| 21 juin 2024 | par

Il reste encore du travail chez Peugeot Sport après des 24 Heures du Mans décevantes

Peugeot Sport sort d’une nouvelle édition des 24 Heures du Mans décevante même si un certain optimiste continue à régner au sein de l’équipe. Cela se concrétise quand même par une 11e et 12e place derrière l’une des deux Lamborghini SC63 qui vient de faire son apparition en WEC et en IMSA.

La première confrontation directe de la semaine aux 24 Heures du Mans a eu lieu lors des qualifications du mercredi et déjà les résultats n’étaient pas bons. Le constructeur français avait alors dû se contenter des 15ᵉ (n°93) et 20ᵉ (n°94) places à l’issue de cet exercice chronométré. « Le succès reviendra à celui qui réussira à naviguer à travers tous ces obstacles et à bien les gérer pendant la course » commentait alors Jean-Marc Finot, directeur de Stellantis Motorsport. « Tant que nous ne sommes pas sur le podium, nous sommes forcément déçus. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une 15ᵉ place en qualif même si nous savons qu’il n’y a qu’une différence de 1,7 seconde, ce n’est pas un océan. »

Quelques jours plus tard, la 92e édition des 24 Heures du Mans n’a pas forcément amené de baume au cœur aux hommes du Lion. La météo capricieuse a compliqué les choix et stratégies de pneumatiques des 9X8. La course de Team Peugeot TotalEnergies a été ponctuée de plusieurs incidents et pénalités. Certes, le bon point de cette course est la fiabilité des deux Peugeot qui voient l’arrivée, mais elles restent hors du top 10. « Ce fut un formidable week-end des 24 Heures du Mans avec un engagement total des équipes. Si le résultat n’est pas complètement satisfaisant, il est honorable et récompense l’énorme travail fait par toutes les équipes de Peugeot Sport »  déclare un Jean-Marc Finot, plein d’optimisme.

MPS Agency

De son côté, Olivier Jansonnie, directeur technique Peugeot Sport, dresse un bilan plus objectif. « On s’attendait à une course compliquée vu les conditions météo et on n’a pas été déçus. Il y a eu une longue interruption dans la nuit. Notre choix de pneus pluie en début de course n’était pas le meilleur, après coup c’est vrai qu’on aurait dû rester en slicks, mais on a choisi la sécurité. On a été distancés et on a perdu le tour du leader. On a réussi à revenir à un tour du leader, mais les voitures de tête roulaient plus vite que nous. Je retiens la fiabilité des voitures. Maintenant il faut trouver de la vitesse pour se battre avec les meilleurs.»

Alors qu’en est-il des pilotes de ces deux 9X8 qui ont souffert sous la pluie. « On a connu quelques petits soucis aux conséquences plus ou moins importantes » avoue Nico Muller sur la n°93. « La stratégie des pneus pluie au début a compliqué notre course. En revanche, la voiture a bien roulé, ce qui récompense le travail de toute l’équipe. La performance n’était pas au rendez-vous, mais on est déjà tournés vers le futur. »

« Malheureusement, on ne s’est pas vraiment battus devant ! »

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Rencontré dans les allées du paddock quelques minutes après l’arrivée, Stoffel Vandoorne était certainement le plus lucide face à la situation actuelle de Peugeot Sport. « On est allés au bout de cette course. C’était très intense avec la pluie, les Safety-Car. Malheureusement, on ne s’est pas vraiment battus devant, on n’a jamais vraiment eu la vitesse, à part en début de la matinée en pneus pluie, on était les plus vite en piste pendant un petit moment, ce qui était bien. On a perdu énormément de temps en début de course, les conditions étaient très compliquées à gérer pour tout le monde. »

« Juste « chiant » de passer deux heures dans la voiture, tu deviens fou ! »

Le pilote belge est d’ailleurs revenu sur ces conditions de piste très délicates notamment la nuit. « Il y a eu des moments très durs surtout avec les slicks et qu’il commence à pleuvoir. Pareil, avec les pneus pluie quand ça commence à sécher, c’était compliqué aussi. Tout le monde a dû beaucoup travailler pendant ces 24 heures. Pour ma part, j’ai fait quatre heures de safety car, je pense. Vu les conditions, c’était la bonne chose à faire, la bonne décision à prendre. La course a recommencé au bon moment aussi. C’était juste « chiant » de passer deux heures dans la voiture, tu deviens fou ! »

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Quand on lui demande s’il a eu l’impression de prendre part aux grosses bagarres des Hypercars devant, la réponse est claire : « On est remontés petit à petit au classement, mais plus parce que les autres ont abandonné. De notre côté, nous n’avons pas fait d’erreur, mais on n’a pas fait la course. On termine proche du top 10, mais quand tu comptes tous les voitures qui se sont retirées, notre place était plutôt 17e ou 18e. »

« Il n’y a pas que la BOP qui explique pourquoi on est si loin derrière ! »

Même si la voiture version 2024 avec aileron et roues différentes n’est apparue qu’en avril lors de la manche d’Imola, il ne faut pas oublier que la 9X8 est la 2e Hypercar à avoir foulé une piste en compétition, c’était en Juillet 2022 à Monza. Par rapport à 2023 où les deux autos avaient occupé la tête de course avant de connaitre des soucis, le Belge compare. « Sur le résultat, on n’a pas fait un pas en avant par rapport à 2023, c’est sûr. Le bon point est que l’on a terminé avec les deux voitures, c’est bien, il faut le faire aux 24 Heures du Mans, mais malheureusement, il nous manque de la performance pure. On a pas mal de boulot à faire. » Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Face aux 3’28’756 de Kamui Kobayashi sur la Toyota GR010 Hybrid en course, le meilleur pilote Peugeot Sport a été Mikkel Jensen sur la n°93. Le Danois a en effet signé un 3’31’’028 soit plus de deux secondes d’écart.

Il faut vite se tourner vers la suite du championnat pour l’équipe tricolore. « Les circuits à venir sont très différents du Mans. En tout cas, la BOP sera différente aussi pour le WEC comparé au Mans. Comme je dis, il n’y a pas que la BOP qui explique pourquoi on est si loin derrière. Mais il faut avoir un peu d’espoir. »

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Passionné de sport automobile et plus particulièrement d'Endurance, j'assiste aux 24 Heures du Mans depuis 1980 et suis accrédité depuis 2008. Je me rends régulièrement sur les plus beaux circuits européens et mondiaux. J'ai écrit pour de nombreux médias sport auto et collabore depuis quelques mois avec Endurance24
À propos de l'auteur, David Bristol

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