Du haut de ses 23 ans, Job van Uitert a su se faire un nom et une réputation en Endurance. Et pour cause, le pilote néerlandais a décroché le titre LMP3 pour ses débuts en ELMS en 2018, avant d’être sacré vice-champion LMP2 en 2019 avec G-Drive Racing puis chez United Autosports l’année suivante.
En 2022, Job van Uitert a relevé défi proposé par Panis Racing, aux côtés de Julien Canal et Nico Jamin. L’équipage, actuellement deuxième du classement LMP2 à deux épreuves de la fin du championnat, est en quête d’une première victoire cette saison après être déjà monté à trois reprises sur le podium. Rencontre avec le Hollandais de l’écurie tricolore…
Comment cela se passe dans votre nouvelle équipe ?
« Déjà, ma saison 2021 en ELMS ne fut pas ma meilleure, je dirais, même si l’équipage était bon. Pour diverses raisons, nous n’avons jamais pu tirer le plein potentiel du trio. J’ai décidé de changer d’équipe en fin d’année, j’ai signé avec Panis Racing et la sensation est différente. Cela ressemble un peu à TDS Racing, c’est assez familial. Je suis très heureux ici, je me sens bien, j’aime la façon dont les gens travaillent dont Florent, l’ingénieur, qui fait du super travail. Tout est tourné vers la performance tout en gardant un esprit joyeux, avec une bonne ambiance. C’est important aussi car quand l’état d’esprit est bon, détendu, les résultats viennent d’eux-mêmes. »
Et en plus, pour mieux vous intégrer, vous apprenez le français…
« Je connais Nicolas(Jamin) depuis un bon moment, nous avons déjà été coéquipiers (chez United). Je connaissais un peu Julien, nous n’avions jamais vraiment bavardé, nous avons souvent été adversaires. Très vite, j’ai remarqué que tous les membres de l’équipe étaient français. Même chez TDS Racing, j’étais avec Racing Team Nederland, donc avec des Hollandais autour de moi. Comme tout le monde est français chez Panis, quand j’ai signé avec eux, j’ai décidé d’apprendre le français. Je ne leur ai rien dit, je voulais juste leur montrer et les surprendre lors de la première manche avec quelques mots de français. C’est sympa en vrai, maintenant je peux manger avec eux et interagir. Je me suis aussi dit que c’était aussi à moi de faire des efforts pour être vraiment intégré. Parler leur langue était un premier pas. »

Comment se passe votre saison chez Panis Racing ?
« La saison est bonne, les résultats sont bons et réguliers, avec peu d’erreurs. Nous avons toujours eu le rythme pour finir sur le podium. Nous avons terminé trois fois sur quatre dans le trio de tête, seul Imola nous a échappé (4e). Nous avons montré que nous étions compétitifs. Les courses remportées par Prema Racing sont logiques, ils ont été meilleurs que nous. Se battre contre eux est un plaisir. Ces deux équipes sont fortes, elles sont en mesure de gagner des courses et de remporter le championnat. Certes, ils mènent au championnat, l’écart est significatif, mais rien n’est fait. Tout peut se passer sur une épreuve, on ne sait jamais, on y croit encore. Ce week-end, on fera notre course, sans se préoccuper d’eux. On ne lâchera rien ! »
En plus, Spa est un peu une course à la maison pour vous…
« Tout à fait ! Cela a toujours été comme cela car il n’y a pas de course en Hollande. Les tracés comme Zandvoort ne conviennent pas forcément aux prototypes qui sont plus imposants qu’une F1 ou à des championnats comprenant plusieurs catégories. Les stands ne sont pas assez grands tout comme la pitlane. Je vis à moins de deux heures de Spa donc c’est un peu ma maison ici. Ma famille, mes amis, mes partenaires, tout le monde est là. Dimanche, je vais recevoir quelques 140 invités… »

L’une des grosses déceptions de la saison a été Le Mans…
« Oui, ce fut dur à avaler. Le résultat parle de lui-même (12e des LMP2) ! C’est une course que j’ai disputée quatre fois, j’ai souvent été en lice pour un podium et deux fois pour la victoire en LMP2. Cette année, assez vite, j’ai senti que la victoire ne serait pas possible. Déjà par ce que Jota a fait la course parfaite. De notre côté, un podium était tout à fait jouable, nous avions le rythme pour, la voiture dans la 2e partie de la course volait littéralement, j’ai d’ailleurs le 4e temps en course des LMP2. Tout le monde poussait pour avoir un bon résultat, mais nous restons humains, une erreur peut arriver (Nicolas Jamin atiré tout droit à Mulsanne et est resté planté dans le bac, ndlr). Je ne blâme pas Nico, cela peut arriver, ça m’est d’ailleurs arrivé, c’est juste dommage que cela se passe pendant la course la plus importante de l’année. C’est le sport auto, on reviendra l’an prochain pour faire mieux. »
De quoi sera fait 2023 pour vous ? L’Hypercar ? Panis Racing ?
« L’Hypercar, pour être honnête, c’est vraiment compliqué. Tous les pilotes liés à des constructeurs ont déjà signé. Il va donc falloir attendre pour voir comment cela va évoluer. En attendant, je dois trouver les baquets les plus compétitifs et les meilleures équipes. Panis Racing est dans les priorités. On verra ce qu’il en sera l’an prochain. Je n’ai aussi jamais caché que je voulais rouler à nouveau en IMSA, mais ce n’est pas facile de trouver un bon baquet. Il est trop tôt dans la saison pour dire quoi que ce soit. Avec Panis Racing, je suis à l’aise, je me sens bien avec Julien et Nico. On verra bien quels seront les projets pour 2023. En tout cas, j’adore travailler avec eux et j’aimerais remporter le titre pour eux. »
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