Mathias Beche sort d’une belle saison ELMS qui l’a vu terminer 4e en LMP2 Pro Am avec l’Oreca 07 de Nielsen Racing. Avec Rodrigo Sales (le pilote Bronze) et Ben Hanley, les trois hommes sont montés sur le podium à trois reprises dont deux 2e places. Au moment de conclure sa saison sur le Circuit Paul Ricard ce week-end, où il pilotera la Nova Proto NP02 de DB Autosport, Endurance24 est allé à la rencontre du pilote suisse pour avoir son ressenti sur son année et ses envies pour 2024.
Comment se sont faits les contacts entre vous et Nielsen Racing ?
« J’ai suivi un petit peu les performances de Rodrigo Sales l’année dernière, il était parmi les bons Bronze. Malheureusement, Philippe (Cimadomo) a décidé d’arrêter sa saison (ELMS) après 2022. On avait une belle collaboration avec TDS Racing mais voilà. Rodrigo, très rapidement, m’a demandé si j’étais disponible pour rouler. On a pu confirmer le programme très tôt, ce qui m’a permis de sécuriser ma saison 2023, en plus, dans de bonnes conditions avec un autre Pro, Ben Hanley. Le projet de développer l’équipe et d’amener de la performance dans la voiture par rapport à mon expérience et à mon vécu en LMP2 m’a plu. »
Quel bilan tirez-vous de votre saison ELMS ?
« Très positif ! Je pense qu’il y a eu un vrai gain de performance cette année chez Nielsen. Il faut se rendre compte aussi que l’année dernière, il y avait quand même moins de niveau en Pro Am et que, cette année, c’est extrêmement élevé. En 2022, ils ont fait une saison très solide en finissant toutes les courses, sans erreur, mais la performance n’était peut-être pas au rendez- vous, tandis que cette année, on est quand même beaucoup plus dans le match. Malheureusement, on a un incident au Castellet, mais à partir d’Aragon, sans un petit incident en piste, on pouvait gagner la course mais on fait deuxième. À Spa, on est en tête de la classe avant l’accident. C’est valorisant de se dire qu’aujourd’hui, on peut se battre devant en termes de performance et je pense que ça a été remarqué de la part des compétiteurs aussi. »

MPS Agency
Au milieu de tout ça, les 24 Heures du Mans, qu’avez-vous pensé de votre course ?
« Un sentiment vraiment doux amer ! On avait une voiture extrêmement performante, Rodrigo était ultra rapide et je me suis vraiment dit qu’on avait quelque chose pour gagner. Malheureusement, la course s’est arrêtée très tôt (sortie de piste après 18 tours, premier abandon, ndlr), donc très frustrant. C’est comme ça, c’est un sport d’équipe et on gagne ensemble, on perd ensemble. On est passé à côté et il a fallu digérer tout cela. Je retiens le positif : on a eu une superbe performance et nous étions présents sur la grille pour le Centenaire. »
Le fait de faire du Pro-Am, de tirer le Bronze vers le haut, sont des choses qui vous intéressent ?
« Je dirais même le coaching en général. J’ai toujours bien aimé aider mes coéquipiers comme à l’époque de Pierre Thiriet. J’ai moins eu ce rôle chez Rebellion. Mais j’aime bien cela parce que chacun a un petit peu sa place et ça permet d’avoir une cohésion facile et saine. Ca me sert aussi à mettre mes qualités de coach en valeur et, que ce soit avec un Bronze ou avec un Silver, les deux me plaisent. Aujourd’hui, la réalité économique fait que c’est très compliqué pour des équipes de monter des programmes avec un pilote pro comme moi dans un équipage pro parce qu’il faudrait que les deux autres pilotes apportent la majorité du budget et c’est extrêmement compliqué financièrement. La réalité économique fait qu’aujourd’hui, le Pro Am est la meilleure des choses pour un pilote professionnel, pour pouvoir exister et être dans une bonne équipe. »

Le Mans 2023 / MPS Agency
Vous avez connu des grosses équipes comme TDS Racing et Rebellion Racing. Quel est votre regard sur Nielsen Racing ?
« C’est une petite équipe mais qui est en train de se structurer. Elle reste avec des moyens quand même qui sont les plus bas du plateau. Toute l’énergie est mise dans les voitures. Il y a une bonne expertise du côté des mécanos. On a changé d’ingénieur en cours de saison, ça n’a pas été non plus facile de tous trouver nos marques. Le team se construit petit à petit et il y a une super bonne ambiance à l’intérieur. C’est une écurie qui est agréable à travailler. Il faut réussir maintenant à pouvoir aller chercher les détails, cela permettra de franchir un nouveau cap.»
C’est ce qui permettrait de se rapprocher d’AF Corse et Racing Team Turkey ?
« Je pense qu’en termes de performance avec AF Corse, nous avons été aussi performants qu’eux. Mais ces petites choses vont permettre d’être peut-être plus constant, plus constamment devant. C’est ça qui fait la différence aujourd’hui avec des plus grosses structures comme United Autosports, réussir à mettre tous ces petits détails ensemble. Il ne faut pas oublier que Nielsen Racing est jeune, avec seulement deux années d’existence en LMP2. Il faut aussi laisser le temps au temps et leur permettre de mettre le doigt sur les choses qui sont importantes, mais sans en demander trop pour ne pas saturer l’équipe ! »

Outre le LMP2, on vous retrouve également en Ultimate Cup Series European, au volant d’une NP02 engagée par DB Autosport. Pourquoi ce programme ?
« Je connais DB depuis longtemps. Je fais souvent des piges avec eux en LMP3. Et puis, l’année dernière, j’ai fait une pige à Magny-Cours qui s’est bien passée et on s’est dit que ce serait sympa de faire la saison ensemble. On est donc partis sur cette idée de rouler avec Daniel (Bassora) et Philippe (Yschard), qui sont deux gentlemen qui roulent bien. La voiture est sympa à rouler parce que c’est une voiture qui légère. Je suis assez partisan d’aller sur des autos plus légères, quitte à avoir moins de chevaux, parce qu’économiquement, c’est top. Avec l’auto, on arrive à garder les pneus. On a fait 600 km (au Castellet. Ndlr) avec les pneus sans perdre trop en performance et on peut continuer à rouler. »
Quels seront vos projets pour 2024 ?
« Il est trop tôt pour en parler. Aujourd’hui, toutes les portes restent ouvertes. Je ne sais pas du tout de quoi l’avenir sera fait. Je ne sais pas si Rodrigo continuera en endurance ni si je continuerai avec Nielsen. Mon souhait a toujours été d’être dans la continuité, mais j’ai aussi vraiment envie d’être capable de gagner des courses. Je pense que j’ai pu montrer que j’avais réussi à redonner de la performance et à faire des courses solides. Je fais mon travail le plus professionnellement possible. J’espère qu’une opportunité se présentera pour pouvoir aller gagner un championnat et remporter les 24 Heures du Mans. C’est à ça que je pense tous les jours le matin en me levant. C’est pour ça que je vibre et c’est ce que j’ai envie d’avoir en 2024.»
Depuis cette interview, Mathias Beche a été officialisé chez ARC Bratislava pour la prochaine saison d’Asian Le Mans Series au volant de l’Oreca 07 de l’équipe slovaque.

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