| 13 février 2024 | par

Julien Andlauer : « Je voulais intégrer le programme LMDh. C’est arrivé plus tôt que prévu ! »

© MPS Agency

Récemment annoncé comme troisième homme de l’équipage de la Porsche 963 de Proton Competition pour la saison 2024 du FIA WEC, Julien Andlauer se confie à Endurance24 avant ses premiers pas en Hypercar.

Du haut de ses 24 ans, son parcours est exemplaire. Sans chercher la lumière, Julien Andlauer s’est rapidement retrouvé sous les projecteurs en devenant le plus jeune vainqueur de l’histoire des 24 Heures du Mans toutes catégories confondues à l’âge de 18 ans. et ce dès sa première participation. Depuis cette prouesse réalisée en juin 2018, qui marquait également sa première saison en tant que pilote Porsche, le champion de la Porsche Carrera Cup France 2017 a sillonné le globe au volant des 911 GT3 R et 911 RSR.

Julien Andlauer s’apprête donc à écrire une nouvelle page de sa carrière en sport automobile en rejoignant la cour des grands : l’Hypercar. « Quand on regarde derrière et qu’on se dit waouh putain ! D’où on vient et où on est. Tout ça, sans manager et sans budget, » nous a expliqué le Lyonnais. « C’est une belle aventure. Je voulais intégrer le programme LMDh customer ou officiel à court ou moyen terme. J’espérais y être d’ici deux, trois ou quatre ans. Finalement, c’est arrivé plus tôt que prévu ; dès la première année. »

© Nico Deumille

Lorsqu’il a pris le volant de la Porsche 963 n°99 de Proton Competition lors du Rookie Test du WEC à Bahreïn, il était encore loin d’imaginer qu’il serait titulaire quelques mois plus tard.

« C’était seulement une découverte. Il n’y avait rien de sûr au niveau du programme. Nous n’avions même pas parlé de 2024 en LMDh. J’ai pris ces essais comme une découverte, voir si je pouvais m’adapter, si je pouvais être performant, si ça me plaisait. Il n’y a eu aucune préparation. J’ai ouvert le manuel le dimanche matin, juste avant que je monte dans la voiture ; il y a tellement de pages ! »

Les discussions ont donc démarré lorsque la saison 2023 du WEC s’est achevée, pour finalement aboutir à une issue favorable à la fin du mois de novembre.

« Nous avons travaillé sur ce projet pendant les deux derniers mois de l’année 2023. Ce n’était pas si simple entre ce que nous voulions, ce que nous pouvions, et entre Porsche, Proton et moi. C’est un programme qui nécessite beaucoup de budget et donc, parfois, ils ont pu hésiter entre prendre un pilote pro ou un pilote très bon qui ramène aussi du budget. Ils voulaient vraiment m’avoir dans l’équipe, donc Porsche a poussé pour ça, tout comme l’équipe. Nous étions tous d’accord et aujourd’hui, le LMDh en WEC est mon programme principal. »

Julien Andlauer :

© MPS Agency

Sans séance d’essais depuis Bahreïn, Julien Andlauer est conscient du défi qui l’attend dans les prochaines semaines, au Qatar.

« Il y a une sorte de pression parce que c’est un nouveau challenge, qui plus est dans la catégorie reine. Je ne vais pas dire que j’arrive les mains dans les poches, mais nous n’avons pas fait d’essais. Il n’y a tout simplement pas le temps entre les différents programmes. Avec seulement 30 tours en poche à Bahreïn, c’est un saut dans l’inconnu pour moi. »

Y aller crescendo, avoir un rythme correct, mais surtout, sans erreur.

Je devrai ne bruler aucune étape et emmagasiner le plus d’informations utiles le plus rapidement possible. Y aller crescendo, avoir un rythme correct, mais surtout, ne pas commettre d’erreur. À Bahreïn, je me suis rapidement adapté à la voiture. Ce n’est pas très différent de ce à quoi je suis habitué donc avoir le rythme ne m’inquiète pas vraiment. Cependant, je vais devoir gérer tous les systèmes, toutes les procédures et les nouveautés. J’ai beaucoup de travail devant moi les soirs de week-end de course. »

Il pourra toutefois compter sur deux coéquipiers expérimentés, Harry Tincknell et Neel Jani.

« Les deux connaissent bien la voiture. Ils ont énormément d’expérience, que ce soit en prototypes ou même dans le développement des voitures. Ils vont donc avoir une approche très lucide de la voiture et du programme. Cela va me permettre de bien apprendre et surtout d’apprendre correctement. »

Ses débuts en Hypercar ne marquent pas la fin de son aventure en GT3 puisque sa saison 2024 passera également par le Fanatec GT World Challenge Europe avec Rutronik, mais aussi par la Nordschleife.

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club
À propos de l'auteur, Florian Defet

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