| 29 juin 2024 | par

Jules Gounon (Mercedes) : « Avec le nouvel asphalte, la donne a vraiment changé »

© Gruppe C Photography

En tant que double vainqueur de l’épreuve (2017 et 2022), Jules Gounon est comme un poisson dans l’eau aux CrowdStrike 24 Heures de Spa. Cette année, entre la découverte du nouvel asphalte mardi, les prévisions météorologiques délicates pour la nuit prochaine et une hiérarchie serrée, le pilote officiel Mercedes-AMG s’attend à une course difficile. Entretien…

Sur un plan personnel, vous semblez être en terrain familier pour ne pas dire conquis…

« Effectivement, Spa a toujours été une course qui me réussit. J’ai eu le privilège de remporter cette course deux fois, dont une fois l’année dernière. Terminer deuxième l’année précédente, à moins de dix secondes de la BMW victorieuse, était quelque peu frustrant. Dans une carrière, les occasions de gagner à Spa sont rares. J’ai déjà eu la chance de gagner deux fois, une troisième victoire aurait été exceptionnelle. C’est une course qui a toujours eu une place spéciale dans mon cœur. C’est une épreuve exceptionnelle, l’une des plus difficiles à gagner en GT, avec les 24 Heures du Nürburgring. J’ai hâte de commencer ma neuvième édition demain. »

Comment réussissez-vous à vous améliorer chaque année pour rester compétitif avec cette Mercedes-AMG GT3 qui est un modèle éprouvé depuis plusieurs années ?

« C’est difficile de progresser. Chaque année, nous essayons d’apporter des améliorations en termes de réglages. Cette année, lors des essais, nous étions vraiment en forme. C’est vrai qu’avec le nouvel asphalte, la donne a vraiment changé. Nous avons donc eu beaucoup moins de temps pour nous adapter. Nous, chez GetSpeed, nous cherchons encore comment résoudre des problèmes d’équilibre. Nous allons essayer de progresser et d’améliorer notre performance. Mais ce week-end a été différent des autres années où normalement, les essais te donnaient une bonne indication de ta position. »

Jules Gounon (Mercedes) :

© Victor Laroche

Quel est l’impact de ce nouvel asphalte sur l’équilibre de la voiture ?

« L’impact est énorme. Avant, il y avait de grosses bosses sur le circuit, au Karting, aux Combes. Il y avait beaucoup de dégradation des pneus. Maintenant, il n’y a plus de dégradation, et il n’y a plus de bosses non plus. Le virage du karting, avant, n’était pas à fond. Il y avait des bosses, il fallait être très fort sur l’amortissement. Maintenant, c’est à fond à chaque tour. Avec AMG, cela nous a enlevé une grosse partie à Spa où nous étions très forts, c’était vraiment sur la dégradation des pneus. Maintenant, il n’y a plus de dégradation, donc je pense qu’en course, nous allons perdre cet avantage. Mais nous en saurons plus dimanche soir. »

Votre Mercedes-AMG GT3 n°2 de Mercedes-AMG Team GetSpeed, que vous partagez avec Fabian Schiller et Luca Stolz, s’élancera de la 5e place sur la grille de départ. Comment abordez-vous la course ?

« Nous avons eu quelques difficultés tout au long du week-end avec notre équilibre. Mais GetSpeed a vraiment travaillé dur. Nous avons une bonne équipe, une voiture bien préparée. Donc, à ce stade, il y a toujours une chance. Et ce ne sont pas toujours les plus rapides qui gagnent. C’est tellement compliqué parce que tu peux vite te retrouver à 50 secondes de la tête et être en difficulté, et tu peux vite être en tête et tout perdre avec la Safety Car. Il faut essayer de survivre, rester dans le tour du leader toute la course. Cette année, il semble que des conditions dantesques nous attendent à partir de la nuit, avec de la grêle, beaucoup d’eau selon nos prévisions météorologiques. J’ai même peur d’un drapeau rouge, peut-être, si vraiment ce qu’ils prédisent arrive. Ça va être vraiment énorme. Nous verrons ce que ça va donner, mais pour l’instant, la météo est vraiment très incertaine. »

© Gruppe C Photography

Votre motivation est-elle toujours intacte à l’aube d’une neuvième participation ?

« La première fois, tu es un peu plus stressé. Maintenant, tu es toujours stressé, mais c’est vrai qu’après neuf éditions, tu commences à te détendre un peu plus, même s’il y a toujours de la pression. Mais plus tu avances, plus tu acquiers de l’expérience et plus ça devient, pas une routine, mais quelque chose que tu connais. Donc chaque année, il y a des aléas différents à gérer. Mais en tant que neuvième édition, je commence à connaître un peu l’épreuve. Et puis le GT3, je le connais bien. C’est vrai, quand tu commences une course en Hypercar, tu es de nouveau stressé comme à tes débuts en GT. Mais c’est toujours un sentiment incroyable d’être à ce niveau. C’est toujours un plaisir. »

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

Les articles similaires

Les derniers articles

Annonces

Soyez au courant des dernières actualités du monde de l'Endurance par mail !

Loading