À 20 ans, le vice-champion en titre de la Porsche Carrera Cup France aborde une saison charnière en European Le Mans Series, propulsé par Genesis Magma Racing au sein du Trajectory Program.
Pour ce jeune pilote originaire de Salon-de-Provence, 2025 marque une année charnière de sa carrière en sport automobile. Découvert en sport-prototype (CN) en 2022 chez ANS Motorsport, Mathys Jaubert s’apprête, trois ans plus tard, à faire ses grands débuts en LMP2 lors des 4 Heures de Barcelone, première manche de l’European Le Mans Series. Une trajectoire fulgurante, mais patiemment construite, qui l’amène aujourd’hui dans le giron de Genesis Magma Racing grâce au « Trajectory Program » lancé par le constructeur du groupe Hyundai.
« C’est juste exceptionnel, je pense. Tout s’est aligné dans le bon sens, comme je l’aurais rêvé, » s’est confié le jeune Salonais à Endurance24. « Depuis mes débuts en Caterham, où c’était déjà difficile de réunir un budget, jusqu’à devenir pilote junior Porsche en Carrera Cup France (en 2023. Ndlr), et maintenant intégrer ce programme chez Hyundai… C’est incroyable. »
Une opportunité née grâce à IDEC
Tout s’est dessiné à l’automne dernier, avec le soutien précieux d’IDEC Sport, déjà partenaire de longue date du pilote. « Patrice Lafargue et IDEC me soutiennent depuis deux ans maintenant. C’est eux qui m’ont mis en relation avec Genesis. Genesis cherchait des pilotes jeunes, presque à former depuis zéro, avec un vrai potentiel d’évolution. Mon profil collait. C’est Nicolas Minassian qui a parlé de moi à Cyril Abiteboul. Et ça a tout de suite matché. »

© Nico Deumille
S’il court cette saison sous les couleurs d’IDEC Sport, Mathys sait qu’il est désormais observé de près par la structure coréenne, en prévision de son arrivée en Hypercar en 2026. « Pour l’instant, on est vraiment des pilotes IDEC Sport. Genesis nous apporte un soutien financier, médiatique, et un encadrement. On croise certains ingénieurs ou mécaniciens venus de chez Hyundai. Ils partent quasiment de zéro sur circuit, et faire partie des premiers pilotes, c’est juste génial. »
Trois rookies, mais de grandes ambitions
Mathys aborde cette campagne ELMS avec enthousiasme, mais aussi lucidité. Aux côtés de Jamie Chadwick et Daniel Juncadella, eux aussi membres du programme Genesis, il forme un trio atypique mais complémentaire.
« On est un peu les outsiders cette saison. On est trois rookies, deux Silver dans l’équipage, ce qui est rare. D’habitude, c’est un Silver et deux pros. Mais Jamie est super rapide, elle a beaucoup roulé. Dani, lui, a été dans le rythme tout de suite au Castellet. Et moi, je me sens bien dans la voiture. Jamie a pu faire six jours, Dani seulement deux, et moi quatre. On a roulé ensemble deux jours : deux au Castellet, un à Barcelone avec Jamie. Ce n’est pas énorme, mais on a su créer une vraie cohésion. »
L’objectif est clair pour cette première saison : « On vise un top 5 au championnat. Ce serait déjà une belle performance pour une première saison avec un trio aussi jeune. »
Une adaptation rapide à la LMP2
Les premiers essais ont confirmé une prise en main rapide de la LMP2. « Franchement, c’est une voiture facile à conduire. Quand tu sors de la Porsche Cup, qui est très pointue, très exigeante, tu trouves la LMP2 plus accessible. Pour moi, c’est comme une grosse Nova NP02 : plus lourde, plus puissante, mais le pilotage est assez similaire. La vraie difficulté, ce sont les virages rapides, l’aéro, et le trafic. Mais j’ai déjà fait des courses de 12 ou 24 heures, donc je sais gérer ça. »

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Installé à Marseille pour ses études d’ingénieur, Mathys évolue dans un environnement favorable. « Être basé près du Castellet, c’est un gros avantage. Dès que j’ai du temps libre, je vais chez IDEC soit pour bosser avec les mécanos et les ingés, soit pour rouler sur le simulateur. »
Un triple programme en 2025 et des rêves d’Hypercar
En parallèle, il poursuit son engagement en Porsche Carrera Cup France et en Supercup avec Martinet by Alméras. Mais il a dû faire l’impasse sur la première manche, au profit du LMP2.
Et après ? Mathys Jaubert garde les pieds sur terre lorsqu’il évoque son avenir avec Genesis. « Rejoindre un constructeur, que ce soit Porsche, Hyundai ou BMW, c’est l’objectif de tout pilote. Mais avec Hyundai / Genesis, on peut vraiment écrire une histoire entière. »
Pas d’objectif immédiat de titularisation en Hypercar dès 2026, mais la porte reste entrouverte. Un rôle de pilote de réserve serait déjà un pas décisif, avec du temps sur le simulateur qui sera basé au Castellet, et un programme parallèle en ELMS ou IMSA.

© Nico Deumille
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