| 8 février 2024 | par

Jules Gounon (pilote de réserve Alpine) : « Pour moi, c’est vraiment un rêve ! »

© Alpine / DPPI

La surprise du chef « Philippe Sinault » est la présence de Jules Gounon en tant que pilote de réserve dans l’escouade Alpine Endurance Team en FIA WEC.

« Ce qu’il fait en GT est incroyable. Mais trop souvent, c’est passé sous les radars. Très objectivement avec le palmarès qu’il a, il a un truc de dingue » indiquait ce mercredi à Enstone (Royaume-Uni) le team manager de l’écurie.

Est-il nécessaire de présenter l’Ardéchois, fils de Jean-Marc Gounon (12 fois Le Mans dont 2e en 1997) et pilote officiel Mercedes-AMG. En quelques années, il est vrai qu’il s’est forgé un palmarès de haute volée : double champion du GT World Challenge Europe Endurance en 2022 et 2023, champion de l’Intercontinental GT Challenge, champion de la Michelin Endurance Cup en IMSA en 2023, vainqueur des 24 Heures de Spa à deux reprises et des 12 Heures de Bathurst trois fois, ainsi que du Petit Le Mans et des 24 Heures de Daytona en GTD Pro en 2023. Il a également participé deux fois aux 24 Heures du Mans en GTE Pro.

« J’ai surtout eu un parcours très atypique, » commente Jules Gounon. « Je ne suis pas du tout allé en monoplace, j’ai fait juste une année de Formule 4 avant de passer directement en GT. La charge aéro, je ne la connais pas plus que ça. J’ai eu un test l’année dernière en LMP2 avec Philippe Sinault et Alpine notamment, qui m’avait donné une première sensation de cette charge aéro.»

Après avoir commencé l’année par les 24 Heures de Daytona (où il a dû abandonner) en GTD Pro, Jules Gounon fait maintenant la une en devenant pilote de réserve du programme et en faisant ses premiers pas en Hypercar.

« Mon rôle principal en tant que pilote de réserve est de faire des essais avec la voiture pour l’équipe et d’essayer d’apporter mon expérience du GT. Il y a beaucoup de pilotes venus du prototype dans les équipages des deux voitures. Je pense qu’après avoir piloté cette voiture, il y a des éléments du GT qui pourraient être intéressants à essayer. C’est mon objectif principal cette année. Si jamais un pilote est indisponible pour des raisons de santé, je serai prêt avec ma valise ! »

© Alpine / DPPI

Après avoir passé deux saisons en monoplace, en participant au Championnat de France F4 en 2013 et à la Formula Renault 2.0 NEC en 2014, Jules Gounon a décidé de réorienter sa carrière vers le GT, en obtenant le titre d’« Espoir Porsche Carrera Cup France 2015 ». Depuis lors, il a progressivement gravi les échelons en GT, accumulant un palmarès impressionnant.

Sa présence dans un prototype est donc surprenante, mais après une période d’adaptation, il semble prendre beaucoup de plaisir à piloter une voiture qui n’est pas si différente de celles qu’il a connues auparavant.

« En pilotant une Hypercar, j’ai remarqué, dès mes premiers tours, de nombreuses similitudes avec une GT, ce qui était surprenant. J’en avais discuté avec mes anciens coéquipiers qui avaient la même impression. Dans les virages lents, quand l’aéro n’est pas vraiment en fonction, on se rapproche un peu du comportement d’une GT, même si c’est beaucoup plus raide en amortissement, qu’un proto a beaucoup de puissance comparé à une GT et qui, pour moi, comparé aux autres pilotes, est très légère.

C’est vrai que les commentaires des autres pilotes que j’ai rencontrés tournaient autour du poids de l’auto alors que j’ai trouvé ça extraordinaire. Elle est tellement agile quand on vient du GT.

