Pour ses débuts dans la catégorie reine de l’Endurance, Louis Delétraz est venu à bout des Rolex 24 Heures de Daytona à la 2e place. Une performance plus qu’honorable pour l’Helvète âgé de 25 ans qui partageait le volant de l’Acura ARX-06 n°10 du Wayne Taylor Racing, aux côtés de Ricky Taylor, Brendon Hartley et Filipe Albuquerque…
Louis, que pensez-vous de votre course ?
« C’est assez fantastique et j’ai pris beaucoup de plaisir. En terminant 2e, nous sommes les premiers perdants. Pour Acura, c’est incroyable d’ouvrir l’ère des GTP et de dominer avec un doublé à l’issue de 24 heures de course, avec autant d’incertitudes. Je leur dis un grand bravo. Si on nous avait dit ça samedi matin ou samedi soir, nous ne l’aurions pas cru. A titre personnel, je pense que j’ai fait une bonne course, mais surtout avec toute l’équipe Wayne Taylor, on s’est battus même si nous avons eu quelques soucis durant la nuit. Quand j’étais dans la voiture, au bout de trois tours nous avons dû rentrer au garage, mais nous nous sommes battus vraiment durement et nous sommes revenus dans le même tour que les leaders. Filipe a réalisé une fin de course fantastique et nous ne finissons qu’à 4 secondes. Il n’y pas grand-chose à regretter sur le plan humain et sportif. »
Vous avez le sourire, mais on peut imaginer de la déception de terminer si près de la victoire ?
« C’est très frustrant de terminer deuxième si près. C’est un problème de luxe par rapport à nos concurrents qui ont connu une course bien pire que la nôtre. Si on m’avait dit ça il y a six mois que je serais dans une voiture d’usine, avec Acura, et me battre pour la victoire au général à Daytona, je n’y aurais pas cru. Nous sommes deuxièmes et premiers perdants à seulement 3 secondes, nous n’avons pas reçu la montre (rire), mais on méritait tout autant. Cela offre un doublé à Acura, c’est le plus important. »

© Nico Deumille
En termes de fiabilité, malgré ces quelques soucis, c’est une belle surprise de voir les deux Acura performantes sur la durée, qui plus est sans avoir réalisé d’essais d’endurance en amont ?
« C’est vrai que nous sommes les seuls à ne pas avoir fait de test d’endurance, mais nous avons mis des kilomètres dans les pièces dirons-nous. Nous avons eu beaucoup, beaucoup de doutes. Nous avons des problèmes avec l’huile, car nous avons dû en remettre et cela nous a fait perdre du temps, mais rien de très grave. Sincèrement, de commencer 24 heures de course dans un championnat comme ça, c’est très dur. BMW et Porsche ont eu des soucis, donc pour une marque comme Acura, faire les choses aussi bien, c’est vraiment impressionnant. »
Vous vous êtes illustré durant la nuit avec de beaux relais et de belles passes d’armes en piste, notamment pour prendre la tête de la course. C’est une fierté personnelle de pouvoir jouer à ce niveau-là ?
« Il y avait aussi beaucoup de nouvelles choses pour moi et j’ai très peu roulé dans cette voiture, car le développement se fait à plusieurs pilotes et il y a peu de tours. Mes premiers vrais relais ont été ici, en course. Pour ma première fois dans la voiture en course, j’ai fait un quadruple relais. A la fin j’étais 4e, je prends la tête de la course et nous avons mené plus d’une heure quasiment. J’ai pris beaucoup de plaisir, de me battre contre Porsche, de prendre la tête par l’extérieur grâce à un dépassement sur Braun par l’extérieur à International Horseshoe, c’était assez beau. »

© Nico Deumille
Malgré ce doublé prometteur, il y a encore du travail d’ici Sebring ?
« Je pense qu’il y a en a beaucoup oui. Nous avons une très bonne base, une base saine qui plus est et personnellement, quand je suis derrière le volant, je souris et c’est la chose la plus importante. J’ai la chance de conduire une très bonne voiture, dans une très bonne équipe, avec trois coéquipiers de haut niveau qui ont quasiment déjà tout gagné. Je peux leur dire un grand merci, car pour moi c’était un grand honneur de partager cette voiture avec eux et j’apprends tous les jours. Qu’ils me fassent en confiance en me laissant rouler le plus longtemps est quelque chose que j’apprécie beaucoup. »
Avec un peu de recul sur votre course, qu’auriez-vous pu mieux faire ?
« Ce qu’il faut savoir c’est que Wayne Taylor Racing qui a, quasiment, fait tout le développement, tandis que Meyer Shank l’a reçue plus tard. Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour tout ce qui est procédure et de tout tester avec cette voiture donc nous avons commis quelques erreurs stratégiques. Nous avons pris par exemple deux fois la lumière rouge au bout de la pit lane, mais à part ça sincèrement, tous les soucis ont été réglés de manière efficace. Pour moi, c’est tout nouveau mais je suis content d’être dans une équipe aussi forte. »
Quel aspect a-t-il été le plus compliqué à gérer avec cette voiture à motorisation hybride ?
« Le système hybride est compliqué en lui-même, mais relativement simple à gérer dans la voiture, car il n’y a de bouton pour en déployer les ressources, c’est automatique avec la pédale de gaz. Tout est derrière, dans les systèmes d’Acura et HPD qui décident de comment cela fonctionne. Cependant, le fait de devoir faire des doubles relais avec les pneus, ce que nous n’avons pas fait avant, d’avoir très peu roulé dans la voiture et puis le fait que ce soit mes premières 24 heures dans la catégorie reine GTP, il y a eu pas mal de stresse aussi. Ce n’est pas à moi d’en juger, mais je pense avoir été performant aussi. »
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