Tout juste sorti de terre, le circuit de Mirecourt, dans les Vosges, intègre le paysage des sports mécaniques français.
Ce nouveau tracé, le dernier à voir le jour dans l’Hexagone après celui de la Ferté-Gaucher, a ouvert ses portes le 30 juin dernier. Homologué pour accueillir des track days auto et moto, le circuit vosgien long de 3,75 kilomètres et doté de 27 garages, n’est cependant pas encore prêt à accueillir des compétitions automobiles, du moins pas avant la saison 2024. Endurance24 s’est entretenu avec Pierre Levorato, le concepteur et président du circuit de Mirecourt.
« C’est une satisfaction personnelle au regard du travail réalisé d’un point de vue technique, satisfaction aussi au niveau de tout ce qui est administratif parce que c’est un travail très, très lourd de tous les jours, » nous a confié Pierre Levorato qui a mené le projet de but en bout avec son fils Damien. « Ça a été compliqué parce qu’il fallait comprendre le fonctionnement, la réglementation, il fallait tout intégrer en même temps. On a bien travaillé et puis aujourd’hui, tout le monde est content, détendu. Ça y est, on est dedans maintenant, il faut faire fonctionner la machine. On est très confiants de ce côté-là, mais le travail va se poursuivre. Il y a encore des aménagements à faire. Vous savez, à mon avis, on a encore deux ou trois ans devant nous afin d’apporter des améliorations et finaliser à l’instar de tous les circuits. »

Ce projet évalué à hauteur de 6 millions d’euros est le fruit d’une réflexion et d’un travail de longue haleine depuis les premières études réalisées en 2018. « Ce circuit est venu un peu par la force des choses. Nous sommes propriétaires d’un circuit de karting, mais mon fils trouvait cela finalement un peu banal et nous nous sommes dits que nous allions changer d’échelle. Le projet de rachat d’un circuit existant n’ayant pas abouti, nous nous sommes reportés sur les terrains disponibles à côté de notre circuit de karting, sur une ancienne base militaire de l’OTAN. »

Vue aérienne prise en septembre 2021 © DR
La famille Levorato a dû faire face malgré elle à plusieurs aléas, comme la pandémie de Covid-19 ou encore la météo ayant engendré quelques mois de retard sur l’ouverture initialement prévue au mois d’avril. « On a eu un aléa important. Selon ses prescriptions, totalement justifiées, la CNECV (Commission Nationale d’Examen des Circuits de Vitesse du ministère de l’Intérieur) nous a demandé de terminer les entre-pistes. En effet, suite au mauvais temps, nous avions été contraints d’interrompre les opérations, puisque les engins de travaux ne pouvaient plus manœuvrer. C’était un gros travail à terminer et l’homologation n’a pas pu être réalisée dès la première venue de la commission. »
Quelques semaines plus tard, les travaux étant finalisés, le Ministère a donné son feu vert et des premiers roulages ont pu avoir lieu dès le début du mois de juillet. « L’homologation a été délivrée par le ministère de l’Intérieur, pour des véhicules pouvant dépasser les 200 km/h. Suite à cet avis, un arrêté préfectoral a été pris pour nous permettre d’accueillir les premiers track days. »

Cette homologation ne permet cependant pas au circuit d’accueillir des compétitions automobiles, dont les règles de sécurité sont évidemment plus drastiques. L’Ultimate Cup Series devait être la première compétition automobile à se produire sur le circuit de Mirecourt, mais ce dernier ne répondra pas aux standards requis avant 2024. « Nous allons faire un complément d’homologation pour l’année prochaine. Il y avait un manque de disponibilité de matériel ou de matériaux pour finir les protections qui ne sont pas disponibles actuellement sur le marché. Concrètement, nous avons des protections pneumatiques à poser et aujourd’hui, les pneumatiques ne sont pas disponibles. Les manufacturiers comme Michelin nous les donnent au compte-gouttes. Cela représente environ 17 000 pneus à assembler et à poser. Tous ces éléments de sécurité sont nécessaires pour pouvoir obtenir l’homologation compétition. »
La construction d’un hôtel, confiée au groupe Enzo Hotels, d’une capacité de 50 chambres, est prévue aux abords du circuit.
Le Circuit de Mirecourt en quelques chiffres :
3,750 kilomètres
27 garages disponibles
1 local technique de 800 m² pour les véhicules d’intervention
1 tour de contrôle moderne de 400 m², sur deux étages
Coût estimé : 6 millions d’euros
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