| 25 octobre 2022 | par

Jack Aitken : « j’ai eu des discussions avec Lamborghini » pour l’Hypercar

© Jakob Ebrey Photography

Jack Aitken a fait sensation cette année en étant parmi les pilotes les plus rapides de la grille ELMS, mais aussi aux 24 Heures du Mans. Le pilote britannico-sud-coréen de 26 ans a bien fini sa saison en décrochant la pole position à Portimao et en aidant Racing Team Turkey à être sacré champion LMP2 Pro-Am. Le pilote de réserve F1 pour Williams sera très certainement courtisé dans les mois à venir. Endurance24 a fait le point avec lui au Portugal.

Vous avez fait beaucoup de monoplace, maintenant vous roulez en Endurance. Pourquoi ce choix ?

« J’avais la possibilité de rouler à nouveau en F2, mais ce n’était pas avec un top team et il fallait beaucoup d’argent. De plus, j’ai déjà passé trois ans en F2, cela fait déjà pas mal et je ne pensais pas qu’en faisant une 4e année, j’apprendrais encore beaucoup. Je me suis dit qu’il était peut être temps de faire quelque chose de différent et j’ai eu une opportunité en GT3 avec un bon team. Je me suis engouffré dans la brèche et cela m’a ouvert les portes à toute l’Endurance. En plus du GT3, j’ai eu cette piste avec Racing Team Turkey pour rouler en LMP2. L’idée d’être présent dans différents catégories m’a plu et l’ELMS est un bon championnat.»

Que pensez-vous du LMP2 ?

« Le LMP2 est assez proche de la monoplace, c’est assez nouveau et je savais que cela allait me faire progresser en tant que pilote. Piloter cette auto m’a demandé environ deux jours pour m’y habituer et cela ne me gène pas de passer de la GT3 à l’Oreca, la Lamborghini Huracan GT3 est une auto plus facile à emmener. Cette 07 est maintenant moins puissante et pour ce qui est de l’adhérence et de l’appui aérodynamique, cela me fait penser aux anciennes Dallara F3. J’apprécie vraiment le pilotage de cette voiture. Il a surtout fallu que je m’adapte au nouveau format de course avec de la stratégie, différentes catégories, du trafic. »

Jack Aitken :

© David Bristol

Que pensez-vous de votre saison ELMS 2022 ?

 « J’en suis content, nous avons fait du bon travail ; Salih (Yoluc) a été l’un des Bronze les plus solides du plateau. C’est lui qui fait la différence, plus que Charlie (Eastwood) ou moi. J’ai vraiment apprécié de travailler avec TF Sport, une équipe anglaise où je me sens bien. Tom (Ferrier, le team principal, ndlr) participe à pas mal de championnats et arrive très bien à gérer tout cela. Il a un super staff d’ingénieurs et de mécaniciens. Certes, ce n’est pas une équipe aussi grosse qu’United Autosports, mais c’est une super écurie. Au final, nous avons gagné quatre courses sur six, ce fut une saison vraiment solide. »

Vous avez disputé vos premières 24 Heures du Mans en juin dernier chez Algarve Pro Racing. Que gardez vous en tête de cette expérience ?  

« Ce fut une course incroyable. J’y ai aussi roulé en Pro-Am et avant la course, je pensais vraiment que nous avions (avec John Falb et Sophia Flörsch, ndlr) de bien figurer. Très tôt, nous avons eu un souci mécanique et notre souhait, à partir de ce moment là, a été de finir. J’aurais été déçu, pour ma première, d’abandonner. Par la suite, nous avons eu zéro souci et avons terminé 5e LMP2 Pro-Am. A l’arrivée, j’ai vu tous ces gens rentre sur la piste à la fin, c’était incroyable et je veux y retourner. » 

Et la piste du Mans…

« Elle est géniale. Il ne faut pas oublier qu’une partie est une route nationale, on n’y pense pas forcément quand on regarde l’épreuve à la télé. Certains secteurs sont un peu plus surélevés, c’est très sale au début et il est aisé de sortir de la piste comme on a pu le voir. C’est plus facile que les 24 Heures de Spa, une course très dure car le circuit est plus court, avec plus de trafic, et vous n’avez pas le temps de vous reposer. A spa, vous faites face à 50 adversaires alors qu’au Mans vous avez 15 autres voitures. C’est vraiment différent, mais l’ambiance au Mans est juste fantastique. » 

De quoi va être fait votre saison 2023 ? GT3 ? LMP2 ?  

« Rien n’a encore été décidé. J’aimerais continuer avec un programme assez similaire à cette année. Je pense que je vais poursuivre en GT3, mais le programme n’est pas encore décidé. Il y a plusieurs options sur la table. Du côté des LMP2, je souhaiterais aussi continuer, mais j’ai besoin de décider la série. Il faut également savoir avec qui m’associer, on attend la liste définitive de la catégorisation des pilotes de la FIA. Dans deux à trois mois, on en saura davantage. » 

Serez-vous de nouveau pilote de réserve en F1 ?

« Je ne sais pas. Cette année, mon rôle était plus la partie simulateur. En 2023, si je suis aussi impliqué en LMP2 et en GT3 que cette saison, je devrais sacrifier des choses dans mon emploi du temps pour me dégager du temps. D’un autre coté, c’est vraiment sympa de pouvoir travailler avec une équipe comme Williams, donc on verra. »

 

Vous roulez pour Lamborghini en GT3 et la marque italienne va arriver en Hypercar. Avez-vous eu des contacts ?

« Je ne vais pas cacher que j’ai eu des discussions à ce propos avec Lamborghini, mais aussi d’autres. Leur programme va bientôt débuter et ils doivent trouver des pilotes (Andrea Caldarelli et Mirko Bortolotti déjà annoncés, ndlr). Ils ne savent pas encore combien de voitures ils vont aligner dans les différents championnats. Il y aura donc plus ou moins de baquets disponibles. D’un autre côté, je ne suis pas pilote officiel Lamborghini, je vais donc aussi regarder les opportunités qui s’offrent à moi. 2023 va être une année intéressante, les calendriers WEC et IMSA sont superbes, donc je observe cela de prés. »  

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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