Sous régime de voiture de sécurité, les deux 499P ont inversé leur ordre dans la voie des stands. Une manœuvre assumée par l’équipe, bien que sanctionnée d’une simple réprimande.
Le doublé signé par Ferrari aux 6 Heures de Spa aurait pu illustrer une domination sans accroc. Pourtant, en marge de la performance sportive, c’est une manœuvre inhabituelle et quelque peu controversée dans la voie des stands qui a concentré l’attention. Une inversion de position entre les deux prototypes officiels, réalisée sous régime de voiture de sécurité, a valu à la n°50 une réprimande de la part des commissaires de course. Un choix stratégique assumé par la firme de Maranello, qui en défend pleinement la légitimité.
Alors que le peloton Hypercar s’engouffrait dans les stands au début de la quatrième heure, les deux Ferrari 499P suivaient l’ordre de piste : la n°50 de Miguel Molina devant la n°51 d’Antonio Giovinazzi. Toutefois, les garages étant agencés dans l’ordre inverse — celui de la n°51 plus proche de la sortie —, l’équipe a pris la décision de faire ralentir Molina sur la droite de la fast lane pour laisser passer la voiture sœur. La manœuvre, certes efficace, a surpris la BMW n°20 qui suivait, contrainte de freiner.
Dans leur rapport publié après l’arrivée, les commissaires ont estimé que Ferrari avait délibérément orchestré cette inversion, « sans considération pour la sécurité » et sans en avertir la direction de course. Une utilisation « inappropriée » de la voie des stands, selon eux, bien que sanctionnée d’une simple réprimande.
Ferrari Hypercar #50 under investigation for this overtake in the PIT-LANE?!
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— FIA World Endurance Championship (@FIAWEC) May 10, 2025
Salvi : « Cela aurait été un désastre pour nous »
Face à la polémique, Giuliano Salvi, responsable des opérations en course de Ferrari, n’a pas esquivé. Il défend une décision pragmatique, motivée par la configuration des stands à Spa et la volonté d’optimiser le temps d’arrêt. « Ce genre de situation s’est déjà produit par le passé […] Si nous étions entrés dans le mauvais ordre, cela aurait été un désastre pour nous. Pour repositionner les voitures, il faut utiliser les chariots, reculer la seconde… », explique-t-il.
Mais l’Italien reconnaît aussi que l’ouverture d’une enquête les a forcés à revoir leur copie en temps réel : « Une fois que la direction de course a noté l’incident, nous avons pris en compte la possibilité d’une pénalité, peut-être de cinq secondes. On a donc réfléchi à la meilleure manière de limiter les conséquences. La solution la plus simple a été de faire repasser la n°50 devant en piste. C’était cohérent avec notre logique d’équipe et, au final, nous avons évité une sanction plus lourde. »
Molina salue l’unité du clan Ferrari
Directement concerné par la manœuvre, Miguel Molina n’a pas cherché à minimiser l’intention de l’équipe : « Cela montre l’unité de l’équipe. Après cela, la n°51 a rendu la position en piste, tout s’est fait dans l’esprit d’équipe. Nous représentons Ferrari, et nous devons toujours agir dans l’intérêt de la marque. »
S’il exprime une légère frustration de terminer deuxième de la course avec ses coéquipiers Nicklas Nielsen et Antonio Giovinazzi, Molina préfère retenir l’essentiel.
« C’était une bonne course, mais pas le meilleur résultat. Nous avions un bon rythme, mais peut-être pas la meilleure stratégie pour finir. C’est ce qui a fait pencher la balance. »
« Je pense que Ferrari a montré qu’on est très forts cette saison, mais pas autant que certains le croient. La compétition est très serrée. Vous l’avez vu avec Alpine, et avec tous ces constructeurs qui parlent beaucoup. Ils étaient là, eux aussi, dans le match. »
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