Jean-Baptiste Simmenauer n’est certainement pas le pilote le plus connu du plateau de la 92e édition de 24 Heures du Mans. Normal, il débute en prototypes cette année via Duqueine Team en LMP2 en ELMS et n’a que 23 ans. Mais il fait de bons débuts en Endurance avec une victoire en Asian Le Mans Series et une 6e place au Castellet. Endurance24 a pu le rencontrer avant qu’il n’aborde ses toutes premières 24 Heures du Mans.
Comment se sont passés vos premiers tours de roues en LMP2 en Asian et lors des deux premières manches ELMS ?
« Ça change par rapport au GT ! Après, une voiture reste une voiture, mais les sensations sont vraiment différentes. On prend des vitesses qui sont un peu plus élevées. Ce sont surtout les virages rapides qui sont nettement plus impressionnants, mais c’est très amusant à rouler. Pour le moment, ça se passe plutôt bien et j’espère que ça va continuer. »
Au niveau charge aéro, ça doit être un peu différent parce que vous avez fait beaucoup de Porsche Carrera Cup…
« Oui, j’ai fait pas mal de Cup puis les deux dernières années, j’étais avec WRT sur l’Audi R8 GT3 puis la BMW M4 GT3. En sortant de la BMW, c’est quand même différent car c’était une très grosse voiture, le poids change un peu aussi avec 900 kilos pour une LMP2 contre 1 300 pour une GT3. Ça fait quand même une sacrée différence et donc au niveau charge aéro aussi. »

© MPS Agency
Où en êtes-vous au niveau du pilotage ? Vous commencez à vous y habituer ? Vous vous sentez à 80%, 90% de la voiture ?
« C’est dur de quantifier. Ce qui me change beaucoup, c’est que la voiture est très sensible aux variations de température ou conditions extérieures, beaucoup plus que peut être une GT. C’est un peu plus un challenge pour moi. Sinon, les performances ont été plutôt bonnes avec un top 5 dès ma première course à Abu Dhabi. L’équipe était là pour m’aider, pour m’aiguiller un petit peu, ça s’est bien passé. J’ai aussi James (Allen) qui a beaucoup d’expérience à mes cotés, donc cela m’aide bien. Je pense que j’ai encore besoin de progresser au niveau du trafic. Après pas mal d’années dans le même type de voiture, on a des automatismes, des choses sur lesquelles on se pose même plus de questions. Là, il faut un petit peu réapprendre tous ces petits trucs. C’est un prototype, ce n’est pas une GT, physiquement, cela se sent et j’essaie de me préparer au mieux car la LMP2 est bien plus demandante que la GT3. Ce sont des petits détails qui, avec un peu de temps de travail, qui vont se corriger, mais c’est un petit peu plus long sur la mise en route. Je ne me fais pas de souci, surtout avec une course de 24 heures, bientôt. »
La voie suivie, Cup, GT, Proto était quelque chose de voulue, déjà calculée ou ce sont les opportunités qui vous ont guidé ?
« Ce n’était pas forcément voulu. Des opportunités se sont présentées, elles m’ont paru bonnes. C’est aussi bien de pouvoir avoir l’occasion de voir et de faire quelque chose de différent. »

© MPS Agency
Les 24 Heures du Mans sont dans moins d’un mois (avec James Allen et John Falb en LMP2 Pro Am). Comment abordez vous cette course car vous serez rookie ?
« J’ai hâte. J’ai eu la chance de pouvoir rouler avec la Porsche Carrera Cup France en lever de rideau en 2021, mais ce sera très différent. Je vis à moins d’une heure du circuit. Ça a un peu été le truc de mon enfance d’aller voir les 24 Heures sur place. Donc enfin, je vais pouvoir dire : j’y suis. »
Avez-vous des ambitions affichées pour cette course ?
« Les ambitions, j’ai toujours eu un peu de mal avec cela, surtout en arrivant dans une catégorie qu’on ne connaît pas ou peu. En plus au Mans, il peut arriver tellement de choses, ça reste de l’endurance. En GT3, lors de ma première année, on a eu des très bons résultats gagnant notamment les 24 Heures de Spa avec l’Audi dans notre catégorie et le championnat Silver Cup. Pour une année de découverte, c’était plutôt pas mal ! Je sais que ça ne peut pas toujours se passer comme ça, mais j’essaie de faire du mieux que je peux, de progresser partout où je peux et sans trop penser au résultat final. Je connais un peu les courses de 24 Heures : j’ai disputé Spa à deux reprises, deux fois Dubaï. J’ai gagné à Dubaï, j’ai gagné à Spa et on fait un top10 au général. Je sais que cette expérience peut m’aider surtout dans ma gestion en dehors de la voiture. Après, le Mans, ça reste un peu particulier et le trafic va être assez différent. »
Et le futur ? Définitivement l’endurance via le prototype, le LMP2 ? L’Hypercar ?
« Pour le moment, je me concentre plus sur essayer de réussir ce que je fais cette année, en ce moment, sur ma saison ELMS avec Duqueine Team. Et puis, je verrai quelles portes peuvent s’ouvrir à moi pour les prochaines saisons. »

© MPS Agency
![[ENDURANCE24]LOGO_2021_RVB-3](http://endurance.pulsdev.fr/wp-content/uploads/2021/11/ENDURANCE24LOGO_2021_RVB-3.png)