Quand tu as envie de tourner, ça tourne, quand tu freines, ça freine, quand tu accélères, ça accélère

Le premier soir, quand j’ai appelé mon père, il m’a dit :  » Quand tu as envie de tourner, ça tourne, quand tu freines, ça freine, quand tu accélères, ça accélère ! » alors qu’une GT, il faut davantage essayer de se débrouiller à la faire tourner, essayer de freiner assez fort pour l’arrêter, etc. Avec l’Hypercar, c’est un pilotage très pur, c’est vraiment super plaisant. J’ai dû faire une soixantaine de tours à Barcelone, je me suis vraiment régalé à bord de la voiture. »

Jules Gounon ne délaissera pas pour autant le GT mais le pilote officiel Mercedes-AMG en GT3 a rajouté une corde à son arc en devenant pilote de réserve dans le programme Alpine en Hypercar.

« Pour l’instant, je suis vraiment focalisé sur Alpine. Je remercie Mercedes, bien sûr, de me laisser faire ça à côté. AMG est concentré sur le programme GT et sur la nouvelle voiture qui arrivera à une date annoncée. C’est vrai que ça a toujours été un rêve de faire partie d’un projet comme celui-là, de se retrouver à Enstone avec la F1, de se retrouver avec Philippe, avec Bruno Famin (directeur Alpine Motorsports et membre du comité de direction d’Alpine, ndlr), des personnes que j’ai toujours regardées à la télé. Pour moi, c’est vraiment un rêve.

J’ai fermé les yeux et je me suis revu quand j’étais petit

Il y a peut être quinze ans, je m’asseyais dans les voitures de mon père quand il roulait en LMP1 aux 24 Heures du Mans en me disant qu’un jour j’aimerais vraiment être dans une voiture comme celle-là. Quand j’ai fait mon baquet à Bourges, à un moment donné, tout le monde était un peu parti, j’étais dans la voiture, j’ai fermé les yeux et je me suis revu quand j’étais petit en me disant je suis enfin dans une voiture comme ça. Maintenant, je vais essayer de faire un bon travail auprès de Philippe, Bruno et toute l’équipe pour leur montrer ce que je sais faire et puis on verra bien ce qui se passe dans le futur. »

Jules Gounon avec Bruno Famin / © Alpine / DPPI

Il y a un peu plus d’un an, Jules Gounon a suscité des discussions en changeant de nationalité sportive. En 2023, il a choisi de courir sous le drapeau d’Andorre, pays où il réside depuis deux ans. Cette décision avait pour but de manifester son mécontentement envers la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA) et son manque de reconnaissance à son égard.

Cependant, lors de la présentation à Enstone, le pilote de l’équipe Alpine arborait un drapeau français sur sa combinaison. Il explique ce choix :  « Je suis toujours affilié à la fédération andorrane, mais il est vrai que Bruno (Famin) a soulevé un point important juste avant la signature du contrat. Il m’a dit : “Par contre, il y a une chose, c’est le drapeau français !” Pour ma part, cela ne me pose aucun problème car j’ai toujours été fier d’être français..

Je suis fier d’être Français, fier de représenter le drapeau français, et encore plus fier de faire partie d’une marque qui valorise les couleurs bleu, blanc, rouge

JJ’ai connu des moments de déception avec ma fédération, ce qui m’a poussé à rejoindre une autre fédération qui m’a beaucoup soutenu ces dernières années et qui a été très bénéfique pour moi. Mais encore une fois, comme je l’ai déjà dit, j’ai eu la chance de chanter La Marseillaise sur la plus haute marche du podium des 24 Heures de Spa et peu d’expériences dans ma vie m’ont procuré autant de frissons. Je suis fier d’être Français, fier de représenter le drapeau français, et encore plus fier de faire partie d’une marque qui valorise les couleurs bleu, blanc, rouge et qui est fière de son héritage français »

Propos recueillis par Florian Defet, à Enstone.

Passionné de sport automobile et plus particulièrement d'Endurance, j'assiste aux 24 Heures du Mans depuis 1980 et suis accrédité depuis 2008. Je me rends régulièrement sur les plus beaux circuits européens et mondiaux. J'ai écrit pour de nombreux médias sport auto et collabore depuis quelques mois avec Endurance24
À propos de l'auteur, David Bristol

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