Jenson Button sera, sans aucun doute, l’une des grandes stars de cette saison 2024 du FIA WEC. Le Britannique roulera pour le compte d’Hertz Team JOTA en catégorie Hypercar au volant d’une des deux Porsche 963 de l’équipe avec Oliver Rasmussen et Phil Hanson (n°38).
« C’est une opportunité fantastique que m’offre le team Hertz JOTA » déclare le pilote bientôt âgé de 44 ans. « C’est une équipe que je suis depuis plusieurs années et j’ai de nombreux amis qui y travaillent. C’était une proposition tellement excitante de disputer un championnat qui est l’une des catégories les plus compétitives du sport automobile en ce moment… et de le faire avec une équipe privée qui se bat contre les grands constructeurs. »
Ce retour aux affaires du Britannique marque aussi une vraie implication dans un championnat à l’année. Comme il le confirme, la dernière fois qu’il a disputé une saison complète, c’était en 2018 et 2019 en Super GT au Japon où il a été sacré la première année. « En fait, depuis la F1, je n’ai jamais arrêté la compétition. J’ai couru au Japon en Super GT, j’étais en WEC en 2018. J’ai essayé beaucoup de choses différentes… les 24 Heures de Daytona aussi. Mais avec des courses ponctuelles, vous avez l’impression de ne pas maximiser ce que vous pouvez réellement accomplir. Et vous ne tirez pas le meilleur de vous-même en procédant de cette manière. Je voulais donc faire une saison complète. On ne s’entraîne pas beaucoup en présaison et je voulais effectuer une saison complète pour voir ce que nous pouvions faire dans le WEC cette année. »

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Au cœur du championnat du monde d’Endurance de la FIA se trouve évidemment la course de l’année : les 24 Heures du Mans. Il a déjà disputé cette épreuve à deux reprises. La première fois avec SMP Racing en LMP1 (abandon) avec la BR Engineering BR1-AER et la seconde lors de l’édition du Centenaire en 2023 avec la Chevrolet Camaro ZL1 dans le cadre du Garage 56 (39e au général).
A voir le sourire de l’Anglais en descendant de sa voiture en juin dernier, on se doutait bien qu’il allait revenir dans une course qu’il adore. « J’avais l’habitude de regarder Le Mans dans les années 80, alors retourner au Mans et courir dans le WEC est une sensation très particulière. L’atmosphère d’équipe qui règne est très différente de celle de la F1, où votre équipier est la première personne que vous devez battre. En Endurance, vous travaillez avec vos équipiers pour développer la voiture et gagner des courses. Tout le monde pense que Le Mans n’est qu’une course d’endurance et que les gens vont se la couler douce – mais ce n’est pas le cas, tout le monde roule à fond pendant 24 Heures ! De plus, tout le monde est déjà éveillé depuis une quarantaine d’heures – on ne se réveille pas comme ça pour aller courir. C’est émotionnel et c’est le mot que j’utiliserais pour décrire Le Mans. Que vous gagniez ou perdiez, que vous soyez victime d’un accident ou que vous terminiez, vous avez envie de pleurer ! Vous avez traversé tellement d’épreuves avec vos équipiers que vous célébrez la fin de la course. C’est ce que j’aime le plus. C’est une course difficile pour le pilote et la machine. Je n’arrive pas à croire que je n’y ai couru que deux fois, mais j’ai hâte d’y ajouter quelques éditions au cours des prochaines années. »

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Le champion du monde de Formule 1 2009 (avec Brawn GP) a déjà piloté une Porsche 963. C’était lors du dernier Petit Le Mans, la finale de l’IMSA en 2023, où il a fini 5e au classement général avec JDC Miller Motorsport. Il revient sur cette belle première expérience. « J’ai eu une journée d’essais avant la course et je me suis habitué assez rapidement à la voiture. Mais c’est la maîtrise de toute la technologie qui prend du temps. On a l’impression qu’il y a 20 interrupteurs pour une même chose, mais ils agissent tous légèrement différemment. Ces voitures sont très intelligentes – elles apprennent au fur et à mesure que vous les conduisez. Vous pouvez mettre le doigt sur certaines parties des données que vous voulez modifier et elles changeront sans que vous ayez à toucher à quoi que ce soit. Il faut un autre type de pilote. Il y a des compétences sur la piste, mais il faut aussi posséder des talents d’ingénieur. »

@JDC Miller / IMSA
L’homme aux 306 départs en Formule 1 est désormais capable de faire un parallèle entre une LMDh et une monoplace. « Une F1, par exemple, est dotée d’une technologie de pointe et représente le summum de l’aérodynamique. Mais elles ne sont pas aussi avancées techniquement qu’une hypercar – une voiture LMDh possède un mode d’emploi de 38 pages pour simplement expliquer les fonctionnalités du volant ! Il y a tellement d’interrupteurs que l’on peut régler beaucoup de choses différentes pour un même problème. Pour un pilote il y a beaucoup à apprendre. Évidemment, le pilotage est le même, mais il y a tellement plus de choses que vous pouvez régler dans la voiture pour résoudre un problème que vous rencontrez sur la piste – c’est stupéfiant ! Il faut un certain temps pour s’y habituer.»
En tout cas, le Jenson Button est un homme heureux. « C’est toujours la même chose que lorsque j’ai piloté un kart pour la première fois à l’âge de huit ans. Je prends toujours autant de plaisir. Et je dois dire que les Hypercars sont les voitures les plus cool qui soient – vous savez, si j’avais dessiné une voiture quand j’étais enfant, ça aurait été une Hypercar ! » Voilà une déclaration qui ne passera pas inaperçue.
En attendant d’être au départ de la course d’ouverture de la saison WEC, les Qatar 1812km, du 1er au 2 mars, Jenson Button sera en Floride (USA) dans les semaines à venir pour y disputer les 24 Heures de Daytona, la première manche IMSA de l’année. Il y pilotera une nouvelle LMDh, l’Acura ARX-06, la n°40 alignée par Wayne Taylor Racing with Andretti. Ses chances de victoire seront bien réelles car il sera accompagné de trois spécialistes Endurance : Jordan Taylor, double vainqueur des 24 Heures de Daytona, Louis Delétraz, le champion WEC LMP2 en titre et poleman à Petit Le Mans 2023, et Colton Herta, vainqueur de la catégorie GTLM à Daytona en 2019 et actuel pilote IndyCar Series chez Andretti Autosport. De quoi se faire une idée encore plus précise de la catégorie reine de l’Endurance…

Wayne Taylor Racing
Interview issue du site officiel du FIA WEC…
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