Les 4 Heures d’Imola ont marqué la fin de la première moitié de la saison 2026 de l’European Le Mans Series. À cette occasion, voici les derniers échos en provenance du paddock italien.
Forestier Racing by Panis, la référence
Après une pole obtenue à la force du poignet, l’Oreca 07 n°29 de Forestier Racing by Panis a transformé l’essai grâce à son trio formé par Esteban Masson, Oliver Gray et Louis Rousset. Dès les premiers essais sur le tracé de l’Autodromo Enzo e Dino Ferrari, l’Oreca mise au point techniquement par TDS Racing s’est une fois encore imposée comme la référence. Grâce à une course sans erreur de ses trois pilotes, le trio empoche le maximum de points et réduit l’écart au championnat à six unités sur l’Oreca n°22 d’United Autosports, deuxième à l’arrivée en Italie.
Rousset franchit un cap
Si l’on connaît la maîtrise en piste d’Esteban Masson et Oliver Gray, Louis Rousset a quant à lui réussi un premier double relais sans la moindre erreur avant de transmettre la voiture à Oliver Gray dans le top 3. Le jeune homme affichait sa satisfaction à l’issue du podium : « Après Barcelone, j’ai vraiment dû travailler sur les procédures en course. Dans une LMP2, il faut vraiment penser à tout, les départs, les procédures de Safety Car, de Full Course Yellow. J’ai fait un gros pas en avant là-dessus et de ce point de vue là, je n’ai pas commis d’erreur. Imola est un circuit compliqué pour la gestion du trafic, je suis peut-être un peu trop impatient pour l’instant et je dois encore progresser. Mes deux coéquipiers m’aident vraiment sur les aspects pilotage. On a la performance et si on continue comme ça sans faire d’erreur, on va aller loin. »
Masson décrypte l’undercut gagnant
Malgré le rythme d’Oliver Gray en milieu de course, le Britannique a buté sur Grégoire Saucy et l’Oreca n°22 alors en tête. Forestier Racing by Panis a toutefois opté pour une stratégie pneumatique différente qui a payé en fin de course, couronnée par un undercut parfaitement exécuté. Esteban Masson, auteur d’un écart de 51 secondes à l’arrivée, nous a détaillé la manoeuvre : « United a tout simplement passé un train de pneus avant nous. Ils n’ont pas gardé les pneus du Silver, ils ont mis directement un train neuf pour le premier pro, Grégoire. Nous, Oli a gardé les pneus de Louis parce qu’on avait la marge, et on a chaussé les nôtres plus tard pendant le VSC, quand eux ne se sont pas arrêtés. Quand je monte dans la voiture, j’ai des pneus similaires, voire un peu plus frais, parce qu’ils ne voulaient pas s’arrêter pour garder la track position. Au final, on les a undercut, et même avec les vieux pneus d’Ollie, la pace était très rapide. J’ai pu creuser un écart de 45 secondes et on a pris quatre pneus neufs en fin de course. On aurait pu ne pas les changer, je pense qu’on aurait eu un écart plus grand, mais avec le risque d’une Safety Car en fin de course, on a préféré assurer les meilleures conditions puisqu’on avait le gap pour le faire. Vraiment extrêmement content, la voiture était géniale aujourd’hui. Louis a fait un bon boulot, il s’améliore énormément et il l’a montré tout le week-end. Il y a encore quelques trucs qu’on peut lui apprendre pour qu’il se sente plus à l’aise dans le trafic, on sait que c’est compliqué dans une catégorie où on est les plus rapides, avec beaucoup de GT3 et de LMP3, sur des circuits comme Imola qui est l’un des pires. Et le team a fait un boulot extraordinaire pour nous permettre d’aller gagner cette course. »
IDEC Sport : nouvelle répartition des rôles
IDEC Sport n’est pas passé loin du podium avec l’équipage de l’Oreca n°18. Jamie Chadwick, Valerio Rinicella et Laurents Hörr échouent au quatrième rang après une nouvelle répartition des rôles : c’est en effet l’Italien qui fut chargé de prendre le départ, un rôle jusque-là attribué à Jamie Chadwick. Suite à la bagarre musclée en piste à Barcelone entre cette dernière et Paul Lafargue sur la voiture soeur n°28, ce dernier aurait, selon nos informations, émis le souhait de ne plus se retrouver en piste au même moment.
Week-end noir pour la n°28
Le week-end de l’Oreca n°28 de Paul Lafargue, Paul-Loup Chatin et Job van Uitert est quant à lui à oublier complètement. Après deux accidents en essais, le premier jeudi après-midi suite à un contact avec une LMP3, le second vendredi sur une erreur de pilotage, le trio a connu une course tout aussi mouvementée, ponctuée de plusieurs escapades hors piste de Paul Lafargue.
