Louis Delétraz était dans la meilleure position pour offrir une deuxième victoire consécutive au classement général en ELMS à Racing Team Turkey. Mais à moins d’un quart d’heure de l’arrivée des 4 Heures du Castellet, l’Helvète a subi la délamination de son pneu avant gauche, entraînant une perte de rythme importante. Il en fallait plus au double champion ELMS en titre pour l’empêcher de rallier l’arrivée et de décrocher les honneurs dans la catégorie Pro/Am et surtout signer un nouveau podium au général.
« A dix tours de la fin, j’ai le pneu avant gauche qui explose. Heureusement, il garde de la pression, il s’est juste délaminé, » nous explique Louis Delétraz à l’arrivée de la course. « J’e n’avais plus de rythme et j’avais beaucoup de sous virage. On perdait deux ou trois secondes par tour. J’ai pu garder les autres derrière moi le plus longtemps possible, mais à la fin, c’était juste impossible. Dans le tour d’honneur, j’ai en plus l’avant droit qui casse. On va dire qu’on a eu quand même de la chance sur la fin, que terminer troisième au général et gagner le Pro/Am malgré ça, c’est déjà très bien. Le pneu a explosé en ligne droite mais ça fait partie du sport auto. C’est dommage parce que je pense qu’on pouvait gagner. »
Pour autant, Louis Delétraz a fait bien plus que sauver les meubles durant les 10 dernières minutes de course avec une Oreca 07 clairement affaiblie. « Sincèrement, c’était un miracle parce que j’ai fait tout ce que j’ai pu « pour traiter ce pneu comme mon bébé », ne pas prendre de vibreur et essayer de ne pas le surcharger. Mais voilà, on roule quand même à 300 km/h et Signes, ça arrive vite. C’est l’avant gauche qui est tout le temps en charge. Le Beausset aussi. Et puis, quand ça a explosé, ça a arraché tout le carbone du capot avant, à gauche et à droite. Ça tapait, c’était horrible. Je trouve que c’est vraiment bien de gagner notre catégorie en ayant un pneu au moins que les autres (sourire). »

© Laurent Marin Dubuard
Les conséquences auraient pu en effet être bien plus dramatiques… « En fait, il y avait beaucoup de débris au virage 4 et on double souvent les GTE à l’extérieur. Et dans ce tour là, je double une GT à l’extérieur et dans la ligne droite du Mistral, il explose en plein milieu. J’ai ressenti un gros boum, de la gomme est partie en l’air et ça fait un trou dans le capot avant. Donc on a perdu de l’aéro aussi, mais bon, ça va avec. »
Pour couronner le tout, le pilote de l’Oreca 07 n°34 ne pouvait pas échanger avec son équipe en raison d’un problème de radio ! « Dès le début de mon relais, je pouvais entendre l’équipe, mais eux ne m’entendaient pas. Donc quand le pneu a explosé, je ne voulais pas rentrer au stand parce qu’ils ne pouvaient pas savoir. Ils n’avaient aucune information et le pneu avant gauche tenait encore un peu. Je me suis rappelé qu’on avait la caméra embarquée en direct alors je montrais du doigt l’avant gauche. Eux pensaient que je demandais un drapeau bleu, mais j’ai continué à le montrer. Je crois que Charlie a compris tout de suite, a vu le dégât et a pu avertir l’équipe. C’est à ce moment-là qu’ils étaient prêts à m’accueillir avec un nouveau pneu, mais si on rentrait, on perdait la course. Le but était de ramener la voiture à la maison, ça a marché. »
Racing Team Turkey et son trio complété par Salih Yoluc et Charlie Eastwood conserve les commandes des classements Pro/Am et général avant la trêve estivale. « Notre objectif, c’est toujours la victoire au général. On a Salih, notre pilote Bronze, qui fait un très bon travail. On a un petit désavantage par rapport aux autres, mais notre bu est de gagner le général, pas forcément que le Pro/Am. Je pense qu’on a fait tout juste aujourd’hui. »
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