| 9 septembre 2025 | par

Justin Taylor et FX Demaison décryptent les premiers essais de la Genesis GMR-001

© MPS Agency

Après cinq journées d’essais sur le Circuit Paul Ricard, Genesis Magma Racing entre dans une nouvelle phase du développement de la GMR-001 Hypercar, en vue d’une entrée en lice en WEC dès 2026. Justin Taylor (ingénieur en chef) et François-Xavier Demaison (directeur technique) reviennent sur les objectifs, les enseignements et les prochaines étapes du programme.

Quelle est la différence entre les shakedowns et les premiers essais ?

 

Justin Taylor : Lors des shakedowns, nous avons roulé sur de petits circuits pour nous assurer que chaque système fonctionnait correctement, que les câblages et les connexions étaient bien en place, sans interférences. Les premiers vrais essais, eux, nous ont permis de découvrir les écarts entre les tests sur banc et la réalité de la piste, et de commencer à ajuster les différents systèmes pour qu’ils fonctionnent ensemble de façon cohérente sur un circuit digne de ce nom.

Quel a été le principal axe de travail lors de ces essais ?

 

Justin Taylor : Un mot résume bien notre priorité : synchronisation. Cette génération de voitures repose sur l’harmonie entre plusieurs systèmes complexes. Il faut du temps et de la méthode pour faire en sorte qu’ils battent tous au même rythme. C’est pourquoi nous avons accordé une attention particulière au logiciel lors de ces premiers tests, car il constitue la base de tout le processus de développement.

Comment les données des bancs moteur et du simulateur ont-elles été intégrées à ces premiers roulages ?

 

FX Demaison : Le travail en amont sur banc moteur et en simulateur nous a fourni des valeurs de calibration initiales. Mais ensuite, les données récoltées sur piste viennent enrichir les prochaines sessions de simulation et de banc. C’est un cycle continu d’échanges. Même après le début de notre engagement en WEC, ce va-et-vient entre la piste et les outils de développement se poursuivra.

Pourquoi avoir choisi le Circuit Paul Ricard pour débuter les essais ?

 

Justin Taylor : Le Paul Ricard est un circuit relativement sûr pour pousser une nouvelle voiture, avec ses larges dégagements. Et surtout, il est tout proche de notre base technique et de l’usine ORECA où le châssis a été construit. Cela réduit considérablement la pression logistique à ce stade du projet.

Comment s’est passée la collaboration avec ORECA durant cette première phase ?

 

FX Demaison : C’était une décision stratégique de tester à proximité d’ORECA, pour faciliter les échanges. Leur équipe a fourni des ingénieurs spécialisés et des mécaniciens pour ces premiers essais. Mais la maîtrise de l’ingénierie du châssis et du groupe motopropulseur, ainsi que la planification des tests, relèvent entièrement de Genesis Magma Racing.

Quels retours les pilotes vous ont-ils fait sur la voiture ?

 

Justin Taylor : André et Pipo nous ont dit à plusieurs reprises à quel point la voiture leur semblait naturelle à piloter. Malgré l’électronique embarquée, elle se comporte comme une vraie voiture de course, pas comme un engin extraterrestre. Ils nous ont aussi donné des premiers retours sur l’équilibre du châssis, ce que je ne m’attendais pas à avoir si tôt. Cela nous a permis d’effectuer quelques ajustements aérodynamiques entre les runs.

Quels enseignements tirez-vous de ces cinq journées d’essais ?

 

FX Demaison : Nous avons bien avancé sur les logiciels de châssis et de groupe motopropulseur, mais le réglage optimal de ces systèmes restera un processus évolutif. Nous devons composer avec plusieurs facteurs : la bonne synchronisation des systèmes, leur fonctionnement dans la bonne fenêtre de performance, et surtout, un comportement qui permet à chaque pilote de tirer le meilleur de la voiture sur un relais complet.

Quelles sont les prochaines étapes du développement ?

 

FX Demaison : Le travail est loin d’être terminé. Nous devons encore peaufiner les logiciels, choisir les bons matériaux de freinage, et mener des essais d’endurance, dont une simulation de course de 24 heures pour valider la fiabilité. Nous allons aussi nous pencher sur les réglages spécifiques pour la nuit et continuer à affiner l’équilibre aérodynamique, afin qu’il convienne à tous les pilotes retenus pour la saison 2026.

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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