Vector Sport : la joie et la douche froide
Vector Sport a décroché sa toute première victoire de catégorie en ELMS, Jens Reno Moller, Cem Bölükbaşı et Lorenzo Fluxa montant sur la plus haute marche du podium LMP2 Pro/Am. Du côté de la voiture engagée en Pro, la n°10 de Vlad Lomko, Ryan Cullen et Pietro Fittipaldi avait franchi la ligne d’arrivée au septième rang avant d’être disqualifiée : après le drapeau à damier, la voiture ne s’est pas dirigée vers le Parc Fermé situé sur la ligne droite principale, mais a emprunté la voie des stands. Les commissaires ont relevé qu’aucune circonstance atténuante n’expliquait cette erreur, et surtout que l’équipe, immédiatement consciente du problème, n’a contacté ni le délégué technique, ni la direction de course pour tenter de résoudre la situation. Une sanction sévère mais conforme à l’article 15.1.1 du règlement sportif.
Inter Europol change de châssis, sans succès
Après son doublé aux 24 Heures du Mans et deux deuxièmes places de l’équipage de l’Oreca n°34 de Bijoy Garg et Reshad de Gerus, on attendait qu’Inter Europol Competition capitalise avant la trêve estivale. La situation fut tout autre. Si Reshad de Gerus s’est classé quatrième des qualifications à un dixième de la pole, la n°43 ne signait que le neuvième temps avec Nick Yelloly (+0.8 s). L’équipage complété par Tom Dillmann et Jakub Smiechowski, peu satisfait du feeling avec la voiture depuis les premiers essais, a demandé à l’écurie polonaise de changer le châssis. Les mécaniciens ont travaillé toute la nuit pour assembler l’auto autour de la nouvelle coque, pour au final… une 18e place au classement général.
CLX Motorsport retrouve le sourire en LMP3
Toujours pas verni en LMP2, CLX Motorsport peut toutefois se satisfaire d’avoir retrouvé le chemin de la victoire en LMP3, après le titre glané l’an dernier. Le trio remanié avec l’arrivée de Louis Iglesias en remplacement de Bruno Ribeiro a fait mouche, le jeune Français, dont les observateurs ne cessent de saluer le talent, signant une fin de course impressionnante pour imposer la Ligier n°17. Une victoire construite aussi sur la stratégie, comme l’explique Paul Lanchere, vainqueur avec Alexander Jacoby : « J’ai fait un bon départ, on a creusé un bon écart. On a fait le choix d’effectuer les deux arrêts obligatoires relativement tôt en course, et j’ai choisi de garder mon train de pneus pour un double relais afin qu’Alex puisse bénéficier de conditions plus favorables. Ce n’était pas évident de savoir où on se positionnait dans la course à un moment donné, mais on a réussi à gérer, on est resté calme, et je pense que c’est ce qui a fait la clé du résultat. On s’était dit que gagner cette course n’était pas forcément l’objectif numéro un, on voulait juste ne pas accrocher la voiture et empiler les tours, ce qu’on a fait. On n’avait aucun doute sur la fin de course avec le rythme de Louis. C’est vraiment un énorme avantage pour nous, il faut le souligner, parce qu’outre le fait que ce soit un mec bien, ça apporte vraiment en termes de vitesse à l’équipage. Je pense qu’on va passer une seconde partie de saison plutôt très sympa. »
LMGT3 : la BoP fait débat, TF Sport en profite
En LMGT3, la Balance de Performance a fait débat tout le week-end, notamment dans le clan des équipes Ferrari, où l’on estimait ne pas pouvoir se battre à armes égales face à deux voitures : l’Aston Martin Vantage LMGT3 Evo et la Corvette Z06 LMGT3.R. Ces deux dernières ont d’ailleurs dominé les qualifications avec six dixièmes d’avance sur le reste de la catégorie. Au bout des quatre heures, les champions en titre de TF Sport ont relancé leur défense du titre avec un plein de 26 points. Les Américains Blake McDonald et Alec Udell se sont imposés aux côtés de leur coéquipier irlandais Charlie Eastwood, au volant d’une voiture américaine, le week-end même du 250e anniversaire des États-Unis. Si l’écart à l’arrivée n’était que de 1.8 seconde sur Maxime Martin et la Mercedes-AMG n°62 de Team Qatar by Iron Lynx, notons que TF Sport a mené 95 des 119 tours de la catégorie.
Racing Spirit of Léman, l’occasion manquée
De son côté, Racing Spirit of Léman a manqué l’occasion de rivaliser pour le podium malgré le rythme de sa monture et de son équipage composé de Clément Mateu, Marius Fossard et Valentin Hasse Clot. Avant la mi-course, l’Aston Martin n°59 a manqué son freinage au virage 2 et traversé la piste pour percuter la Mercedes n°63 d’Iron Lynx, provoquant une Virtual Safety Car et anéantissant ses espoirs.
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