Jean-Karl Vernay a démarré un nouveau challenge dans sa carrière en 2023. Le vainqueur de la catégorie GTE Am des 24 Heures du Mans 2013 avec l’écurie IMSA Performance Matmut a en effet rejoint Duqueine Automotive où il est en charge de la compétition client pour la partie constructeur LMP3 (Duqueine D08).
Pour le pilote français qui a été officialisé en WEC au sein d’Isotta Fraschini en catégorie Hypercar, c’est un nouveau rôle. Après moins d’un an d’activité, il a fait le point avec Endurance24.
Comment se sont faits les contacts entre vous, Max Favard (le team manager de Duqueine Team en LMP2 et directeur opérationnel de Duqueine Automotive) et Duqueine Automotive ?
« C’est mon petit frère qui m’a appelé. Il a travaillé chez Gilles (Duqueine) pour le groupe industriel pendant dix ans. Gilles lui avait dit qu’il avait du mal à trouver l’homme que j’ai finalement remplacé, Arnaud Leal, et que je devrais l’appeler. J’étais chez Hyundai les dernières années (en ETCR) et 2023 était un peu compliqué car je n’avais rien signé et, surtout, j’avais envie de commencer à passer le pas, trouver un boulot un peu « plus normal » (rires) et continuer à préparer mon après carrière parce que les années passent. En tant que Lyonnais, Gilles me connaît depuis que je suis tout petit. Il m’a aidé quand j’étais en Formule 3. La femme de mon frère travaille toujours chez Gilles où elle est directrice des achats.
Je l’ai appelé, j’ai eu Max (Favard). Je leur ai expliqué ce que je pouvais leur apporter, que ça me motivait et que j’aimerais vraiment avoir cette place pour plein de raisons. Cela s’est fait et je suis très content. C’est une mission qui me plaît énormément avec cet autre aspect plus commercial, plus business du sport auto. Avec Max, on a une super relation, on s’entend très bien ! Je ne suis pas là pour insuffler une nouvelle énergie, mais comme le fait Neel (Jani) sur la piste, j’amène mon expérience. J’ai eu la chance de travailler pour pas mal de constructeurs, de belles équipes et je suis un compétiteur. Je ne suis pas peut-être le plus grand passionné des voitures, mais, ce que j’aime, c’est faire évoluer, gagner et avoir des nouveaux challenges. »
Quel est le bilan de votre première année ?
« Ca s’est bien passé. On a fait plutôt des très bonnes choses en Allemagne, autant sur le plan sportif que commercial. Aux États-Unis, malheureusement, ça n’a pas été une bonne nouvelle d’apprendre que les LMP3 ne seraient plus éligibles en IMSA pour 2024. L’ELMS, la Michelin Le Mans Cup, on connaît les difficultés d’avoir des entrées sur la grille. Essayer de rééquilibrer tout ca avec un peu plus de voitures, ce n’est pas l’envie qui manque. Les équipes sont motivées, c’est juste que la grille est pleine. Ce sont des difficultés, mais on reste quand même assez contents de l’année 2023, surtout par rapport à la Prototype Cup Germany où on a fait du bon boulot. Nos voitures sont dans les cinq premières au championnat. C’est un championnat qui devrait se développer parce que c’est le seul éligible au LMP3 et sans limitation d’entrée. Il y a de belles grilles, un format de course vraiment différent, c’est du sprint qui attire beaucoup de monde. Trois manches seront en commun du DTM en 2024 »

© Prototype Cup Germany
Comment se sont passés vos premiers pas car c’est un autre monde ? Comment arrivez vous à gérer cette partie là tout en continuant en sport automobile toujours (avec Isotta en WEC) ?
« J’ai encore beaucoup de choses à apprendre sur la partie gestion plus que sur le commercial car je pense que j’ai un très bon contact là-dessus. Quand j’étais chez Audi, j’ai toujours fait pas mal d’événements, ça me plaît. Après, j’ai pas mal de choses de choses à intégrer, des éléments beaucoup plus rationnels liés à la production, les stocks, la partie plus administrative, etc… Je suis en cours de formation, on va dire. J’ai 36 ans, je ne pense pas que j’aurai la motivation de rouler jusqu’à 45 ans. J’ai un dernier défi à relever (en WEC, ndlr), des derniers défis les prochaines années, j’espère. Je peux continuer à être dans un monde qui me plaît, que je connais, où je peux vraiment avoir une valeur ajoutée grâce à mon expérience et surtout préparer mon après carrière. Là, je vais au travail en souriant, avec plaisir et motivation. J’ai de la chance de faire ce que j’aime, je ne vais pas à la mine. En plus, le produit est bon et j’y crois. On a une super équipe, un service client vraiment top et très apprécié de nos clients actuels. La voiture marche. Il y a toujours des petites choses à rectifier, à améliorer, etc… Pour 2025, on est en train de mettre vraiment toute notre énergie pour faire la voiture la plus aboutie possible. C’est pour ça aussi que ça me plaît, il y a des vraies visions sur le long terme de Gilles. Du travail a été effectué avec Max et toute son équipe, c’est une bonne chose. »
Quand vous dites « le produit », avez-vous essayé cette Duqueine D08 ? Qu’en avez-vous pensé ?
« Je n’avais jamais piloté de LMP3 auparavant. C’est une voiture faite pour un pilote gentleman, il n’y a pas mieux, avec l’adrénaline procurée et le plaisir de conduire un prototype. C’est une auto super aboutie en termes de performance, légère, ça marche avec les 450 chevaux et la charge aéro. Elle est réactive à tout ce qui est set up et, par rapport au prix plaisir, il n’y a pas mieux dans le monde. C’est pour ça que c’est un bon produit. J’ai roulé au Paul Ricard et je me suis éclaté. C’est sûr que c’est une voiture qui est un peu plus compliquée. Pour des gentlemen, ça demande un petit peu de condition physique car il fait un peu chaud dans l’habitacle, etc… En tant que pilote, je ne vois pas ce qu’on peut reprocher à une LMP3 quand on a envie de se faire plaisir. Par rapport au budget requis, c’est encore raisonnable. »

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