Jacques Villeneuve fera son retour aux 24 Heures du Mans en juin prochain, quinze ans après sa dernière participation.
En attendant, le Canadien, engagé à plein temps chez Floyd Vanwall Racing Team aux côtés de Tom Dillmann et Esteban Guerrieri, débute sa saison en Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, ce week-end, aux 1000 Miles de Sebring.
Le Champion du monde de Formule 1 en 1997 a répondu à nos questions avant la course floridienne.
Jacques, quel est votre état d’esprit ici ?
« Nous ne sommes pas là où nous voulons être avec la voiture. Nous avons connu beaucoup de problèmes. Même dans la fenêtre de réglages, nous sommes un peu à l’ouest. Il n’y a pas eu d’essais et c’est une piste vraiment complexe, déjà pour prendre des repères que je n’avais pas. J’ai pu faire une vingtaine de tours en essais libres mercredi ce qui m’a permis d’en trouver. Sauf que, côté réglages, nous sommes un peu loin et nous avons eu quelques soucis qui nous ont empêchés de rouler. Sebring est une séance d’essais grandeur nature. »

© MPS Agency
Vous ne pensiez de toute façon pas arriver pour batailler d’entrée avec vos concurrents ?
« Non, clairement pas. On ne pensait pas arriver ici et battre tout le monde. Mais nous avons surtout eu plus de problèmes que prévu. En essais libres 3, c’était un bête problème de réglage électronique, cela fait perdre beaucoup de temps de préparation. Pareil durant le Prologue, où nous avons connu quelques soucis comme cela qui nous ont privés de roulage. Et je me suis aussi accroché avec une GT. »
A propos du trafic justement, comment appréhendez-vous cela ?
« Au Mans, c’est facile, car il y a de longues lignes droites. Ici, ça tourne beaucoup, c’est la première course pour beaucoup de pilotes, c’est une piste complexe qui est bosselée, il n’y a pas le temps de regarder dans les rétroviseurs, surtout pour les pilotes amateurs. Parfois, il y a donc quelques surprises. »
En termes de chronos, on peut voir une nette évolution depuis le Prologue ?
« J’avais besoin de rouler un peu. Si j’avais fait des essais avant de venir ici, il n’y aurait pas eu de problème. J’ai trouvé ça compliqué d’apprendre la voiture et le circuit en même temps, surtout sur ce tracé. L’apprentissage est d’autant plus compliqué que nous sommes trois pilotes. Il faut donc partager le temps de roulage, mais ça, on le savait à l’avance. Mercredi, ça a été et j’ai pu faire mes relais sans problème. »

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Savez-vous dans quelle direction aller pour que ça se passe mieux ?
« Je crois, oui. Il y a un gros problème, mais on ne sait pas encore comment le régler. La voiture est très survireuse. Je suis quelqu’un qui aime le survirage à la base, mais là, elle est vraiment très piégeuse. On ne peut pas attaquer avec l’auto. »
Vous n’aviez jamais roulé à Sebring ?
« Je n’avais roulé que sur la petite piste d’Indy, en essais, il y a très longtemps. C’était complètement différent. »
Pourquoi ce programme en Hypercar ?
« J’ai toujours voulu rerouler à plein temps. Pour cela, il faut aussi des opportunités. Quand on ne roule pas, on fait plein de choses en parallèle, notamment la télé avec Canal, cela ne donne pas le temps nécessaire à se mettre en place pour les courses. C’est un cercle vicieux. Pendant plusieurs années, j’ai fait quelques piges et c’est compliqué, car nous n’avons pas le temps de travailler avec l’équipe. Je voulais absolument retrouver un programme complet et le faire en WEC c’est génial surtout en ce moment ! »

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Quel est l’objectif à court terme ?
« Le but est d’être le plus compétitif possible au Mans. L’objectif est donc de progresser à chaque course et d’utiliser chaque séance, non pas pour aller chercher 2 dixièmes de performance, mais vraiment de comprendre la voiture. »
Quelles sont vos sensations au volant de la Vanwall Vandervell 680 ?
« C’est l’une des voitures les plus compliquées que j’ai pu piloter. Elle est assez instable. Pour l’instant, la voiture ressemble plutôt à un cheval de rodéo. »
Malgré l’expérience qui est la vôtre en sport automobile, peut-on vous qualifier de rookie en Endurance ?
« C’est génial à mon âge (rires). En Endurance, oui, car je n’ai fait que trois courses d’endurance. Je n’ai jamais arrêté, mais cela ne se voyait pas trop en Europe car la majorité des courses était en Europe. »
Que retenez-vous de vos dernières 24 Heures du Mans ?
« L’expérience était géniale. J’adorais rouler la nuit. On est dans un petit cocon, un peu comme si on était sur la Lune. C’était plus sympa, mais en même temps j’étais resté sur une note amère puisque c’est une course que nous avons réussi à perdre. C’était une très mauvaise deuxième place. »
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