| 17 mai 2023 | par

Michael Christensen (Porsche) : « J’espère vraiment que nous pourrons nous battre à l’avant au Mans ! »

© Porsche

Michael Christensen, tout comme l’un de ses coéquipiers, Fred Makowiecki, roule désormais en Hypercar après avoir écumé les pelotons de GTE et GT3 (Dane Cameron est le 3e homme). Investi dans le programme Porsche 963, le pilote de 32 ans démarre une sorte une 2e carrière au sein de la marque allemande. Après des débuts difficiles pour cette nouvelle auto, les premiers résultats commencent à venir en IMSA et en WEC. Avant le Mans, Endurance24 fait le point avec le Champion du monde GTE Pro 2018/2019 et vainqueur des 24 Heures du Mans en 2018. 

Après trois courses disputées en WEC (5e à Sebring, 10e à Portimao et 4e à Spa) sur la Porsche 963 n°5, Michael Christensen dresse un premier bilan réaliste avant les 24 Heures du Mans. « Ces trois premières courses ont été dures et difficiles. Nous voulons être plus proches de la tête, c’est certain. Cela dit, nous avons appris et progressé. Nous avons été meilleurs à Portimao qu’à Sebring. A Spa, nous avons fait du bon travail en tant qu’équipe. L’équilibre de notre voiture était nettement meilleur et notre rythme plus rapide. C’est bien mieux et sommes maintenant en lutte au milieu du peloton, c’est positif. Mais il est certain que nous ne sommes pas encore là où nous voulons être, le but est d’être beaucoup plus proches des meilleurs. Mais c’est difficile, nous apprenons et allons dans la bonne direction. »

Il en manque clairement par rapport à Toyota et même Ferrari, mais Porsche est maintenant revenue à hauteur de Cadillac. Mais que manque-t-il encore aux 963 pour pouvoir prétendre à la victoire ? « Pour l’instant, nous devons voir comment nous pouvons apprendre la voiture. Je pense que nous ne la comprenons pas encore à 100 %. Nous devons améliorer la linéarité à haute vitesse, à moyenne vitesse et à basse vitesse. Il y a là quelque chose qui aidera le pneu à s’adapter et ca fera effet boule de neige. »

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Mais le temps presse, la grande course arrive, les 24 Heures du Mans et son centenaire, épreuve qui reste l’objectif de la marque allemande qui alignera trois 963 officielles plus la 963 de Hertz Team Jota. L’équipe prépare la grande course. « Nous avons quelques tests de prévu, mais, pour ma part, je dois aussi disputer les 24 Heures du Nürburgring (20 et 21 mai) et donc faire de nombreux allers-retours. Mais il y aura pas mal de travail accompli avant Le Mans, pas seulement dans la LMDH, mais aussi au niveau du simulateur. »

Porsche est détentrice du record des victoires en Sarthe (19) et on imagine facilement que l’ogre allemand a envie d’en ajouter une 20e à son actif, surtout en cette année de Centenaire ! « L’objectif est de gagner, c’est toujours comme ça. Mais qu’est-ce qui est réaliste ? Pour être honnête, je pense que nous ne le saurons pas avant d’y être, je pense même que personne ne le sait vraiment. Tout le monde a une nouvelle voiture, à part Glickenhaus. Nous ne savons donc pas vraiment à quoi nous attendre. De plus, il y a toutes ces longues lignes droites, c’est le circuit le plus rapide de la saison avec une vitesse de pointe d’un peu plus de 300, je pense pour le moment, ce qui est très loin de ce que nous avions au Mans auparavant (en LMP1, ndlr). C’est un peu une inconnue, je dois dire, à propos de cette vitesse, mais il peut y avoir aussi d’autres problèmes sur certaines voitures, je n’en sais rien. J’espère vraiment que nous pourrons nous battre à l’avant ! »

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Comme le pilote danois l’a précisé, il va aussi avoir une autre course avant, celle des 24 Heures du Nürburgring où il sera de retour dans une 911 GT3 R. Mais passer de cette GT à sa 963 ne semble pas lui poser de gros soucis. « Je viens de faire une nouvelle course avec la GT 3 R le week-end dernier (avant Spa, ndlr). Pour être honnête, je n’ai pas eu l’impression de changer grand-chose. Bien sûr, il faut faire quelques tours pour s’imprégner de l’environnement et de tout ce qui s’y passe. Ce qui est bien dans une carrière chez Porsche, c’est que vous conduisez différentes voitures, participez au développement des pneus, de la voiture, à des choses innovantes. Vous êtes toujours dans un nouvel environnement, une nouvelle voiture, un nouveau circuit, peu importe. Cela vous donne une sorte de grande boîte à outils qui vous permet de vous lancer dans quelque chose de neuf et de vous y adapter rapidement. Bien sûr, vous pouvez être un peu à côté du rythme au début, mais c’est là que vous commencez à peaufiner. Donc passer d’une Hypercar à une GT et inversement ne me gêne pas. Cependant, je pense que ce n’est pas quelque chose que j’aimerais faire tout au long de l’année parce que je veux me concentrer sur ce programme Hypercar. Mais pour un événement unique, surtout pour Nurburgring, un endroit spécial, c’est peut-être un peu plus facile. »

Une chose est certaine : Porsche ne lâchera rien jusqu’à la fin de l’année pour se rapprocher des meilleures Hypercars. La synergie entre les équipes IMSA et WEC devrait d’ailleurs aider à combler l’écart. « Entre les deux équipes Penske Motorsports IMSA et WEC, nous sommes totalement ouverts sur tout. Nous savons tout ce qui se passe là-bas et vice-versa et c’est une très bonne chose. Bien sûr, il y a des différences entre les circuits surtout avec ceux des États-Unis qui sont très particuliers. Long Beach est difficilement comparable à Spa, par exemple, mais nous essayons d’apprendre les uns des autres. »

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La victoire à Long Beach en IMSA ainsi que la 2e place le week-end dernier à Laguna Seca donnent en tout cas du baume au cœur des membres des équipes Porsche et des pilotes comme il le confirme. « Le fait d’avoir gagné à Long Beach est vraiment une bonne chose pour le programme, c’est une source de motivation pour l’équipe, qui a travaillé très dur pendant un an et demi. C’est une belle récompense. D’une part, il y a le pilote, d’autre part, il y a l’équipe qui est sur la piste jusqu’à 15 ou 16 heures tous les jours. C’est bon pour la motivation, bon pour l’esprit de l’équipe, mais nous devons encore être plus rapides. »

Passionné de sport automobile et plus particulièrement d'Endurance, j'assiste aux 24 Heures du Mans depuis 1980 et suis accrédité depuis 2008. Je me rends régulièrement sur les plus beaux circuits européens et mondiaux. J'ai écrit pour de nombreux médias sport auto et collabore depuis quelques mois avec Endurance24
À propos de l'auteur, David Bristol

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