Jochen Mass s’est éteint à l’âge de 78 ans des suites de complications liées à un AVC survenu en février. Pilote complet, témoin et acteur des mutations de l’endurance durant les années 1970 et 1980, l’Allemand laisse l’image d’un homme discret, respecté, et passionné jusqu’au bout par la course.
Dans un communiqué empreint d’émotion, sa famille a annoncé sa disparition : « Aujourd’hui, nous pleurons la perte d’un mari, d’un père, d’un grand-père et d’une légende du sport automobile. C’est le cœur lourd que nous partageons la nouvelle du décès de Jochen Mass, survenu à la suite de complications après un AVC qu’il avait subi en février dernier. Merci à tous pour le soutien incroyable que nous avons reçu. Chaque message de réconfort lui a été transmis, lui apportant paix et sérénité dans ses derniers jours. Au-delà du chagrin, nous célébrons aussi sa vie exceptionnelle. Une vie qu’il aimait partager avec vous tous. Une vie qu’il a vécue pleinement. Il roule à nouveau avec tous ses amis. Avec amour et gratitude, la famille Mass. »
Né le 30 septembre 1946 à Dorfen, en Bavière, Jochen Mass fait ses armes en tourisme avant de gravir les échelons jusqu’à la Formule 1, où il signe sa victoire la plus marquante au Grand Prix d’Espagne 1975 avec McLaren. Mais c’est en endurance qu’il laisse l’empreinte la plus profonde, avec plus de deux décennies d’engagement au plus haut niveau.
Mass joue un rôle central dans le développement et les succès des prototypes Porsche Groupe C durant les années 1980. Il pilote les mythiques Porsche 956 et 962C, contribuant à l’âge d’or de la marque. Il termine deuxième des 24 Heures du Mans en 1982 avec Schuppan et Haywood, et troisième en 1984. En 1987, il triomphe aux 12 Heures de Sebring, toujours au volant d’une 962. Son duo avec Jacky Ickx devient l’un des plus redoutés du plateau mondial.
Il remporte finalement les 24 Heures du Mans en 1989, cette fois avec Sauber-Mercedes, au volant de la C9, aux côtés de Manuel Reuter et Stanley Dickens. Son association avec la firme à l’étoile, débutée dans les années 1980, se prolonge bien au-delà des circuits : il devient ambassadeur de la marque et pilote historique, contribuant à faire vivre la mémoire de Mercedes lors d’événements patrimoniaux.
Profondément marqué par la disparition de Gilles Villeneuve, dont il fut impliqué dans l’accident fatal en 1982, Mass n’a jamais perdu son sens des responsabilités, ni son élégance. Véritable passeur de mémoire, il était aussi l’un des derniers témoins d’une époque où l’endurance se courait au courage et à l’instinct.
Jochen Mass restera comme une figure familière des paddocks, fidèle à l’esprit du sport et respecté pour son humilité. Le monde de l’endurance lui rend hommage, saluant un homme de valeurs, au parcours exemplaire.
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