d’année. « Cela s’est fait un peu à la dernière minute. Je me suis très tardivement, dans l’hiver, retrouvé sans volant. Tous les équipages, toutes les équipes étaient presque au complet. Mais chez DKR Engineering, il restait encore une petite place. J’ai dit oui tout de suite, bien sûr. Et puis ça permet de rouler, de se remettre en jambe qui plus est avec un équipage vraiment cool. Tom (van Rompuy), notre pilote bronze, est un mec extra. Seb (Sebastian Alvarez), c’est un petit jeune qui va bien aussi, qui met du gaz. Le line-up est bon et on s’entend vraiment bien. On essaie de développer un petit peu la voiture comme on peut, mais les deux premières épreuves à Barcelone et au Castellet ont été compliquées. »

Le trio de Racing Team Turkey est invaincu dans la catégorie LMP2 Pro-Am jusque-là. Derrière, la lutte est bien plus ouverte d’autant plus avec trois courses encore à disputer. « Il nous manque encore un petit peu, je pense. Encore une fois, je pense qu’on a une line-up assez homogène au rapport au niveau général en Pro-Am. Et ça, c’est important. L’équipe, en termes de stratégie, est bonne en général. Et après, il faudrait qu’on améliore un tout petit peu notre vitesse de pointe, mais ça vient petit à petit. Je suis assez confiant pour la suite. »

Nathanaël Berthon sait d’ailleurs quelle suite il veut donner à sa carrière et espère bien pouvoir capitaliser sur les expériences vécues cette année. « J’ai envie de rester en Hypercar parce que je me sens bien. Je pense avoir l’âge parfait pour Le Mans. Et puis, je commence à avoir pas mal d’expérience au Mans avec huit participations. Jusqu’à présent, et je touche du bois, je n’ai jamais mis la voiture dehors. Je n’ai pas fait beaucoup d’erreurs, voire peu. C’était souvent assez rapide, surtout en LMP2. J’ai toujours le record du circuit en course, donc ça, c’est très cool. Je pense que j’ai encore des belles années, j’espère, en WEC, au Mans. Et puis l’Hypercar, c’est tellement beau quand on voit tout le plateau qu’il y a, que ce soit les équipes, les constructeurs, les pilotes. C’est beau à voir. Là, à Monza, on a vu l’engouement en plus du public qui revient. Ça fait vraiment plaisir à voir. Donc j’aimerais beaucoup en faire partie et puis, si possible, être dans une équipe qui permette de jouer quelque chose. Mais c’est vrai que pour l’année prochaine, j’aimerais bien quelque chose avec une équipe qui vient d’arriver ou peut-être renforcer une équipe déjà présente. La porte est ouverte et j’espère qu’il y a un constructeur qui m’accordera sa confiance. »

Propos recueillis par David Bristol.

 

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club
À propos de l'auteur, Florian Defet

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