Vingt ans après la naissance du GT3, la catégorie imaginée par Stéphane Ratel s’est imposée comme la référence mondiale des compétitions GT. De Spa au WEC, en passant par l’IMSA, le DTM ou encore les championnats nationaux, elle rassemble aujourd’hui des milliers de voitures et une dizaine de constructeurs. À l’occasion des CrowdStrike 24 Hours of Spa, Drivers Club est revenu avec son créateur sur deux décennies qui ont profondément transformé le paysage du sport automobile.
Tout est parti d’une idée simple : proposer une catégorie plus accessible, pensée avant tout pour les équipes clientes. Vingt ans plus tard, le GT3 est partout. En 2026, près de 70 voitures sont attendues au départ des CrowdStrike 24 Hours of Spa, tandis que le FIA WEC, l’IMSA ou encore le DTM ont tous adopté cette réglementation.
Pourtant, Stéphane Ratel reconnaît qu’il n’imaginait pas une telle place dans le sport automobile mondial, même s’il avait très tôt perçu le potentiel de sa création.
Stéphane, vingt ans après le lancement de la catégorie GT3, vous attendiez-vous à un tel succès ?
« J’y croyais dès le début, tout simplement parce que ça a démarré en fanfare. Dès la présentation du concept fin 2005, devant l’Hôtel de Paris à Monaco avec Max Mosley, une dizaine de marques étaient déjà représentées et énormément de projets avec des voitures présentées. Ces projets se sont très vite confirmés : à la première course à Silverstone, en mai 2006, 44 voitures étaient au départ.
Le succès a été immédiat auprès des écuries, des préparateurs, des passionnés. Les constructeurs, eux, sont venus après, car ils viennent généralement à la rescousse du succès. L’expansion a été très rapide. Dès la deuxième année, un championnat était lancé en Allemagne, un autre au Brésil, et le GT3 intégré en Championnat de France et de Grande-Bretagne.
Max Mosley, ancien Président de la FIA, et Stéphane Ratel en décembre 2005 © DPPI
Dès le début, j’ai senti que cette catégorie allait devenir très importante. En revanche, penser qu’elle remplacerait un jour les GTE au Mans, les GTD en IMSA, et finalement même le DTM en Allemagne, ça, je ne l’aurais pas imaginé au départ. »
Au fil de cet entretien exclusif, Stéphane Ratel revient également sur les fondements de la philosophie GT3, l’évolution des coûts, le rôle de la Balance de Performance, la place centrale de la compétition client, mais aussi les défis auxquels la catégorie devra faire face dans les prochaines années.
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