Après avoir tiré le bilan des 6 Heures d’Imola en Hypercar, place à la catégorie LMGT3. Une course tendue jusqu’au dernier tour, marquée par des erreurs lourdes de conséquences, des paris stratégiques osés et une intensité rare en fin d’épreuve.
- Première victoire de la saison pour Manthey 1st Phorm et Porsche
Manthey 1st Phorm décroche à Imola sa première victoire en WEC. Porsche empoche au passage son cinquième succès en LMGT3 sur dix possibles depuis le Qatar 2024. À bord de la 911 GT3 R LMGT3 n°92, Riccardo Pera a livré un triple relais décisif, avant de passer le volant à Richard Lietz pour un final sous pression, face à la BMW n°46.
« C’était très excitant et extrêmement serré ! Et c’était une course stressante. D’autres ont commis quelques erreurs, mais notre course de six heures a été parfaite. C’est ce qui a fait la différence. Un tour de plus aurait été difficile pour nous dans ce duel intense et acharné contre BMW. Je tiens à remercier Ryan, Riccardo et toute l’équipe. J’espère que les choses continueront aussi bien — peut-être avec un peu moins de suspense à la fin, » glisse Richard Lietz.
- BMW n°46 : de la pole au podium… malgré tout
En pole grâce à un tour maîtrisé de Valentino Rossi en Hyperpole, la BMW M4 LMGT3 n°46 semblait bien partie pour s’imposer. Mais un contact avec la Ferrari n°21 de Vista AF Corse, alors en tête, a provoqué son abandon… et une pénalité pour Rossi. Malgré cela, l’équipage (Rossi, Al Harthy, K. van der Linde) a dominé les débats sur le plan du rythme, menant 105 des 193 tours.
« J’ai des sentiments mitigés, car un podium est un bon résultat, mais nous aurions pu gagner, » regrette Valentino Rossi. « C’est vraiment dommage, l’équipe a fait un travail fantastique, la voiture était très rapide et nous avons bien géré les pneus. Ahmad, et surtout Kelvin en fin de course, ont réalisé une prestation remarquable. Kelvin s’est battu jusqu’au bout et a assuré le podium. Malheureusement, j’ai commis une erreur en percutant la Ferrari devant moi lors d’une tentative de dépassement. La pénalité qui a suivi nous a coûté la victoire. Je suis désolé pour cela. »
- Akkodis ASP monte sur son premier podium avec la n°78
Esteban Masson, appelé en dernière minute pour remplacer Ben Barnicoat blessé, a parfaitement saisi sa chance. Auteur d’un relais solide où il a mené huit tours consécutifs, il partageait la Lexus RC F n°78 avec Arnold Robin et Finn Gehrsitz.
« On manquait juste un peu de vitesse par rapport à la BMW, pour être honnête. La Porsche et la Ferrari étaient plutôt rapides aussi, mais on a réussi encore une fois à faire une course sans pénalité, sans erreur, ce qui nous a permis d’être là à la fin. Et voilà, avec une bonne stratégie, on a réussi à sortir du dernier arrêt troisième et j’ai réussi à survivre le dernier stint et finir P3, donc très content. On a fait le pari de ne pas changer les quatre pneus lors du dernier arrêt. J’avais des moins bons pneus sur le dernier stint, c’est pour ça que c’était un peu compliqué de tenir, mais c’était un bon pari. » – Esteban Masson
La seconde Lexus d’Akkodis ASP termine au pied du podium. Umbrarescu, Schmid et Lopez ont été contraints de revoir leur plan de course après une erreur sur le temps minimum de roulage de l’amateur roumain, renvoyé en piste dans les derniers relais.

© FIA WEC / DPPI
- Ferrari en difficulté à domicile
Les Ferrari 296 LMGT3 ont eu du mal à se mêler à la lutte en tête à la régulière, comme en témoigne l’écart moyen d’environ une seconde sur les 50 % des meilleurs tours valides par pilote. Après la sortie de piste de la n°21, envoyée dans le décor, tous les espoirs de Vista AF Corse reposaient sur la voiture sœur n°54, qui sauve un top 5 en LMGT3 avec Thomas Flohr, Francesco Castellacci et Davide Rigon à son volant, mais à un tour des vainqueurs…
« Oui, ce n’est pas trop mal, surtout quand on pense qu’au début, on a été un peu trop prudents. Thomas a eu un peu de malchance hier en qualifications, il a manqué le top 10 pour seulement un demi-dixième. J’aurais aimé faire l’Hyperpole, mais je n’ai pas pu parce qu’il a terminé 11e. Donc, compte tenu de notre position de départ, je pense que finir 5e, c’est vraiment bien. Et c’est sûrement le maximum qu’on pouvait espérer en tenant compte du rythme des deux Lexus et de la BMW. Je pense que Porsche a aussi fait une bonne stratégie dans l’ensemble, mais ce qui est le plus choquant, ce sont les deux Lexus, notamment leur vitesse de pointe par rapport à nous. Donc oui, on est contents. J’ai de la peine pour la voiture 21, notre voiture sœur, qui faisait une super course. Mais tu vois, la BMW a pris une pénalité, puis juste avec sa performance brute, elle est remontée comme si de rien n’était, et elle était presque en train de gagner la course. Donc je pense que la BMW aussi, c’était un peu trop. » – Davide Rigon.
- Corvette marque des points mais reste en retrait
Parmi les voitures clairement en retrait sur le plan du rythme, les Corvette Z06 LMGT3.R de TF Sport n’ont pas confirmé après la victoire de la n°33 au Qatar. En Italie, cette dernière se contente de la 7e place, juste derrière la voiture sœur n°81.
« Avant la course, avec la voiture que nous avions ici à Imola, j’aurais signé tout de suite pour ce résultat. Vu notre rythme, je pense que c’était le meilleur que nous pouvions faire, » nous a confié Tom van Rompuy. « On s’est vraiment concentrés sur le fait de ne pas faire d’erreur, d’éviter les pénalités, de maximiser l’économie d’énergie… Et tous les pilotes ont fait un travail vraiment exceptionnel à ce niveau-là, ce qui nous permet d’être là où nous en sommes aujourd’hui. À un moment, on a cru qu’on pourrait peut-être accrocher la dernière marche du podium, mais on était un peu décalés niveau stratégie par rapport à d’autres. Au final, P6 et P7 pour l’équipe, je pense qu’on peut être satisfaits : les deux voitures marquent des points, et on espère avoir un package un peu meilleur à Spa pour pouvoir viser le podium. »
- McLaren dégringole après le Qatar
Deuxième au Qatar, la McLaren 720S n°59 a vécu un week-end cauchemardesque. En manque de rythme dès les premiers tours, elle finit 14e. La voiture sœur n°95 sauve les meubles avec une 9e place sur un tracé sinueux qui ne convient guère aux caractéristiques de la GT3 britannique.
« On sait qu’à Imola on n’est pas bien, déjà l’année passée c’était notre circuit où on était vraiment le moins bien par rapport à tous les autres, » rappelle Grégoire Saucy. « Ce week-end a un peu ressemblé au même week-end de l’année passée si on veut bien, et on ne sait pas, on n’arrive pas à comprendre pourquoi. Ils ont sûrement essayé différentes choses entre les deux voitures, ce qui a mieux marché dans la 95 qu’à nous, et puis voilà. Mais après, ils finissent 9e aussi, c’est pas comme s’ils étaient 4e ou 5e… »
Le rapport de performance des pilotes
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