Louis Delétraz entame ce week-end à Daytona sa deuxième saison (complète) consécutive dans la catégorie GTP de l’IMSA WeatherTech SportsCar Championship. Le pilote suisse, toujours en collaboration avec Wayne Taylor Racing, participera à la célèbre course floridienne au volant de sa nouvelle monture, la Cadillac V-Series.R.
Après s’être illustré en Europe, Delétraz s’est fait un nom outre-Atlantique grâce à ses performances marquantes, notamment lors des moments décisifs en fin de course. Sa victoire aux 12 Heures de Sebring 2024, remportée à l’issue d’un duel acharné face à la Cadillac de Sébastien Bourdais, reste un moment fort de sa carrière.
Désormais aux commandes de la LMDh américaine n°40, épaulé par Jordan Taylor sur l’ensemble de la saison et par Kamui Kobayashi à Daytona, Louis Delétraz s’est confié à Endurance24 dans le paddock floridien.
Comment abordez-vous cette première course de la saison, et votre première avec Cadillac ?
« Alors, je ne dirais pas qu’on est serein, parce qu’on a finalement fait seulement deux jours de tests à Daytona en novembre, les tests officiels. Maintenant, les journées d’essais sont très limitées en IMSA et en WEC, donc on roule très peu avec ces voitures.
Chaque tour, chaque modification sur la voiture, apporte du positif et du négatif. C’est très intéressant. On n’est pas encore totalement prêts pour la course, mais le début est très positif. Retrouver Wayne Taylor Racing et Cadillac est motivant, car ce sont des gens très intelligents et de vrais compétiteurs. On partage une bonne base d’expérience, notamment grâce à ce qu’on a appris avec l’Acura, et on peut comparer beaucoup de choses. »

© Nico Deumille
Quelles sont les principales différences entre l’Acura et la Cadillac ?
« À conduire, c’est très différent. Je ne m’attendais pas à autant de différences, sincèrement. Déjà, il y a le bruit du moteur. Tout le monde sait que la Cadillac est une favorite des fans pour son bruit, et dans la voiture, c’est la même sensation quand on accélère à fond. C’est vraiment sympa.
Au-delà de ça, les technologies sont différentes. Chaque constructeur a sa façon de gérer la partie hybride, la régénération, et le différentiel. La plus grande différence avec la Cadillac, c’est qu’elle a beaucoup de traction. L’application des gaz, grâce au moteur atmosphérique sans turbo, est plus facile. Après, il y a aussi des points négatifs, mais au niveau du pilotage, ça change vraiment. »
Les températures fraîches compliquent-elles votre préparation à Daytona ?
« Oui, il fait très froid, on est tous avec de grosses vestes ! On espère que ça se réchauffe, car les tours de sortie des stands seront vraiment difficiles la nuit. Mais pour l’instant, on se concentre sur l’apprentissage de la voiture et sur notre collaboration avec General Motors et Cadillac pour optimiser les performances.
L’objectif est d’avoir une voiture bien équilibrée pour la course. La qualification est importante, mais ce n’est pas notre priorité. On se focalise sur la gestion des pneus et sur le fait d’être dans une bonne position dans les six dernières heures pour attaquer et rester devant. »
En termes de collaboration, comment comparez-vous Cadillac et Acura ?
« On a beaucoup de chance d’être dans un championnat avec autant de constructeurs qui travaillent à un très haut niveau. Chez Cadillac, il y a une vraie ouverture d’esprit et une envie d’apprendre rapidement. Que ce soit chez Wayne Taylor Racing ou Cadillac, tout le monde partage le même objectif : gagner.
Les managers sont très à l’écoute. Ils nous demandent, à nous les pilotes, ce dont nous avons besoin pour aller plus vite. Il y a une réelle volonté d’amélioration constante, et c’est très motivant de faire partie de ce projet. »

© Nico Deumille
Le changement de voiture représente-t-il un pari risqué ?
« C’est sûr qu’on a un désavantage par rapport aux équipes qui en sont à leur deuxième ou troisième année avec la même voiture. Elles ont eu tout l’hiver pour peaufiner les détails, tandis que nous avons dû tout redécouvrir.
Cela dit, la relation historique entre Cadillac et Wayne Taylor Racing joue en notre faveur. Beaucoup de membres de l’équipe se connaissent déjà bien, et ils ont gagné beaucoup de courses ensemble. Cet esprit collectif et cette volonté de gagner sont des points très importants. »
Compte tenu de tous ces aspects, la victoire est-elle l’objectif ce week-end ?
« Oui, l’objectif, c’est la victoire. C’est vrai que ces derniers jours au Roar, ça a été un peu dur pour nous en termes de performance. On a récupéré un peu de puissance (via la BoP. Ndlr) pour la course, ce qui devrait nous aider.
En IMSA, il ne faut pas forcément être la voiture la plus rapide pour gagner le championnat. L’essentiel, c’est d’être en position dans la dernière heure. Là, il faudra se battre et tout donner. »
Était-ce naturel de continuer avec Wayne Taylor Racing malgré le changement de constructeur ?
« Oui, absolument. Je me sens très bien dans l’équipe, notamment avec Jordan (Taylor). On partage la même vision de la compétition et des idées pour gagner.
Le passage à deux voitures l’année dernière n’a pas été facile, mais cette deuxième année avec un nouveau constructeur est très motivante. Pour moi, il était logique de continuer à construire ce projet ensemble et de viser la victoire. »

© Nico Deumille
L’opportunité de rouler en WEC cette année s’est-elle présentée ?
« Bien sûr, j’aimerais beaucoup faire le WEC. Le programme idéal pour un pilote, c’est de combiner le WEC et l’IMSA. On accumule plus d’heures dans la voiture, et ça permet de progresser.
J’ai eu des opportunités en WEC, mais pour l’instant, je suis heureux chez Wayne Taylor Racing. Avec Cadillac désormais présent en WEC, la porte n’est pas fermée. Ce n’est pas pour cette année, mais dans le futur, j’aimerais vraiment pouvoir faire les deux programmes. »
Wayne Taylor Racing pourrait-il obtenir une invitation au Mans ?
« Je ne sais pas où ils en sont à ce sujet, mais il y a clairement une envie d’aller au Mans. Avec Acura, ce n’était pas possible car ils ne participaient pas au WEC, mais avec Cadillac, l’opportunité existe.
Si l’équipe décroche une invitation, il faudra voir pour les pilotes. Nous sommes quatre pour trois sièges, donc on verra. »
En parallèle de son programme nord-américain, Louis Delétraz poursuivra en ELMS dans la catégorie LMP2 Pro/Am, chez AO by TF.
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