La Peugeot 9X8 en souffrance avec le train arrière à Spa : « ça ne donne pas confiance »

Après un premier rendez-vous compliqué à Imola, Peugeot TotalEnergies espérait rebondir à l’occasion des 6 Heures de Spa-Francorchamps. Mais à l’issue de la journée du jeudi, le constat restait mitigé pour Théo Pourchaire, engagé sur la Peugeot 9X8 n°94 avec Loïc Duval et Malthe Jakobsen. Le Français est revenu avec Endurance24 sur les difficultés rencontrées, notamment autour de la gestion pneumatique.

Après Imola, aviez-vous davantage d’espoirs en arrivant à Spa ?

« Honnêtement, je pense que le circuit est quand même plus favorable à la voiture, ce qui est positif. Après, on n’a pas eu une superbe journée aujourd’hui.

Personnellement, surtout avec notre voiture, ce n’était pas incroyable, donc j’espère qu’on va corriger un peu le tir pour demain. On sait quoi améliorer, donc ça c’est quand même positif. On n’est pas non plus très loin, mais si on veut se battre pour de bonnes positions, il va falloir progresser. C’est toujours frustrant quand on n’est pas les plus rapides. »

Quels sont justement les principaux axes de travail ?

« On souffre beaucoup de la dégradation des pneus arrière. On a pas mal de survirage et ça ne donne pas confiance, surtout sur un circuit comme Spa où il y a énormément de virages rapides et où la moindre erreur peut coûter très cher.

Le problème, c’est qu’avec une voiture compliquée sur le train arrière, on dégrade encore davantage les pneus. Mais les ingénieurs savent quoi faire et ça reste positif de savoir où se situe le problème. »

© MPS Agency

La vitesse de pointe semble malgré tout être un point fort de la Peugeot ici…

« Oui, surtout en course. Bien sûr, ça aide aussi sur un tour en qualifications, mais ici c’est important d’avoir une voiture capable de doubler et de défendre.

À Spa, il y a de très longues lignes droites. En FP2, j’étais derrière une BMW et j’ai réussi à la dépasser assez facilement au freinage des Combes. Ça montre qu’on peut avoir des opportunités en course, soit pour défendre, soit pour remonter. »

Cela signifie-t-il que vous allez davantage privilégier la course que les qualifications ?

« Oui, je pense qu’ici il faut davantage se concentrer sur la course que sur les qualifications. Spa offre plus d’opportunités de dépassement qu’Imola, même si suivre dans le deuxième secteur reste compliqué et fait aussi monter les pneus en température.

On ne va pas oublier les qualifications pour autant. Malthe doit encore faire une simulation qualif en FP3, tandis qu’avec Loïc on va surtout travailler le setup course qu’on espère améliorer. Sur une course de six heures ici, on peut davantage orienter le travail vers le rythme en relais. »

Vos sensations sont-elles partagées par vos coéquipiers ?

« Oui, complètement. On a exactement les mêmes ressentis et c’est plutôt positif parce que cela confirme qu’il y a un problème clair à résoudre.

Là, on est encore en train d’analyser toutes les datas de la FP2 avec les ingénieurs. Il y en a énormément. On va tout regarder pour essayer d’améliorer la situation demain. »

© MPS Agency

La gestion pneumatique est-elle devenue le facteur clé de performance ?

« Pour nous, clairement oui. C’est probablement notre principal point faible aujourd’hui. On souffre énormément de la dégradation des pneus arrière, surtout en sortie de virage et en traction.

À Spa, les virages qui conditionnent les longues lignes droites sont très importants. Si tu perds un peu de temps en sortie, tu le payes jusqu’au bout de la ligne droite. Et tour après tour, les pneus surchauffent et cela nous pénalise énormément. »

Concrètement, que ressentez-vous dans la voiture quand les pneus surchauffent ?

« Petit à petit, la voiture commence à glisser un peu, puis un peu plus, puis encore plus… et à un moment cela devient incontrôlable.

On a des outils dans la voiture et aussi des ajustements de pilotage pour essayer de gérer ça, mais quand le setup n’est pas dans la bonne fenêtre et que les pneus arrière sont surchauffés, c’est très compliqué de revenir en arrière.

Maintenant, il faut trouver le bon équilibre. Il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse avec trop de sous-virage. La balance parfaite n’existe jamais vraiment en sport automobile. »

Les nouveaux pneus Michelin jouent-ils un rôle dans ces difficultés ?

« Je pense que c’est surtout lié à la nature de la voiture, même si les pneus n’aident peut-être pas. L’an dernier, Peugeot avait plutôt été performante ici, notamment en qualifications et en début de course.

Aujourd’hui, on roule surtout avec les médiums. Certaines équipes arrivent à faire fonctionner les softs, ce qui peut faire une vraie différence sur la chauffe et la performance en début de relais. Nous, on reste plutôt concentrés sur le medium pour le moment. »

Florian Defet

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24